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    Du rrisque agricole à l’opportunité stratégique : une lecture trop théorique du Mercosur pour les Antilles-Guyane.

    janvier 28, 2026Mise à jourjanvier 28, 2026Aucun commentaire
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    L’article de Jean-Marie Nol a le mérite rare de poser une question essentielle : celle de la soutenabilité du modèle économique ultramarin à l’heure de la mondialisation, de la contrainte budgétaire et de l’automatisation. Il rompt avec une vision strictement défensive de l’agriculture antillaise et propose une relecture stratégique de l’accord UE-Mercosur. Toutefois, cette démonstration, séduisante sur le plan conceptuel, souffre de failles structurelles majeures dès lors qu’on l’examine à l’aune des coûts réels, des contraintes sanitaires européennes et des déséquilibres logistiques et sociaux propres aux Antilles-Guyane.

    Le coût du travail : un impensé central du raisonnement

    L’article fonde largement sa proposition sur un modèle de transformation locale de matières premières importées à bas coût. Or, il ignore presque totalement la question du coût du travail, qui constitue pourtant le principal facteur de compétitivité dans l’agro-industrie.
    Les coûts salariaux en Guadeloupe, Martinique et Guyane sont structurellement alignés sur les standards français et européens, très éloignés de ceux du Mercosur.
    Même dans un modèle automatisé, l’agro-industrie demeure intensément consommatrice de main-d’œuvre qualifiée et semi-qualifiée : maintenance, contrôle qualité, traçabilité, logistique, encadrement et conformité réglementaire.
    Les dispositifs d’exonération existants (LODEOM, aides ciblées) ne compensent que partiellement cet écart et restent politiquement fragiles dans un contexte de contrainte budgétaire accrue.

    En pratique, le différentiel de coût entre une transformation réalisée au Brésil, en Argentine ou en Uruguay et la même opération effectuée aux Antilles ne se résorbe pas par la seule proximité géographique. Il s’agit d’un handicap structurel que l’article sous-estime fortement.

    Les coûts logistiques : une vision idéalisée de la position géographique

    L’idée de plateformes agro-industrielles situées au « carrefour de l’Europe et de l’Amérique du Sud » repose sur une lecture géographique séduisante mais économiquement simplifiée.
    Les Antilles ne bénéficient pas d’économies d’échelle portuaires comparables à celles des grands hubs sud-américains ou européens.
    Le coût du fret maritime vers les Antilles est souvent supérieur à celui vers l’Europe continentale en raison de volumes insuffisants, de ruptures de charge, de déséquilibres export-import et d’une forte dépendance à quelques opérateurs.
    La desserte régionale et intra-antillaise demeure chère, irrégulière et peu compétitive, limitant fortement tout effet de hub régional.

    Ainsi, loin de réduire les coûts logistiques, l’insularité et l’ultrapériphéricité continuent de les majorer à chaque maillon de la chaîne.

    Les contraintes sanitaires et phytosanitaires : le talon d’Achille du modèle proposé

    L’analyse fait comme si l’importation de matières premières agricoles issues du Mercosur, destinées à être transformées localement, pouvait s’opérer sans frictions majeures. Or, de nombreuses substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne restent utilisées dans ces pays.
    La transformation sur sol européen ne neutralise pas ces interdictions : résidus, traçabilité, responsabilité juridique de l’opérateur transformateur et contrôles renforcés à l’importation demeurent.
    Les opérateurs locaux supporteraient ainsi le risque sanitaire, réglementaire et réputationnel de chaînes de production qu’ils ne maîtrisent pas en amont.

    Cette contradiction, centrale, est absente du raisonnement alors qu’elle constitue un verrou majeur à toute industrialisation fondée sur des flux agricoles extra-européens.

    Un raisonnement industriel qui sous-estime la réalité des filières

    L’article suppose qu’il suffirait de déplacer la création de valeur vers l’aval. Or, les filières agro-alimentaires performantes reposent sur une intégration verticale étroite entre production primaire, transformation et distribution.
    Décorréler totalement l’amont du Mercosur de l’aval antillo-guyanais expose à une volatilité accrue des prix, à une dépendance géopolitique renforcée et à une perte de maîtrise stratégique.
    Par ailleurs, la promesse d’emplois industriels moins exposés à l’automatisation est discutable : l’agro-industrie moderne est précisément l’un des secteurs les plus robotisés à l’échelle mondiale.

    Une critique pertinente du modèle existant mais une alternative incomplète

    Là où l’article est le plus convaincant, c’est dans son diagnostic du modèle de départementalisation : dépendance aux transferts publics, tertiarisation excessive, fragilité fiscale et vulnérabilité face à l’intelligence artificielle.
    Cependant, la solution avancée relève davantage d’une substitution théorique que d’un projet industriel opérationnel. Elle ne répond pas pleinement à la question centrale : comment créer durablement de la valeur productive dans un environnement à coûts élevés, à normes strictes et à marchés étroits sans reproduire de nouvelles formes de dépendance ?

    L’article de Jean-Marie Nol a le mérite de bousculer les dogmes et d’ouvrir un débat stratégique nécessaire sur l’avenir productif des Antilles-Guyane. Mais il surestime la capacité de l’accord UE-Mercosur à devenir un levier crédible de transformation industrielle. Les coûts de main-d’œuvre, les handicaps logistiques, les contraintes sanitaires européennes et les asymétries réglementaires constituent des verrous systémiques. Tant qu’ils ne sont pas traités frontalement, le Mercosur risque moins d’être une opportunité qu’un facteur supplémentaire de marginalisation productive.

    Changer de regard est indispensable. Mais changer de regard sans changer les conditions structurelles de compétitivité relève davantage de l’exercice intellectuel que de la stratégie économique. Ml

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