Matinik, 6 févriyé 2026
À l’issue de sa rencontre avec Nathalie MONS, Rectrice de l’Académie de Martinique, Serge LETCHIMY, Président du Conseil Exécutif de la Martinique, condamne avec la plus grande fermeté les suppressions de postes d’enseignants annoncées pour la rentrée scolaire 2026 dans l’académie de Martinique.
En une seule année, 1 209 élèves en moins et 71 postes d’enseignants supprimés. Cette décision, présentée comme une simple conséquence mécanique de la baisse démographique, est inacceptable. Elle révèle une fois de plus une politique de l’État court-termiste, comptable et profondément déconnectée des réalités martiniquaises.
La Martinique perd près de 1 % de sa population chaque année. Cette hémorragie démographique n’est ni un accident, ni une fatalité : elle est le résultat direct de l’absence de stratégie nationale en matière de relance démographique, d’attractivité, de politique familiale et de perspectives offertes à la jeunesse. Plutôt que d’agir sur les causes, l’État choisit de sanctionner les conséquences.
Réduire les moyens de l’Éducation nationale dans un pays déjà fragilisé socialement et économiquement, c’est organiser le déclassement, affaiblir durablement le service public, accélérer l’exode des familles et des jeunes et aggraver la chute démographique. L’école ne peut pas être la variable d’ajustement d’un abandon politique.
La Martinique n’est pas une ligne budgétaire. La démographie n’est pas un prétexte. L’éducation n’est pas négociable. En supprimant massivement des postes d’enseignants, l’État envoie un signal clair : il renonce à investir dans l’avenir du territoire. Cette logique purement comptable nie les besoins spécifiques des élèves martiniquais, les réalités sociales, la lutte contre les inégalités et l’exigence de qualité pédagogique.
Serge LETCHIMY dénonce un désengagement progressif de l’État et appelle à un changement radical de méthode : une politique éducative pensée pour réparer, renforcer et projeter, et non pour accompagner le déclin. La Martinique se vide. L’État regarde ailleurs. Cette situation est politiquement et moralement irresponsable.
Le Président du Conseil Exécutif de la Martinique restera pleinement mobilisé pour défendre les intérêts des élèves, des enseignants et des familles, et ne se résignera pas à voir l’avenir d’une Martinique sacrifiée au nom de calculs budgétaires aveugles.




