L’agence immobilière L’Adresse est installée depuis trois ans en Martinique et fort d’une expérience de près de 30 ans au national. L’Adresse est représentée par plus de 250 associés dans l’Hexagone et Outremer. Il s’agit d’une coopérative qui a été créée en 1999 par la FNAIM qui est le plus gros syndicat immobilier européen. Rencontre avec Brice Cardi, le président-directeur général du groupe et Benoît Legland, directeur d’agence qui livrent une analyse du marché immobilier local.
Comment la structure coopérative s’intègre dans votre réseau d’agences immobilières ?
Brice Cardi : Le système de la coopérative permet à chaque femme, chaque homme qui est patron de son agence immobilière de détenir une part. Cette part sociale leur permet de participer aux assemblées générales et de participer aux décisions stratégiques avec différentes visions. Nous sommes un réseau à échelle humaine qui permet d’avoir une agilité aujourd’hui essentielle par rapport à un monde qui bouge de plus en plus vite notamment avec l’IA. Nous sommes le premier réseau à avoir mis en place, il y a une dizaine d’années, la conciergerie. Nous avons eu la bonne idée d’accompagner nos clients post-signature. De par notre structure coopérative, l’humain prédomine dans notre vision du métier que ce soit auprès de nos collaborateurs que de nos clients. Nous sommes le premier réseau à avoir une fondation abritée par la Fondation de France. Nous portons plusieurs causes qui vont autour du logement mais pas que. Nous sommes le premier réseau à être doté d’une société de courtage en assurance qui nous permet d’avoir un maillon qu’on supprime pour tous nos clients et pour pouvoir mieux les accompagner en termes de réactivité que ce soit sur de la multirisque habitation pour nos locataires ou nos propriétaires ou la garantie de loyers impayés.
Que signifie mettre de l’humain dans l’immobilier ?
Brice Cardi : L’humain dans l’immobilier, c’est le fait que chaque personne est associée et prend part aux décisions. Nous sommes l’inverse de la franchise où il y a un actionnaire avec une verticalité qui pose un modèle. Chez L’Adresse, ce sont plusieurs associés qui, de manière horizontale et transverse décident d’un sort commun. L’idée est d’arriver à prendre ensemble les meilleures décisions pour qu’on puisse attirer et fidéliser nos collaborateurs. Le principe de la coopérative, c’est d’arriver même si on est différents, que les marchés sont différents, à s’entendre pour porter des outils et des services qui soient les mêmes. Nous mutualisons les services afin qu’ils soient plus performants et surtout moins coûteux.
Quelle analyse faites-vous du marché martiniquais ?
Benoît Legland : Côté résidences principales, nous avons un marché qui reste attractif mais qui est soumis à l’évolution des taux d’intérêt au même titre que ce qui s’est passé dans l’Hexagone. On est dans une phase où les taux sont plutôt stables ce qui favorise l’engagement des acquéreurs. On a également une spécificité ici, c’est l’appui de la CTM qui a fait un prêt aidé pour les primo accédants de moins de 40 ans avec l’appui d’Action Logement. On constate que plusieurs personnes ont pu en bénéficier. Cela permet de réduire le taux de crédit moyen. Pour les résidences secondaires, il y a de secteurs beaucoup plus ciblés, le sud notamment. Quand on parle de résidence secondaire, ça peut être des investissements pour du locatif saisonnier qui s’est beaucoup développé ces dernières années. Toutefois, la tension est très forte sur la location. Il y a moins de biens que par le passé, l’aspect saisonnier en est une des causes et les loyers ont fortement augmenté post-Covid.
Qu’en est-il des constructions de maisons individuelles ?
Benoît Legland : Il n’y a presque plus de constructions neuves. Le nombre de mises en chantier est limité. Par ailleurs, il y a l’arrêt de tout ce qui est opération de défiscalisation qui amenait des investissements en Martinique qui ne sont plus d’actualité. Il convient de tenir compte de la détérioration plus rapide des bâtiments compte tenu du climat.
Pourquoi y a-t-il un coup d’arrêt sur ce type de chantier ?
Benoît Legland : Les normes sismiques occasionnent un coût supplémentaire de construction. Il faut importer les matériaux, trouver la bonne entreprise en local. Il y a aussi la notion de dénivelé. Nous avons beaucoup de terrains en pente qui nécessitent de retravailler le terrain. Là aussi, ce sont des coûts supplémentaires. Aujourd’hui, il ne reste pas énormément de très grands terrains notamment pour faire des lotissements. Pour un projet global de construction, on est sur des montants assez élevés et qui peuvent refroidir certains clients.
Présentez-vous des biens d’exception dans votre catalogue ?
Benoît Legland : On a des très belles propriétés sur toute la Martinique. On va les mettre en avant. Le bien le plus cher que l’on a est à 4 millions d’euros.
Brice Cardi : L’Adresse vient de lancer en fin d’année dernière, un nouveau service : L’Adresse de prestige. Il va permettre d’optimiser la qualité des prises de vues avec drone, en 4D visite virtuelle et avec la meilleure diffusion du marché d’Outre-mer par le biais de la centrale d’achat qui est portée par le réseau. On va pour voir porter la diffusion sur les sites les plus connus en France comme Belles demeures, Propriété Le Figaro mais aussi plus 70 sites étrangers dont les 20 les plus prestigieux comme le Wall Street journal. Grâce au service porté par la coopérative L’Adresse en Martinique va pouvoir apporter la meilleure diffusion exhaustive des biens de prestige. BC
Propos recueillis par Laurianne Nomel




