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    François, un pape qui cassait les codes

    avril 25, 2025Aucun commentaire
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    François, pape de la simplicité et des marges, s’est éteint ce lundi 21 avril 2025 à l’âge de 88 ans, au terme d’un pontificat qui aura profondément marqué l’histoire contemporaine de l’Église catholique. Pendant douze années, il n’a eu de cesse de désacraliser les fastes de la papauté pour recentrer la mission ecclésiale sur l’essentiel : l’Évangile, vécu et proclamé depuis les périphéries du monde.

    En franchissant les murs de l’institution, en bousculant les rigidités dogmatiques et en donnant une voix aux exclus, François a non seulement cassé les codes, mais redéfini les contours d’un pouvoir spirituel plus proche, plus incarné, plus dérangeant aussi.

    Une élection qui bouleverse les repères

    Le 13 mars 2013, lorsque le cardinal Tauran annonce depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre l’élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio, peu de fidèles connaissent le nom de l’archevêque de Buenos Aires. Et pourtant, ce jésuite discret, marqué par la théologie du peuple, va entrer dans l’histoire dès les premiers instants. Il choisit le nom de François — une première dans l’histoire pontificale — en référence explicite à saint François d’Assise, figure de pauvreté radicale, de fraternité universelle et d’amour de la création. Ce choix, à lui seul, résume l’intention d’un pontificat : remettre l’Église sur les chemins de l’humilité.

    Il refuse les appartements pontificaux, habite la Maison Sainte-Marthe, se présente sans le manteau d’hermine ni la croix en or, salue d’un simple « Buonasera ». Ce soir-là, une autre papauté commence.

    Une pastorale des gestes

    Contrairement à ses prédécesseurs, François a moins marqué par de grands textes doctrinaux que par une série de gestes symboliques puissants : embrasser des malades dans la rue, laver les pieds de migrants musulmans lors du Jeudi saint, inviter des sans-abris à partager sa table, ou encore s’agenouiller devant des responsables politiques du Soudan du Sud pour implorer la paix.

    Ces gestes ne sont pas anecdotiques. Ils donnent à voir une Église qui choisit l’action et la présence plutôt que la norme et le dogme. François comprend que l’autorité spirituelle, à l’ère des crises de confiance, ne s’impose plus par la verticalité, mais par la proximité. En cela, il reconfigure les contours de la papauté, l’éloignant d’un modèle monarchique pour la rapprocher d’une figure évangélique.

    Une parole politique à haute intensité

    François aura été un pape politique au sens fort du terme : non par ambition de pouvoir, mais par souci des structures du monde. Il fustige une économie « qui tue », dénonce les politiques migratoires inhumaines, alerte sur les risques du nationalisme identitaire, déplore le culte de l’armement. Dans Laudato si’ (2015), il établit un lien inédit entre justice sociale, pauvreté et écologie, appelant à une « conversion écologique intégrale ». Dans Fratelli tutti (2020), il plaide pour une fraternité au-delà des appartenances ethniques, religieuses ou nationales.

    Ces prises de parole dérangent, notamment dans les cercles politiques conservateurs et dans certaines sphères économiques. En choisissant une parole prophétique, parfois brutale, François s’expose. Il ne cherche pas le consensus, mais la vérité évangélique, quitte à bousculer les puissants.

    Des fractures internes

    Cette liberté de ton, ce refus des rigidités, ce réformisme pastoral ont aussi suscité de fortes résistances internes. Des prélats accusent le pape de semer la confusion, de relativiser la doctrine. Quatre cardinaux iront jusqu’à lui adresser une dubia, demande publique de clarification sur sa position à propos des divorcés remariés, signe d’une défiance rarement assumée avec autant de frontalité.

    Les questions de l’ordination des femmes, de l’accès des laïcs au gouvernement de l’Église, de la place des personnes homosexuelles dans la vie sacramentelle, de la collégialité… tout cela a cristallisé tensions et oppositions. François n’a jamais imposé de révolution dogmatique, mais il a déplacé les lignes, élargi les marges de discussion, suscitant débats et remises en question. Il a accepté la conflictualité, convaincu que c’est en traversant les tensions que l’Église peut se régénérer.

    Une gouvernance en chantier

    Sur le plan institutionnel, François a entrepris des réformes ambitieuses, mais incomplètes. Il a réorganisé la Curie romaine (Constitution Praedicate Evangelium, 2022), renforcé la transparence financière, lutté contre la corruption, donné une place accrue aux laïcs et aux femmes dans les instances de gouvernance. Il a aussi ouvert la voie à une Église synodale, où la consultation des fidèles devient un principe actif. Le synode sur la synodalité, entamé en 2021, poursuivi jusqu’en 2024, visait à réinventer une culture de dialogue au sein de l’institution.

    Mais les résistances sont fortes, les inerties lourdes, et le chantier reste inabouti. À sa mort, l’Église reste partagée entre espoirs et crispations.

    Un pape global, un pontife des marges

    Premier pape non européen depuis Grégoire III au VIIIe siècle, François a déplacé le centre de gravité du catholicisme vers le Sud global. Il a nommé des cardinaux venant d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine, donnant à l’Église une composition plus représentative de sa réalité mondiale. Il a multiplié les visites dans les pays oubliés de la diplomatie vaticane : Myanmar, République centrafricaine, Irak, RDC, Soudan du Sud…

    Il a parlé aux peuples meurtris, aux réfugiés, aux jeunes sans avenir, aux femmes opprimées. Son catholicisme est celui de l’incarnation et du service. Dans cette vision, l’Église ne s’identifie pas aux puissants, mais se fait solidaire des sans-voix.

    Un héritage à la fois fragile et décisif

    Avec la mort de François, l’Église entre dans une nouvelle phase. L’héritage qu’il laisse est immense : une Église plus pastorale, plus universelle, plus humble aussi. Mais cet héritage est fragile. Les forces de repli, les tentations restauratrices et les fractures internes pourraient remettre en cause les avancées de son pontificat.

    Son successeur aura la lourde tâche de poursuivre — ou non — ce chemin vers une Église de la miséricorde, du dialogue et de la synodalité. Il devra trancher entre continuité et rupture, entre fidélité à l’intuition franciscaine et retour à un ordre plus rigide.

    Une chose est sûre : avec François, la papauté a changé de visage. Et ce visage, profondément humain, marqué par la douceur, la franchise et l’audace, continuera d’habiter longtemps la mémoire catholique et spirituelle du XXIe siècle.

     

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