Ce jour là, un aprem’, revenant at home, la radio du véhicule était branchée sur, je crois, France-Inter (hé oui…)
On y parlait d’un crime raciste, monstrueux, je dis bien monstrueux, commis au Mississipi (USA) avec comme victime un jeune « noir », tué, déformé, et jeté en pâture aux racistes (blancs) de la région.
Tout se serait terminé sans autre forme de procès, si la mère (« noire ») de l’infortuné victime, n’avait refusé que le cercueil de son fils ne resta clos (pour l’éternité) et n’avait réussi, après maintes péripéties toutes plus pathétiques les unes comme les autres, à obliger les croque-morts à ouvrir le cercueil.
Là, l’horreur éclata.
Le jeune garçon (moins de 16 ans) était complètement défiguré par une ou des balles qui lui avaient fracassé son juvénile visage, sa bouche, son corps.
Quelque temps après, à peine un ou deux mois après (je crois) le meurtrier expliqua sans gêne, dans la presse locale, que c’était bien lui le « coupable », en expliquant crânement tous les détails de son exploit.
MAIS, à cette époque, dans cette belle contrée du Mississipi, paraît-il, une fois la chose jugée, il n’y a plus droit à y revenir…
Dix ans après, la jeune femme qui, à l’époque aussi, avait affirmé que le jeune noir l’avait agressé, revint sur les faits et déclara qu’elle avait jadis menti…
Hé oui, cela s’est passé aux USA le 28 août 1955 dans la petite ville de Money dans le Mississipi…
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Hasard ou conséquence, c’est dans la même année, exactement le premier décembre 1955, que Mme ROSA PARK refusa de céder sa place à un « blanc » ouvrant ainsi l’avenue dans laquelle s’engouffrèrent avec succès « les noirs des USA »…
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Et Césaire dans tout cela ?
J’en étais à réfléchir sur la dureté irrémédiable des temps pour les «noirs» du Mississippi et pendant que j’abordais un énième virage, QUAND l’animateur de cette émission, nous lût, in extenso…
…LE poème qu’Aimé Césaire écrivit en cette année 1955 sur ce honteux crime…
Hé oui,Césaire était là.
Si, en cette année, il y avait, peut-être 300.000 habitants en Martinique, il reste probable que 299.999 d’entre eux (non ?) (en tous cas, moi…) avaient entièrement zappé l’horreur du crime raciste.
J’en reçus le choc.
Et, il faut le dire, la joie qu’un des nôtres, (produit de 100 ans de combats, dérivés des choix silencieux, mais déterminés de tant de nos mères, tirant les leçons de la cruelle affaire Bissette : j’en suis sûr.), ait témoigné, en ce moment extraordinaire, POUR NOUS…
Oui, pour nous, ce si « petit » peuple, enserré dans une si minuscule Isle de l’Univers…
Oui, pour Nous.
Vous vous imaginez…
Et 69 ans après, un journaliste de France ne l’avait pas oublié : Merci Monsieur.