Réunis en séance plénière le 26 février 2026, les élus de l’Assemblée de Martinique ont validé la création de quatre nouveaux instruments financiers dans le cadre des programmations FEDER/FSE+ 2021-2027 et FEADER 2023-2027. Cette décision marque la phase 2 de la stratégie d’ingénierie financière engagée par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) afin de fluidifier l’accès aux financements européens pour les entreprises locales.
Une réponse à un blocage structurel du financement
L’évaluation préalable actualisée en janvier 2026 a confirmé des difficultés persistantes d’accès au crédit pour les TPE et PME martiniquaises. Ces contraintes freinent l’investissement, fragilisent la trésorerie et limitent les perspectives de croissance. Dans un territoire caractérisé par une forte dépendance aux importations et un tissu entrepreneurial composé majoritairement de petites structures, l’ingénierie financière apparaît comme un levier stratégique.
Après la mise en place en 2024 d’un fonds régional de garantie et d’un fonds de prêt d’honneur, la CTM renforce son dispositif en mobilisant des outils remboursables (prêts et garanties) afin d’optimiser l’effet de levier des fonds européens.
Quatre instruments ciblés
1. Le Prêt Lévé Martinique : déployé avec Bpifrance, il mobilisera 7 millions d’euros de FEDER et devrait générer plus de 22 millions d’euros de prêts destinés à soutenir la trésorerie et les projets de développement des entreprises.
2. Le prêt participatif multi-banques : doté de 10 à 13 millions d’euros de FEDER, il vise à renforcer les fonds propres des PME via un mécanisme de co-financement bancaire, pour un potentiel estimé à 11,7 millions d’euros de prêts.
3. Le fonds de garantie Agriculture-Pêche-Aquaculture (APA) : mobilisant jusqu’à 4,6 millions d’euros FEDER/FEADER, il facilitera l’accès au crédit des exploitants et soutiendra l’installation, la transmission et la diversification des activités agricoles, contribuant à la souveraineté alimentaire du territoire.
4. Le fonds de garantie dédié à l’Économie sociale et solidaire (ESS) : doté de 2,3 millions d’euros FEDER, il sécurisera les financements bancaires d’un secteur qui représente plus de 11 000 salariés en Martinique et constitue un pilier de l’emploi privé local.
Un effet de levier pour l’économie martiniquaise
Ces instruments reposent sur des financements remboursables, permettant de recycler les fonds européens et d’en maximiser l’impact sur le long terme. L’effet multiplicateur attendu dépasse largement les dotations initiales, renforçant ainsi la capacité d’investissement du territoire.
Au-delà de la dimension financière, cette stratégie participe d’une logique plus large : transformer les fonds européens en outils de développement structurant plutôt qu’en simples subventions. Elle traduit également une volonté d’adapter les mécanismes européens aux réalités insulaires et aux contraintes spécifiques des entreprises martiniquaises.
Vers une modernisation de l’ingénierie financière territoriale
La mise en service de ces dispositifs, prévue avant la fin de l’année 2026, constitue une étape importante dans la consolidation de l’écosystème financier local. Si leur réussite dépendra de leur appropriation par les acteurs économiques et bancaires, ils offrent néanmoins un cadre renouvelé pour soutenir l’investissement, l’emploi et la résilience économique de la Martinique.




