Alors que le projet de loi de finances pour 2026 est présenté par le gouvernement comme globalement préservant l’effort en faveur de la transition écologique, l’analyse détaillée des crédits révèle une réalité plus contrastée — et particulièrement préoccupante pour les territoires ultramarins. Plusieurs instruments clés de l’action environnementale connaissent des réductions significatives, au premier rang desquels le Fonds vert, pilier du financement écologique local.
Dans les Outre-mer, où les effets du changement climatique sont déjà tangibles — érosion côtière, stress hydrique,
cyclones plus intenses, atteintes à la biodiversité —, cette inflexion budgétaire prend une dimension particulière.
Elle interroge la cohérence entre les discours nationaux sur l’adaptation climatique et les moyens
alloués aux territoires les plus exposés.
UN BUDGET VERT EN TROMPE-L’ŒIL
Le gouvernement continue de mettre en avant le « budget vert », outil destiné à qualifier l’impact environnemental
des dépenses publiques. Mais cet affichage global masque une contraction des crédits réellement mobilisables par
les collectivités, dont celles des territoires ultramarins, déjà confrontés à des marges de manœuvre financières limitées.
Dans ces territoires, l’écologie n’est pas un supplément optionnel, mais une politique de survie : sécurisation de l’accès
à l’eau potable, adaptation des infrastructures aux risques climatiques, rénovation énergétique de bâtiments publics
souvent vétustes, protection de littoraux menacés.
LE FONDS VERT, UN LEVIER CRUCIAL EN RECUL
La réduction annoncée du Fonds vert a déjà atteint 2,5 milliards d’euros en 2024, son enveloppe serait ramenée entre 650 et 850 millions d’euros en 2026. Pour les collectivités ultramarines, ce fonds
constituait l’un des rares outils capables de compenser les surcoûts structurels liés à l’insularité, à l’éloignement et à la vulnérabilité climatique.
UN DÉCALAGE CROISSANT ENTRE ENGAGEMENTS ET MOYENS
Plusieurs acteurs du climat, dont le Réseau Action Climat et l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), soulignent le décalage entre les engagements de la France et les moyens budgétaires réellement mobilisés. Dans les Outre-mer, ce décalage est d’autant plus sensible que les politiques nationales y sont souvent mises à l’épreuve
de réalités physiques immédiates.
UN SIGNAL POLITIQUE À CONTRETEMPS
À l’approche des élections municipales de 2026, le message envoyé aux collectivités ultramarines est ambigu. Alors que
l’État appelle à une mobilisation accrue des territoires face au dérèglement climatique, il réduit simultanément les
leviers financiers qui leur permettent d’agir.
Le budget 2026 confirme ainsi une inflexion préoccupante. Dans les Outre-mer plus qu’ailleurs, la transition écologique
devient une variable d’ajustement budgétaire, alors même qu’elle conditionne la résilience et l’avenir de territoires déjà en première ligne face aux crises climatiques. Gdc



