Le carnaval 2026 de Guadeloupe s’est ouvert dans le drame. Un homme a été tué par balle dimanche 4 janvier au soir, en marge du premier grand défilé carnavalesque à Pointe-à-Pitre, lors d’une fusillade survenue en pleine foule. Les faits se sont produits dans le centre-ville, à proximité de la rue Frébault, artère très fréquentée par les groupes carnavaliers et les spectateurs.
Selon les premiers éléments, la victime, un homme présenté comme « a priori inconnu des services de police », a été atteinte d’une balle à la tête. Les circonstances exactes restent à déterminer : s’agissait-il d’une cible visée ou d’une balle perdue ? Le parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert une enquête pour homicide volontaire afin d’identifier le ou les auteurs des tirs et d’établir le mobile.
Festivités interrompues, ville sous choc
La fusillade a provoqué un mouvement de panique au sein de la foule. Les festivités ont été immédiatement interrompues et la zone bouclée afin de permettre les constatations de la police technique et scientifique ainsi que l’audition des témoins. Ce moment de liesse populaire, attendu comme l’un des temps forts de la saison carnavalesque, s’est brutalement transformé en traumatisme collectif.
Dès le lendemain, le préfet de Guadeloupe a condamné les faits et annoncé un renforcement et une réévaluation du dispositif de sécurité autour des prochains rendez-vous carnavalesques. Une réponse immédiate, mais qui ne suffit pas à dissiper le sentiment d’insécurité ressenti par une partie de la population.
Un contexte de violences armées préoccupant
Cet homicide constitue déjà le deuxième meurtre recensé en Guadeloupe depuis le début de l’année 2026. Il intervient dans un contexte de violences par armes à feu particulièrement élevé dans l’archipel. La répétition de ces faits divers alimente l’inquiétude sur la circulation des armes et la capacité des autorités à prévenir les passages à l’acte, y compris lors d’événements publics fortement encadrés.
Si l’enquête devra établir les responsabilités individuelles, ce drame relance une question plus large : comment garantir la sécurité lors des grands rassemblements populaires sans dénaturer leur esprit ? Le carnaval, espace d’expression culturelle, de transgression symbolique et de rassemblement intergénérationnel, ne peut se transformer en zone de peur permanente.
Sécurité et prévention : un défi durable
Au-delà du renforcement ponctuel des forces de l’ordre, de nombreux acteurs appellent à une approche plus globale, combinant lutte contre la circulation des armes, prévention de la violence et présence policière adaptée aux réalités locales. La sécurisation du carnaval ne peut être pensée uniquement dans l’urgence, au risque de répéter chaque année les mêmes annonces sans traiter les causes profondes.
Le carnaval 2026 débute ainsi sous une ombre lourde. Entre nécessité de protéger les participants et impératif de préserver un pilier de la culture guadeloupéenne, les autorités sont désormais attendues sur des réponses durables, à la hauteur de l’enjeu. JPB




