À Fort-de-France, lors du « Danmyé adan Kannaval », un incident a relancé le débat sur l’ouverture des pratiques culturelles en Martinique. En réaction à l’exclusion d’un participant en raison de sa couleur de peau, Max Pied appelle à rester fidèle à l’esprit de transmission, de métissage et de partage qui fonde le Danmyé.
« Une tradition ne survit pas en excluant, mais en s’ouvrant à celles et ceux qui la respectent. »
La scène s’est déroulée récemment à Fort-de-France, dans le cadre du « Danmyé adan Kannaval ». Un participant a été écarté d’une ronde en raison de sa couleur de peau. Rapidement, les responsables du Danmyé ont condamné cet acte, rappelant avec force que le racisme n’a pas sa place dans cette discipline issue de l’histoire et de la résistance martiniquaise.
Au-delà de l’émotion suscitée, cet épisode interroge profondément notre rapport aux traditions, à leur transmission et à leur évolution.
Peut-on préserver une culture en la refermant sur elle-même ? Ou doit-on, au contraire, la faire vivre en l’ouvrant à celles et ceux qui la respectent et souhaitent s’y engager ?
Ce texte est extrait de la newsletter de Martinique Ensemble de cette semaine « Nouvelles politiques ». Son auteur, Max Pied, y livre une réflexion claire et engagée sur le sens du Danmyé et, plus largement, sur l’avenir des pratiques culturelles en Martinique.
Nous publions ci-dessous son texte dans son intégralité.
Philippe Pied
MANMAY LA, AN NOU OUVÉ LAWONN’
Par Max PIED. newsletter Martinique Ensemble : « Nouvelles politiques »
Chez nous, lors du « Danmyé adan Kannaval » à Fort-de-France, un participant a été écarté de la ronde parce qu’il était blanc. L’incident a été condamné avec raison par les responsables du Danmyé, rappelant que le racisme n’a pas sa place dans cette pratique.
Cet épisode pose une question essentielle : veut-on préserver une culture en l’enfermant, ou la faire vivre en la partageant ?
Le Danmyé est né d’une histoire de résistance, de métissage et de transmission. Le réduire à une frontière de couleur, c’est trahir son esprit. Une tradition ne survit pas en excluant, mais en s’ouvrant à celles et ceux qui la respectent.
L’universel n’efface pas les identités. Il leur donne un avenir.
Fermer une ronde, c’est rétrécir une culture.
L’ouvrir, c’est la faire durer.
Manmay, an nou ouvè lawonn’ la tradisyon !





