La cour d’appel de Paris ne rendra sa décision que le 22 juin, et non le 23 mars comme initialement prévu. Un délai supplémentaire pour les parties civiles martiniquaises et guadeloupéennes engagées depuis près de vingt ans dans la bataille judiciaire du chlordécone.
En 2023, les juges d’instruction ont prononcé un non-lieu tout en reconnaissant l’existence d’un « scandale sanitaire » et d’une atteinte environnementale durable. Ce paradoxe s’explique par la difficulté à établir la preuve pénale de faits remontant à plusieurs décennies, les premières plaintes ayant été déposées en 2006.
Utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies antillaises, le chlordécone était classé « possiblement cancérogène » dès 1979 par le Centre international de recherche sur le cancer. Malgré cela, son interdiction fut tardive et ses conséquences sanitaires et environnementales demeurent.
Lors de l’audience de septembre 2025, les avocats des parties civiles ont contesté le non-lieu, notamment sur la question de la prescription. Selon eux, les pathologies ou décès survenus après 2003 pourraient rouvrir la possibilité de poursuites. Le ministère public a, pour sa part, soutenu la confirmation du non-lieu.
Au-delà du débat juridique, le chlordécone reste présent dans les sols, les eaux et certaines chaînes alimentaires. L’exposition des populations se poursuit, plus de trente ans après l’interdiction du pesticide.
Le report au 22 juin prolonge ainsi l’incertitude pour les victimes, alors que le temps affaiblit les preuves mais n’efface pas les conséquences.
Gdc




