La commission de surendettement s’est réunie en plénière ce mardi dans les locaux de la Direction générale des finances publiques. L’occasion de faire le bilan de l’année 2025 sur le nombre de dossiers déposés, le montant médian d’endettement et le profil type des personnes concernées.
Dans la salle de la DGFIP, une vingtaine de personnes constituent la commission de surendettement. Cette dernière se réunit tous les mois pour statuer sur les dossiers soumis par les particuliers en fragilité financière. En 2025, 675 dossiers ont été examinés soit une hausse de 27,8% par rapport à 2024. Pourtant le recours à ce type de dispositif est moins fréquent en Martinique que dans l’Hexagone.
« Ce décalage de la Martinique, on le mesure par la densité du surendettement »
, explique Patrick Croissandeau, directeur de l’Ideom. On compte 1,6 dossier pour 10 000 habitants dans l’île contre 2,4 au niveau national. La hausse du nombre de dossiers repose sur plusieurs facteurs. La procédure de surendettement bénéficie d’une meilleure connaissance et visibilité pour les particuliers. De plus, cette hausse peut être attribuée aux effets retardés de l’épisode inflationniste précédent. « Nous sommes revenus à des niveaux d’inflation qui sont ceux que l’on a connus il y a quelques années mais cette accumulation d’inflation durant ces années est présente dans le budget des familles. »

Les études de l’Iedom montrent que le dépôt de dossier de surendettement intervient dans les deux ans après les premières difficultés. D’autre part, la commission a constaté un retour du crédit à la consommation dans les dossiers ainsi que les paiements fractionnés tels que les 10 fois sans frais par exemple.
« Ces produits sont de plus en plus fréquents dans les dossiers de surendettement. »
Autre singularité martiniquaise, 40% des dossiers de surendettement sont déposés en ligne alors qu’au niveau national il en va de 27%. « On ne peut que se satisfaire de cela et cela permet un meilleur accès à nos procédures. » Pour 37% des dossiers, il s’agit de rétablissement personnel : l’annulation pure et simple de la dette. Donc pour les 63% restants, il s’agit du remboursement partiel ou total de la dette.
L’endettement global est en progression avec un endettement médian par dossier de 22 299 euros. Il est constitué de dettes immobilières, des dettes de crédits à la consommation ou des charges courantes. Sur un an, la part de crédit à la consommation enregistre une hausse de 5%. Du côté de la typologie des personnes qui déposent un dossier de surendettement, la Martinique se distingue dans la répartition femmes/hommes. 75% de femmes contre 25% d’hommes alors qu’au national on compte 55% de femmes et 45%. Les actifs de la tranche d’âge 35-54 ans sont le plus représentés tout comme les locataires (62%) dont 22% des personnes hébergées à titre gratuit. « Nous apparaissons comme la bouée de secours pour trouver une issue financière », conclut le directeur de l’Iedom.
Laurianne Nomel




