Mardi 3 mars 2026, le groupe CréO a inauguré en grande pompe son onzième supermarché Caraïbe Price, implanté dans la zone commerciale de Saint-Joseph. Un investissement de six millions d’euros, vingt-cinq emplois créés, 880 m² de surface de vente et près de 6 000 références : l’enseigne martiniquaise, née il y a huit ans, affirme plus que jamais sa vocation de commerce de proximité ancré dans le territoire. En présence du maire de Saint-Joseph, du vice-président de la CACEM, de fournisseurs, de partenaires et des équipes fraîchement recrutées, la soirée a été l’occasion de rappeler combien la proximité commerciale est un enjeu vital pour la Martinique.

Patrick Fabre : « La proximité, c’est notre bwa dressé »
C’est avec une émotion palpable que Patrick Fabre, président-fondateur du groupe CréO, a pris la parole devant une assemblée nombreuse. Après avoir remercié les élus, les partenaires et les fournisseurs, il a rappelé l’histoire mouvementée de ce projet : plus de neuf ans de gestation entre les premières discussions sur le terrain et l’ouverture effective du magasin.
« Nous avons étudié plusieurs pistes, imaginé une synergie avec la station-service, espéré un rond-point depuis de nombreuses années… Les travaux nécessaires étaient trop lourds, alors nous avons choisi une autre voie, plus réaliste, mais aussi très ambitieuse »,
a-t-il confié.


Le patron du groupe a longuement développé sa vision de la proximité commerciale en Martinique, articulée autour de cinq piliers : le rôle social irremplaçable des commerces de quartier, la simplicité et le gain de temps pour le consommateur, la réduction de la pollution liée aux déplacements, le soutien à l’économie locale et, enfin, la lutte contre la désertification commerciale. Un constat chiffré l’a interpellé : le format hypermarché représente 50 % des parts de marché en Martinique, contre à peine 35 % dans l’Hexagone. « Ce déséquilibre fragilise notre territoire », a-t-il martelé.
« La proximité, c’est notre bois dressé. Un élément d’équilibre, un élément de stabilité, un élément qui empêche notre économie de pencher d’un seul côté. »
Patrick Fabre, président du groupe CréO
Filant la métaphore du bwa dressé – cette longue perche fixée sur le flanc du gommier qui permet de rééquilibrer l’embarcation –, Patrick Fabre a invité tous les Martiniquais à jouer les équipiers de la proximité : « Soyons tous des coursiers ce soir et prenons place sur le bois dressé de la proximité, pour ensemble soutenir notre commerce de quartier et donner à chaque commune la fierté qu’elle mérite. »
Il a aussi rappelé que le nom CréO – « je crois, je crée » en espagnol – renvoie aux quatre premières lettres du créole, langue natale qui irrigue la philosophie du groupe.
Stefano Bisogno : l’ambition d’un onzième magasin

Le directeur commercial de Caraïbe Price, Stefano Bisogno – « le plus italien des Martiniquais », selon l’animatrice de la soirée –, a détaillé le projet avec la précision d’un commerçant passionné. Le magasin de Saint-Joseph offre 880 m² de surface de vente, un parking d’environ quatre-vingts places, un espace marché, un point chaud avec rôtissoire, et des univers frais, surgelés, épicerie et entretien. Un investissement de six millions d’euros conçu dans une démarche responsable : équipements froid économes en énergie, éclairage LED, infrastructures modernes et durables.
« Caraïbe Price, c’est avant tout une philosophie du commerce. Un supermarché de proximité, ce n’est pas simplement un lieu où l’on fait ses courses. C’est un commerce de quartier, un commerce de liens, un commerce du quotidien. »
Stefano Bisogno, directeur commercial Caraïbe Price
Stefano Bisogno a insisté sur la stratégie du groupe, structurée autour de trois piliers : les marques nationales reconnues, les marques propres développées en partenariat avec le groupement Intermarché, fort de plus de soixante usines en France, et une priorité affirmée pour les produits locaux et les circuits courts. « Nous commençons sérieusement à chatouiller les hypermarchés », a-t-il lancé avec malice, avant de présenter avec fierté l’équipe de vingt-cinq collaborateurs dont plus de la moitié a été recrutée localement.
Claude Adèle : la CACEM salue un catalyseur d’attractivité

