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    Home » Au sujet du gaz naturel de la Barbade et du supposé gisement de la Martinique
    Repère

    Au sujet du gaz naturel de la Barbade et du supposé gisement de la Martinique

    février 19, 2026Aucun commentaire
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    La Barbade fait figure d’exception dans la Caraïbe en exploitant un gisement de gaz naturel à échelle modeste, principalement destiné à sa consommation domestique, tandis que la Martinique dispose d’un potentiel gazier offshore considérable mais non exploité. Cette situation pose une question centrale de politique publique : pourquoi un petit producteur comme la Barbade parvient-il à intégrer le gaz dans sa stratégie énergétique, alors qu’un territoire comme la Martinique laisse en friche un gisement bien plus important, et quels enseignements tirer en termes d’impact macroéconomique et de choix de modèle de développement ?

    Problématique possible :

    Dans quelle mesure l’exploitation modeste du gaz naturel à la Barbade constitue-t-elle un levier économique significatif, et comment se compare-t-elle au potentiel gazier, largement théorique, de la Martinique ?

    Nous montrerons d’abord que la filière gazière barbadienne est une réalité économique mais de taille limitée (I), avant de comparer ce modèle à l’ampleur des réserves non exploitées de la Martinique et aux enjeux politiques que cela soulève (II).

    I. Une exploitation gazière réelle mais macro économiquement modeste à la Barbade

    A. Des volumes de production limités mais structurés

    La Barbade exploite du gaz naturel depuis plusieurs décennies, principalement pour l’alimentation en énergie du pays, ce qui lui confère un profil atypique dans les petites économies insulaires. Les données disponibles indiquent une production annuelle d’environ 20 millions de m³ de gaz naturel, pour des réserves estimées à 113,3 millions de m³, ce qui correspond à quelques années de consommation au rythme actuel. Un autre indicateur estime que les réserves prouvées de la Barbade équivalent à environ 5,5 fois sa consommation annuelle, soit environ six années de gaz au niveau d’usage actuel, ce qui confirme le caractère limité mais tangible du gisement.

    Sur le long terme, les séries internationales montrent que la production de gaz barbadienne oscille autour de niveaux extrêmement modestes à l’échelle mondiale (jusqu’à 0,002 quadrillion BTU au pic du début des années 1990), ce qui la situe loin des grands pays producteurs. Cette production est essentiellement orientée vers la consommation intérieure (les données récentes ne font apparaître ni exportations ni importations significatives de gaz), ce qui confère au gaz un rôle de sécurisation partielle de l’approvisionnement énergétique local plutôt que de rente d’exportation.

    B. Un impact économique et financier réel mais marginal

    Sur le plan financier, les hydrocarbures (pétrole et gaz) alimentent la rentabilité de la compagnie nationale, même si la part spécifique du gaz reste difficile à isoler. Un rapport fait état d’un bénéfice de 46,3 millions de dollars barbadiens pour la compagnie pétrolière nationale sur un exercice récent, pour un chiffre d’affaires de plus de 330 millions de dollars barbadiens sur les carburants (essence et diesel), ce qui illustre le poids de la filière énergétique dans la trésorerie publique et para publique. Toutefois, au niveau macroéconomique, les revenus nets issus spécifiquement du gaz naturel ne représentent qu’environ 0,01 % du PIB en 2020 comme en 2021, soit un ordre de grandeur quasi négligeable dans les comptes nationaux.

    Les données agrégées sur les « natural resources income » indiquent que l’ensemble des revenus liés aux ressources naturelles (pétrole, gaz, autres) représente 0,33 % du PIB en 2021, avec une moyenne historique d’environ 0,34 % du PIB depuis 1974. En d’autres termes, les ressources fossiles fournissent à la Barbade une rente faible mais stable, venant compléter un modèle économique dominé par les services (tourisme, services financiers, etc.). L’exploitation du gaz n’a donc pas provoqué un « choc de croissance » ; elle a plutôt joué un rôle d’appoint dans la structure des recettes publiques et dans la réduction partielle des importations d’énergie.

    C. Une stratégie tournée vers l’offshore et l’avenir, mais encore incertaine

    Consciente du caractère limité de ses réserves onshore, la Barbade a engagé une stratégie d’exploration offshore pour tenter de changer d’échelle. Des licences d’exploration ont ainsi été accordées à de grands groupes internationaux, notamment à BHP pour des blocs en mer, avec l’espoir de découvrir des volumes significatifs permettant de générer des recettes fiscales, des redevances et des emplois. Cette stratégie s’inscrit dans la perspective d’une diversification des bases fiscales dans un contexte où la dette publique et la vulnérabilité extérieure restent fortes.

    Cependant, l’impact de ces projets offshore reste, à ce stade, potentiel : les données de revenus et de PIB disponibles montrent que, jusqu’en 2021, la contribution du gaz demeure marginale et n’a pas transformé la structure du PIB barbadien. La filière gazière sert donc pour l’instant principalement de levier de sécurité énergétique et de source modeste de revenus, plus que de moteur central de développement.

