Un repositionnement stratégique américain dans la Caraïbe
Le 25 février 2026, en marge de la 50e Réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM à Basseterre (Saint-Kitts-et-Nevis), le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rencontré les dirigeants des États membres de la Communauté caribéenne. Cette séquence diplomatique, la première d’un tel niveau depuis près d’une décennie, marque une tentative de réengagement stratégique de Washington dans un espace régional confronté à de fortes tensions sécuritaires, migratoires et géopolitiques.
Un signal diplomatique fort
La présence d’un secrétaire d’État américain à une réunion formelle des chefs de gouvernement de la CARICOM revêt une dimension symbolique majeure. Les dirigeants caribéens ont qualifié l’échange de « hautement constructif », insistant sur la qualité du dialogue et sur la reconnaissance mutuelle des intérêts communs. Washington, de son côté, a évoqué un engagement « revigoré » envers la région.
Sécurité et stabilité régionale : priorité haïtienne
Les discussions ont été largement dominées par la question sécuritaire, en particulier la situation en Haïti. Les autorités haïtiennes ont plaidé pour un appui renforcé aux Forces armées d’Haïti et à la Police nationale, ainsi qu’un soutien coordonné au déploiement de la force multinationale chargée de lutter contre les gangs. Les États-Unis ont exprimé leur volonté d’accompagner les efforts régionaux de stabilisation.
Migration et pressions régionales
La gestion des flux migratoires a constitué un autre axe central des échanges. Les États-Unis souhaitent mettre en place un programme structuré de coopération migratoire, articulé autour du contrôle des flux, de la lutte contre les réseaux criminels et du soutien aux pays d’origine. Pour les États caribéens, la migration reste indissociable des défis économiques et humanitaires régionaux.
Cuba et Venezuela : équilibres diplomatiques délicats
La situation à Cuba a été abordée sous l’angle humanitaire. Les dirigeants ont reconnu l’urgence d’améliorer les conditions de vie du peuple cubain, tout en préservant la stabilité régionale. Les discussions ont également porté sur le Venezuela, notamment en raison de ses implications énergétiques et migratoires dans l’espace caribéen.
Vers un cadre de coopération du XXIe siècle
À l’issue de la rencontre, un consensus s’est dégagé autour de l’élaboration d’un Cadre de coopération adapté au XXIe siècle. Celui-ci devrait couvrir la migration, la sécurité, le commerce et l’investissement, la gestion des catastrophes naturelles, le développement humain et l’assistance technique. L’objectif affiché est la construction d’un « voisinage plus fort, plus sûr et plus prospère »
Une dynamique à confirmer
Si la rencontre du 25 février 2026 marque un tournant diplomatique notable, sa portée réelle dépendra de la traduction concrète des engagements annoncés. Dans un contexte marqué par la compétition géopolitique et les vulnérabilités structurelles de la région, la crédibilité de ce rapprochement reposera sur la capacité des parties à transformer les déclarations en instruments opérationnels durables.
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