Face aux perturbations persistantes de l’alimentation en eau potable à Case-Pilote, la SAUR Martinique fait le point sur la situation et sur les actions engagées pour rétablir durablement la stabilité du réseau. Depuis plusieurs semaines, l’opérateur a renforcé ses moyens humains et techniques afin de limiter les coupures et d’améliorer progressivement la distribution dans cette commune particulièrement exposée aux fragilités hydrauliques.
Depuis près de trois semaines, un niveau de casses inhabituellement élevé a été constaté sur le réseau de Case-Pilote. En janvier 2026, plus de vingt-deux fuites ont été identifiées et dix-huit réparations ont été réalisées par les équipes de la SAUR, mobilisées en continu sur le terrain. Cette situation a conduit l’entreprise à mettre en place un dispositif spécifique de vigilance quotidienne sur ce secteur.
Parmi les mesures déployées figurent une surveillance renforcée des niveaux des réservoirs tout au long de la journée, afin d’adapter la gestion du réseau en temps réel, ainsi que la mise en œuvre de coupures tournantes. Celles-ci visent à éviter une interruption totale de l’alimentation et à garantir, autant que possible, une distribution quotidienne à l’ensemble des usagers, malgré des coupures pouvant durer plusieurs heures selon les quartiers. Les interventions sur les fuites sont également réalisées en continu, avec une attention particulière portée aux zones les plus sensibles.
Selon Doris Marignan, responsable de la gestion des réseaux Nord Caraïbe, des renforts techniques ont été déployés sur la commune. Ces équipes, disposant d’une connaissance approfondie du réseau, viennent appuyer les actions menées sur le terrain. L’objectif affiché reste le rétablissement durable de la situation hydraulique.
La configuration même de Case-Pilote constitue un facteur aggravant. Située en bout de réseau, la commune compte plusieurs quartiers en altitude, soumis à des contraintes d’élévation hydraulique importantes. L’alimentation en eau dépend fortement des pompages et des réservoirs de stockage. Lorsque les niveaux deviennent insuffisants, les secteurs les plus élevés sont les premiers impactés par les interruptions.
La commune dispose de treize réservoirs, dont l’autonomie varie actuellement entre trente minutes et vingt-quatre heures selon les zones. La majorité des usagers dépend de réservoirs offrant une autonomie moyenne d’environ six heures, dans un contexte où l’arrivée de l’eau n’est pas continue. Avec près de 4 500 habitants et une population en constante évolution, les usages progressent, accentuant la pression sur des capacités de stockage limitées.
Par ailleurs, le réseau, ancien, a été fragilisé par de récents événements sismiques, rendant l’alimentation plus vulnérable que dans d’autres secteurs. À cela s’ajoute un déséquilibre entre les volumes d’eau entrant dans le réseau et ceux distribués, empêchant une reconstitution durable des réserves.
Pour faire face à ces fragilités structurelles, la SAUR indique qu’un diagnostic est actuellement en cours. Des investissements complémentaires seront nécessaires afin de sécuriser durablement le fonctionnement hydraulique de la commune. En attendant, l’opérateur poursuit ses actions de terrain et s’engage à informer régulièrement les usagers de l’évolution de la situation.