    II. Un contraste frappant avec le potentiel gazier non exploité de la Martinique

    A. Un gisement martiniquais d’une ampleur théoriquement bien supérieure

    Le contraste le plus saisissant tient à la comparaison des ordres de grandeur entre les réserves barbadiennes effectivement exploitées et le gisement martiniquais identifié mais laissé en jachère. En 2004, le ministère français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie a accordé à la société américaine RSM Production Corporation (filiale de Grynberg Petroleum) un permis exclusif de recherches d’hydrocarbures, dit « permis de Caravelle », au large de la presqu’île de la Caravelle. Les campagnes d’exploration n’ont mis au jour que des traces de pétrole, mais ont en revanche identifié un gisement estimé à 30 milliards de m³ de gaz naturel dans la zone économique exclusive de la Martinique.

    Certains travaux de vulgarisation comparent ce chiffre aux réserves barbadiennes, évaluées à environ 140 millions de m³, soit un rapport de l’ordre de 1 à 200 entre le gisement martiniquais et les ressources de la Barbade. Autrement dit, la Martinique disposerait, sur le papier, d’un potentiel gazier sans commune mesure avec celui de son voisin, dans un contexte où l’île dépend quasi entièrement des importations d’hydrocarbures pour sa consommation énergétique. Cette asymétrie nourrit un débat stratégique : pourquoi un tel gisement est il resté non exploité, alors même qu’un pays plus petit comme la Barbade capitalise sur des ressources beaucoup plus limitées ?

    B. Les déterminants politiques, économiques et environnementaux de la non exploitation

    Plusieurs facteurs permettent d’éclairer cette non exploitation. D’abord, le contexte de marché au moment de la découverte n’était pas favorable : le gaz naturel était abondant et bon marché sur les marchés internationaux, ce qui réduisait l’attractivité économique d’un projet offshore techniquement complexe et coûteux. Le rapport coût/risque pour un opérateur privé pouvait apparaître défavorable, surtout dans un environnement juridique où l’État français gardait la main sur les autorisations, puis où la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a progressivement acquis des compétences sans pour autant faire de ce dossier une priorité politique explicite.

    Ensuite, la montée en puissance des enjeux climatiques et de la transition énergétique a transformé la perception des projets fossiles. Dans un contexte de neutralité carbone à horizon 2050 au niveau européen et français, le lancement d’un grand projet gazier offshore au large de la Martinique poserait des questions de cohérence avec les engagements climatiques et la stratégie de décarbonation, malgré le fait que le gaz soit souvent présenté comme une énergie de « transition ». À cela s’ajoutent les inquiétudes environnementales (risques sur la biodiversité marine, sur le littoral, sur les activités de pêche) et la sensibilité de l’opinion publique insulaire à ces questions, déjà fortement mobilisée sur les sujets chlordecone et pollution.

    Enfin, la Martinique ne dispose pas, à ce stade, d’une compagnie nationale d’hydrocarbures comparable à celle de la Barbade, ce qui complique l’appropriation locale de la filière et renforce la dépendance vis à vis d’acteurs extérieurs pour porter l’investissement et la technologie. La question de la répartition de la rente (entre État, CTM, investisseurs, population) et des risques associés n’a pas été tranchée, ce qui contribue à l’inertie politique.

    C. Quel modèle de développement pour la Martinique ? Enseignements de l’exemple barbadien

    La comparaison avec la Barbade montre que l’exploitation de petits gisements de gaz peut générer des recettes fiscales et des profits, réduire partiellement les importations d’énergie et renforcer la sécurité énergétique, mais sans pour autant bouleverser la structure du PIB. Dans le cas barbadien, la rente énergétique totale reste inférieure à 1 % du PIB, et le gaz proprement dit pèse seulement 0,01 % du PIB, ce qui relativise fortement l’idée d’un « eldorado ». Cet exemple plaide pour une vision prudente : l’exploitation du gaz ne garantit ni une explosion de richesse, ni une transformation sociale automatique.

    Transposée à la Martinique, la question devient moins « faut il exploiter à tout prix ? » que « dans quel cadre et avec quels objectifs ? ». Du point de vue strictement économique, un gisement de 30 milliards de m³ pourrait représenter un levier de substitution d’importations d’énergie, une source de recettes fiscales et une opportunité industrielle, à condition d’être inséré dans une stratégie de transition (financement des renouvelables, modernisation des infrastructures, soutien à la souveraineté énergétique locale). Du point de vue politique et environnemental, il impose un arbitrage explicite entre la recherche de rente fossile et la volonté affichée de s’inscrire dans un modèle bas carbone adapté aux vulnérabilités climatiques caribéennes.

    En somme, l’exemple barbadien invite la Martinique à penser son potentiel gazier non comme une promesse miraculeuse de PIB supplémentaire, mais comme un instrument politique parmi d’autres, à mobiliser ou non en fonction d’une vision d’ensemble du développement, de la transition énergétique. La question n’est pas seulement « combien cela pourrait rapporter ? », mais « quel futur cela construit pour le territoire ? ».

    Mika GM

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