Le gouvernement a dévoilé ce mercredi 11 février 2026 sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), une feuille de route structurante destinée à orienter les politiques publiques alimentaires jusqu’en 2030. En rassemblant pour la première fois dans un cadre unique les enjeux de santé, de nutrition, d’agriculture et de climat, cette stratégie entend faire évoluer en profondeur les pratiques de production, de distribution et de consommation, afin de garantir à tous une alimentation plus saine, plus durable et plus accessible.
Une alimentation au cœur des enjeux de société
L’alimentation occupe une place centrale dans la vie quotidienne des Français. Elle est à la fois un marqueur culturel, un facteur de lien social et un déterminant majeur de santé. Mais elle constitue également un enjeu économique et environnemental de premier plan.
Aujourd’hui, les choix alimentaires influencent directement la santé publique, le climat et les équilibres agricoles. Selon les données présentées par le gouvernement, près de 30 % des décès liés aux maladies cardiovasculaires seraient associés à une mauvaise alimentation. Le secteur alimentaire représente par ailleurs environ 24 % de l’empreinte carbone de la consommation nationale, tandis que 16 % de la population est touchée par la précarité alimentaire.
Ces chiffres traduisent une réalité préoccupante : le modèle alimentaire actuel ne permet pas à tous d’accéder durablement à une alimentation équilibrée, accessible et respectueuse de l’environnement.

Une stratégie fondée sur la loi Climat et Résilience
La SNANC trouve son origine dans les propositions de la Convention citoyenne pour le climat et dans la loi Climat et Résilience adoptée en 2021. Pour la première fois, les politiques publiques liées à l’alimentation, à la nutrition et au climat sont réunies dans un cadre unique, cohérent et structurant.
Cette approche transversale marque une nouvelle étape dans la transition alimentaire engagée depuis plusieurs années. Elle prolonge notamment les repères nutritionnels existants, comme le célèbre « cinq fruits et légumes par jour », en les adaptant aux impératifs environnementaux et climatiques.
L’objectif est clair : faire de l’alimentation un levier central de la transition écologique et sanitaire.
Un cap fixé à l’horizon 2030
La stratégie nationale fixe un objectif principal : permettre à tous les Français d’accéder, d’ici 2030, à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole du pays.
Pour y parvenir, la SNANC mobilise l’ensemble des acteurs du système alimentaire : État, collectivités territoriales, filières agricoles, entreprises, associations et citoyens. Elle concerne aussi bien l’Hexagone que les territoires ultramarins, qui font face à des contraintes spécifiques en matière d’approvisionnement, de coûts et de production.
Un engagement fort est également pris en matière de restauration collective. Les structures relevant de l’État et des entreprises publiques devront privilégier les circuits courts et exclure les produits alimentaires non européens.
Une démarche fondée sur la concertation
La construction de la SNANC repose sur un large processus participatif. Plus de 4 000 contributions ont été recueillies dans le cadre d’une consultation citoyenne, complétées par les avis de quatre instances consultatives nationales.
Cette co-construction vise à renforcer la légitimité de la stratégie et à favoriser son appropriation par les acteurs de terrain. Sa mise en œuvre s’appuiera notamment sur le Programme national pour l’alimentation (PNA) et le Programme national nutrition santé (PNNS), dont les prochaines éditions déclineront opérationnellement les orientations définies.
Des priorités clairement identifiées
La stratégie s’articule autour de quatorze actions phares destinées à transformer en profondeur l’environnement alimentaire.
Parmi les principales mesures figurent :
- Le renforcement de la sensibilisation du grand public à une alimentation saine et durable.
- Le développement des projets alimentaires territoriaux comme leviers de transition locale.
- L’obligation de transparence sur la part de produits durables dans la distribution et la restauration.
- L’amélioration de la composition nutritionnelle des produits transformés.
- L’encadrement de la qualité des repas servis en crèches, écoles et établissements médico-sociaux.
- Le soutien accru à la restauration collective, notamment en milieu rural.
- La limitation de la publicité pour les produits trop gras, sucrés ou salés, en particulier auprès des jeunes.
- Le renforcement de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
- L’amélioration de la qualité de l’aide alimentaire.
- Le développement de l’affichage environnemental des produits.
- L’extension progressive du Nutri-Score à de nouveaux secteurs.
- Ces actions visent à agir simultanément sur l’offre, la demande et les comportements.
Trois ministres mobilisés autour d’un même objectif
Trois membres du gouvernement ont souligné l’importance de cette stratégie.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, insiste sur la dimension environnementale : « Mieux manger, c’est agir pour la planète, notre santé et soutenir une agriculture de qualité. »
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, met l’accent sur la souveraineté alimentaire et les débouchés pour les producteurs : « Il s’agit d’une étape essentielle pour renforcer notre autonomie alimentaire et valoriser les productions durables. »
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, rappelle enfin l’enjeu de prévention : « L’alimentation est un levier majeur pour lutter contre les maladies chroniques et préserver l’autonomie tout au long de la vie. »
Des enjeux particuliers pour les territoires ultramarins
La SNANC intègre explicitement les spécificités des territoires d’outre-mer, confrontés à des problématiques accrues de dépendance aux importations, de cherté de la vie et d’inégalités nutritionnelles.
Dans ces territoires, la stratégie devra favoriser la relocalisation des productions, le développement des circuits courts et l’adaptation des politiques publiques aux réalités locales, notamment en matière de sécurité sanitaire et d’accès à une alimentation de qualité.
Une transformation de long terme
Au-delà des mesures techniques, la SNANC traduit une volonté politique de transformation profonde du modèle alimentaire français. Elle s’inscrit dans une approche globale dite « Une seule santé », qui considère de manière intégrée la santé humaine, animale et environnementale.
En liant alimentation, climat et nutrition, le gouvernement entend faire évoluer durablement les pratiques de production, de distribution et de consommation, tout en réduisant les inégalités sociales.






Un commentaire
On a simplement oublié de préciser qu’en matière de future agriculture marine, les ROM françaises affichent une surface d’exclusivité économique quasi égale à celle des US pour nourrir à terme 400 millions d’hab.