COMMUNIQUÉ LLKM
À l’approche des élections municipales de 2026, l’association Liannaj pou Lanng Kréyol Matinik (LLKM) a publié un communiqué dans lequel elle interpelle les candidates et candidats sur la place de la langue créole en Martinique. L’association y rappelle que le créole constitue un élément majeur du patrimoine linguistique, culturel et historique du territoire et estime que son renforcement dans la vie publique relève d’enjeux démocratiques, éducatifs et sociaux.
Dans ce communiqué, LLKM souligne que la reconnaissance, la transmission et la diffusion de la langue créole ne peuvent se limiter à des initiatives ponctuelles. L’association plaide pour une politique linguistique structurée, portée notamment par les collectivités locales, et intégrée aux actions municipales dans les domaines de l’éducation, de l’administration, de la culture et de la vie quotidienne.
Sur le plan législatif, LLKM appelle à une reconnaissance officielle de la langue créole aux côtés du français. Elle propose également le développement d’un enseignement obligatoire en créole, de la maternelle à l’université, ainsi que la garantie, au sein des administrations, de la possibilité pour les usagers d’utiliser indifféremment le français ou le créole dans leurs démarches.
Le communiqué insiste par ailleurs sur l’importance de la formation. L’association préconise l’ouverture et la pérennisation d’ateliers d’apprentissage permettant de parler, lire et écrire le créole, ainsi que la structuration de programmes de formation destinés aux formateurs. Elle évoque également la création d’emplois ou de missions spécifiques consacrés au développement de la langue créole, avec la formation des personnels concernés, qu’ils soient interprètes, agents administratifs ou acteurs de la communauté éducative.
La question de la diffusion occupe également une place centrale dans les propositions formulées. LLKM souhaite la mise en place d’espaces dédiés à la langue et à l’imaginaire créoles dans les bibliothèques, médiathèques et établissements scolaires. Elle encourage le soutien à l’édition d’ouvrages en créole ou bilingues, la présence de supports en créole à destination des visiteurs et touristes, ainsi que la généralisation de la signalétique en créole dans les villes, les quartiers, les transports et les services publics. L’association invite enfin l’ensemble des institutions, publiques comme privées, à communiquer davantage en langue créole et à en encourager l’usage dans tous les contextes.
Le communiqué aborde également la dimension universitaire et scientifique. LLKM appelle au soutien des doctorants et doctorantes dont les travaux portent sur la langue et la culture créoles, notamment en facilitant la diffusion et la valorisation de leurs recherches.
À travers cet appel, l’association invite les responsables politiques locaux à prendre des engagements clairs en faveur d’une politique linguistique qu’elle souhaite à la fois ambitieuse, respectueuse de l’identité martiniquaise et tournée vers l’avenir. Créée en 2016, LLKM regroupe des enseignants, des universitaires, des écrivains et des acteurs culturels engagés dans la promotion et la transmission du créole. Par ce communiqué, l’association entend replacer la question linguistique au cœur du débat public municipal, à un moment clé pour l’avenir institutionnel et culturel des communes de Martinique.