Représentant le président de la CACEM, Claude Adèle, vice-président en charge de l’attractivité économique et innovation, et par ailleurs premier adjoint au maire de Saint-Joseph, a dit toute sa fierté devant l’aboutissement du projet. Il a confié avoir un lien particulier avec ce chantier : « Dans une vie passée, j’ai été le géomètre qui a fait l’implantation du terrassement de la première version. » Une première version stoppée net par le Covid puis la guerre en Ukraine, avec 30 à 40 % de surcoût à la clé.
« Je reste persuadé que cet établissement va générer 60 % de l’attractivité de cette zone. Félicitations pour ce courage que vous avez eu de poursuivre ce projet. »
Claude Adèle, vice-président de la CACEM
Claude Adèle a assuré l’enseigne de tout le soutien de la commission attractivité économique et a évoqué le combat en cours pour obtenir un deuxième giratoire, susceptible de générer un flux de clientèle encore plus important dans la zone.
Le maire de Saint-Joseph Yann Monplaisir : « La ville à la campagne »
Yann Monplaisir a livré un discours mêlant hommage à l’entrepreneur et vision pour sa commune. Saluant l’éthique de Patrick Fabre : « pour battre les caricatures qui veulent que le chef d’entreprise soit un profiteur » , il a rappelé ses exigences dès les premiers échanges : respect de l’environnement, intégration paysagère, matériaux naturels. Le résultat est là : une façade en bois, des panneaux solaires, un bâtiment qui s’inscrit dans la philosophie de « la ville à la campagne » chère au premier magistrat.
« Nous sommes la ville à la campagne. Je tiens à ces deux aspects. Je ne veux pas qu’on dénature notre commune. C’est la raison pour laquelle, dès mon arrivée, je me suis opposé au béton. »
Le maire de Saint-Joseph

Le maire a aussi souligné un geste peu banal de la part du groupe CréO : avoir accompagné la création de deux boutiques de quartier à Bois du Parc et Rivière-l’Or, en conseillant les porteurs de projet.
« C’est presque paradoxal, a-t-il observé, parce qu’on pourrait dire que le chef d’entreprise a vocation à écraser les autres. Au contraire, grâce à lui, nous avons pu favoriser la création de ces commerces de quartier qui sont importants pour nos villages. »
Évoquant le circuit court, il a mentionné la création de l’association d’agriculteurs Majombé, déjà en relation avec les équipes de Caraïbe Price pour faciliter l’approvisionnement en produits locaux. Et de rappeler que Saint-Joseph, loin d’être une ville dortoir, a gagné plus de 350 habitants depuis le dernier recensement. La zone d’activité sera d’ailleurs étendue sur plus de sept hectares, avec une circulation interne améliorée, pour amplifier cette dynamique naissante.
S’adressant aux jeunes recrutés, le maire leur a lancé un appel à l’exemplarité, tout en mesurant le chemin accompli : quarante emplois générés grâce à la collaboration entre le groupe CréO et les services municipaux.
Des équipes motivées, prêtes pour le jour J

En coulisses, l’enthousiasme était palpable. Deux salariées, Huria Fitte-Duval et Ludmilla Bonnaire, confiaient leur satisfaction d’avoir œuvré pendant des jours à la mise en rayon et à l’aménagement complet du magasin. « On a hâte d’accueillir les premiers clients ce jeudi », lançaient-elles, le sourire aux lèvres.
Patrick Fabre a par ailleurs évoqué la dynamique du groupe CréO, qui traite cent vingt conteneurs par semaine, et la nécessité pour les commerces de proximité d’atteindre un volume suffisant pour survivre. « Quelqu’un qui n’arrive pas à avoir du volume s’étouffe et disparaît », a-t-il prévenu, en rappelant une expérience ancienne avec Leader Price : en associant une enseigne à bas prix et des commerces à marques, la synergie avait fait ses preuves aux François.
Rendez-vous jeudi 5 mars à 7 heures
L’inauguration s’est achevée dans une ambiance chaleureuse, entre fierté collective et impatience. Rendez-vous a été donné au public joséphin pour le jeudi 5 mars à 7 heures, avec des promotions et des animations spécialement prévues pour l’événement. À Saint-Joseph, le bois dressé de la proximité est désormais solidement planté.




