Le vendredi 5 septembre, la municipalité de Fort-de-France a inauguré une rue du quartier de Didier au nom de Claude Lise, figure majeure de la vie politique martiniquaise. La cérémonie, présidée par le maire Didier Laguerre en présence de Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), a été l’occasion d’un hommage appuyé à un homme dont le parcours a marqué plus d’un demi-siècle de vie publique.
Une carrière jalonnée de responsabilités
Né en 1941 à Fort-de-France, médecin gastro-entérologue de formation, Claude Lise s’engage très tôt dans l’action politique. Il milite d’abord au Parti socialiste martiniquais avant de rejoindre Aimé Césaire au Parti progressiste martiniquais (PPM). Sénateur de la Martinique de 1995 à 2011, député de 1988 à 1993, président du Conseil général de 1992 à 2011 puis président de l’Assemblée de la CTM de 2015 à 2021, il a occupé les plus hautes fonctions locales, façonnant durablement l’institution départementale puis territoriale.
L’autonomie comme fil conducteur
Son parcours est aussi celui d’un homme en rupture avec le PPM, dont il s’éloigne au début des années 2000 en raison de divergences sur la question de l’autonomie. En 2006, il fonde le Rassemblement démocratique martiniquais (RDM), parti qui revendique un dépassement des clivages partisans pour avancer vers une autonomie assumée, enracinée dans la réalité sociale martiniquaise. « J’ai créé le RDM parce que je crois au rassemblement », a-t-il rappelé lors de la cérémonie.
Un hommage empreint d’humilité
Didier Laguerre a insisté sur la constance des engagements de Claude Lise : « Un homme politique engagé, avec des convictions fortes et constantes, au service de la Martinique, au service de la ville de Fort-de-France et, en particulier, au service de ce quartier. »
L’intéressé a accueilli cet hommage avec modestie : « Je n’ai jamais recherché les honneurs. Mais je serais malhonnête si je disais que je ne suis pas satisfait de voir, au soir de ma vie, qu’on reconnaisse mon parcours. Ce qui compte, ce n’est pas qu’on soit d’accord avec tout ce que j’ai fait, mais qu’on sache que je l’ai fait avec conviction, dans l’intérêt de la Martinique. »
Une figure incontournable de la mémoire politique
Cette reconnaissance publique survient alors que la Martinique s’apprête à rouvrir le débat institutionnel lors du prochain congrès des élus. Si certains y voient un écho au virage autonomiste engagé par l’exécutif territorial, la démarche relève surtout de la volonté de saluer de son vivant un acteur central du combat pour la dignité et l’émancipation martiniquaises.
Claude Lise restera dans l’histoire comme un homme de conviction, dont l’action politique aura cherché à concilier l’exigence de justice sociale, le respect des institutions et l’affirmation d’une autonomie martiniquaise.
Gérard Dorwling-Carter


