245 000 fêtards, une ambiance sereine et un dispositif sécuritaire salué par tous
« La fête a été festive et sereine. C’est un beau carnaval, et quand c’est bien, il faut le dire. »
Durant quatre jours, du dimanche au mercredi des Cendres, Fort-de-France a vécu au rythme du carnaval, de son carnaval, l’un des plus grands rendez-vous culturels de Martinique. Au total, 245 000 personnes ont envahi les rues de Foyal pour ce grand défoulement collectif : 60 000 le premier jour, 40 000 le second, un pic de 80 000 participants lors de la journée du Mardi gras, et 65 000 pour le mercredi des Cendres. Des chiffres comparables à ceux de l’édition 2025, malgré une météo capricieuse qui aurait pu décourager les plus frileux.
Le bilan sécurité, dressé conjointement par la préfecture de la Martinique et la ville de Fort-de-France, se veut globalement positif. Grâce à la mobilisation coordonnée des forces de sécurité intérieure : Police Nationale, Gendarmerie mobile, Policiers Municipaux, Agents de sécurité privée, Médiateurs, Grands Frères et associations de quartiers, un important travail de prévention et de contrôle a été conduit tout au long de l’événement. Au total, environ 160 effectifs de la Police Nationale et de la Gendarmerie ont été déployés chaque jour sur le terrain.
Les chiffres d’un dispositif rodé
Aux nombreux points de contrôle et de palpation disposés aux entrées du périmètre festif ont été saisis :
- 913 cagoules,
- 53 couteaux,
- 57 armes factices,
- 228 armes par destination (ciseaux, tournevis, barres de fer, marteaux),
- et 195 grammes de cannabis.
- En complément, 55 cagoules supplémentaires et 450 canettes et bouteilles d’alcool vendues illégalement ont été retirées lors des opérations de contrôle.
Sur l’ensemble des quatre jours, 21 personnes ont été interpellées pour des faits de violences volontaires, d’outrage, port d’armes blanches et détention de stupéfiants — un chiffre qualifié de « tout à fait acceptable » par les autorités, compte tenu de l’affluence record. Sur le plan sanitaire, 235 personnes ont été prises en charge par les secouristes, ayant conduit à 11 hospitalisations sans gravité, principalement pour petite traumatologie, malaises ou ébriété.
Philémon Perrot, directeur de cabinet du préfet : une première réussie
« Globalement, si l’an prochain on recommençait le même dispositif, ça conviendrait très bien à tout le monde. »

Pour Philémon Perrot, directeur de cabinet du préfet, qui participait pour la première fois à l’organisation du carnaval de Fort-de-France, le bilan ne laisse guère de place au doute : « C’est globalement très très bien passé. Il y a très peu de faits d’ordre public à signaler. » Il tient notamment à souligner la qualité de l’organisation mise en place par la ville :
« Le carnaval est organisé très sérieusement, il faut le signaler. L’État met les moyens, mais il faut reconnaître que la ville a très bien organisé la chose. »
Parmi les points marquants de cette édition, le responsable préfectoral cite en premier lieu le succès de l’interdiction des cagoules, une mesure appliquée pour la première fois avec rigueur cette année. Il salue également la mise en place de plots béton sur les grands axes pour contrer les risques d’attaque au véhicule-bélier — un dispositif anti-intrusion qui « a très bien fonctionné ». Il évoque enfin la complémentarité entre la police nationale, positionnée au cœur du dispositif, et les gendarmes mobiles déployés aux points de palpation et en réserve d’intervention, qualifiant cette organisation de « belle complémentarité » qui a su rassurer la population. Un seul incident notable est à signaler en marge du carnaval : une fusillade survenue le lundi, « sans aucun lien avec le carnaval », précise-t-il.
William Lliso, commissaire divisionnaire, directeur territorial adjoint de la police nationale : les drones au cœur du dispositif
« Le carnaval, c’est se grimer, se masquer — mais la cagoule, ça renvoyait quelque chose d’assez vindicatif. Et ça, ça a été bien intégré. »

William Lliso, commissaire divisionnaire et directeur territorial adjoint de la police nationale de Martinique, partage ce satisfecit. Il tempère toutefois sur la journée du Mardi gras : « On croyait être sur une tendance de 100 000 personnes, on a été à 81 000 — la météo a joué sur ce désamour. » Mais sur l’ensemble de la semaine, les chiffres de fréquentation dépassent les tendances de 2025.
Sur le plan de la sécurité, le commissaire pointe une évolution notable : la forte réduction des comportements d’alcoolisation excessive, inférieure à celle constatée l’an dernier. Il insiste par ailleurs sur le bilan positif de la mesure anti-cagoules : bien que plus de 1 000 cagoules aient été saisies au total sur les quatre jours, l’acceptation de cette règle par le public a été globalement bonne.
« Les gens reconnaissent que le carnaval, on se grime, on se masque — mais la cagoule, ça renvoyait un aspect assez négatif. »
Pour l’édition 2027, le commissaire Lliso envisage peu de changements majeurs dans le dispositif, si ce n’est quelques ajustements sur les barrières de béton et les points d’entrée-sortie. Il met en revanche l’accent sur un outil qui a fait ses preuves et qu’il compte développer davantage : les drones de nouvelle génération. « Ils nous apportent une aide à la décision très précieuse depuis le ciel et nous permettent d’avoir des évaluations de participation très précises, bien au-delà de ce que donnaient les simples points de passage. »
Une fête qui donne rendez-vous en 2027
Le Préfet et le Maire de Fort-de-France ont conjointement salué l’engagement de l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite de cette édition : forces de sécurité, sapeurs-pompiers, secouristes, SAMU, agents municipaux, mais aussi carnavaliers, bénévoles et acteurs économiques. Le carnaval de Martinique s’affirme, une fois encore, comme un événement populaire de grande envergure, capable de rassembler des dizaines de milliers de personnes dans une ambiance à la fois festive et maîtrisée. Rendez-vous en 2027.








