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    Home » Hyper mobilité géographique et mobilité numérique
    Ecologie / Environnement

    Hyper mobilité géographique et mobilité numérique

    avril 14, 2020Mise à jouraoût 21, 2020Aucun commentaire
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    Hyper mobilité géographique et mobilité numérique

    Le professeur Maurice BURAC, éminent géographe Martiniquais, a attiré mon attention sur l’article très éclairant de son collègue, le Professeur Gérard-François DUMONT, Président de la Revue Population&Avenir ; article intitulé : « Le covid-19 : la fin de la géographie de l’hypermobilité ? », paru le 7 avril dernier sur le site Socgeo.com de la Société de Géographie.
    Les éclairages apportés par le Professeur Dumont sont particulièrement intéressants à plusieurs titres. ’
    Ils apportent d’abord des explications claires sur la diffusion du virus Covid 19, en raison de différents facteurs :
    En premier lieu, la diffusion du virus est facilitée par les mobilités internes dans un même pays, comme les « populations flottantes » autour d’une ville comme Wuhan, en Chine, point de départ de la pandémie; Ensuite , par les mobilités externes, internationales : le virus s’est rapidement développé dans les villes disposant d’un aéroport international, et d’abord dans celles reliées directement à Wuhan, cette grande ville Chinoise de plus de 8 millions d’habitants, capitale d’une région qui en compte 56 millions ; sans parler des facteurs liés à la qualité de l’environnement ou à la promiscuité des conditions de vie dans certaines villes où le virus arrive.
    Ce sont là des facteurs de vulnérabilité de ces villes, et donc d’aggravation de la diffusion du virus nous indique le Professeur Dumont . Il ne parle pas de New-York ou de Chicago, mais son explication est pertinente, pour la diffusion du virus, aussi bien dans les villes d’Amérique que dans celles d’Asie
    Un autre point d’intérêt de l’article de Gérard-François DUMONT, c’est qu’il aide les Français à comprendre pourquoi leur pays a été contraint de recourir à ce que nous appellerons un plan B dans la stratégie de lutte contre le virus, dans l’impossibilité de recourir à ce que nous appellerons un plan A, que ces Français voyaient à l’œuvre dans certains pays d’Asie , en regardant leur télévision. Il n’y avait pas seulement l’arrogance des Français, et des Européens, qui les poussaient à adopter une stratégie différente des pays d’Asie, tout en continuant à les considérer de haut. Ils n’avaient pas d’autres choix.
    Sans vouloir « jouer » au spécialiste en infectiologie, ou en épidémiologie, on voit bien que le « plan A » consiste, tout naturellement, à dépister les personnes infectées, les tester, pour les isoler afin de les traiter, si on a un traitement. Et comme la contagion se fait tout particulièrement par projections des postillons quand on parle ou qu’on éternue, il vaut mieux que tout le monde porte un masque. Cela a l’air trop simple même.
    Dans ce plan A les maitres mots sont dépister, tester, isoler, masquer, traiter ; on peut aussi ajouter confiner partiellement. Mais cela suppose que l’on ait les moyens et qu’on prenne les dispositions (aux frontières, en particulier), de dépister, d’isoler, de traiter, et de masquer. En ajoutant bien entendu tous les gestes barrières qui sont prescrits en ces circonstances ; se laver les mains avec du savon, si on a de l’eau et du savon, ou passer un gel hydroalcoolique, si on en a.
    Pour recourir au plan A, il faut donc
    – prendre des dispositions aux frontières ; les aéroports, les ports et les ports de plaisances, étant les principales frontières aujourd’hui
    – disposer de matériels de test en quantité considérables ; pour les plus connus de ces tests : écouvillons, réactifs, appareils, etc
    – avoir des possibilités réelles d’isoler ou de contrôler l’isolement des personnes contaminantes
    – disposer d’un traitement pour éviter que les personnes contaminées n’évoluent vers les formes graves, pouvant nécessiter un longue période de réanimation, d’où ne sortent vivants pour l’instant qu’environ 50% des malades.
    Les pays , (ou les institutions) qui ne disposent pas des éléments de ce plan A ont recours, contraints et forcés à un plan B
    Ce plan B suppose :
    – une grosse capacité d’adaptation des systèmes d’accueil des personnes contaminées
    – le recours aux mesures dites barrières
    – le confinement partiel ou intégral du pays
    – la recherche fébrile des éléments nécessaire pour retrouver les voies du plan A et pour envisager la sortie du confinement intégral ; ces éléments étant produits, à l’extérieur, en Chine en particulier, dans le cadre de la globalisation, dans tous ses excès.
    – tout en développant une communication de diversion . Ne pouvant pas dire , « je ne fais pas, pace que je n’ai pas », les dirigeants vont tenir un discours de quasi-dénigrement des éléments du plan A ; s’exposant ainsi à une incompréhension grandissante des citoyens contraints à un confinement dont ils voient l’absolue nécessité, mais redoutent encore plus la sortie, tant que les moyens du plan A ne sont pas au rendez-vous.
    Nous voulons, enfin souligner un dernier éclairage de l’article du Professeur Dumont, il porte sur la mobilité numérique
    D’abord on ne peut que souscrire à son propos disant : « Au-delà, le covid-19 montre des possibilités nouvelles de télétravail, incite à la régionalisation des chaînes de valeur, invite à développer davantage l’économie circulaire et la souveraineté territoriale sur des biens essentiels comme la santé.»
    Mais, soyons prudent tout de même pour éviter que l’hypermobilité de la mondialisation ne soit remplacée très rapidement par une hypermobilité (sinon une hypersédentarité) du numérique.
    Le numérique a abaissé les barrières du distanciel. Réseaux sociaux, Visio conférence, télétravail, etc. permettent une continuité des relations jamais égalée. Mais la vraie relation humaine se fait en présentiel ; toutes autres formes peuvent être déshumanisantes. Le confinement, en dépit du numérique, montre qu’on a besoin des autres en présentiel. Cessons d’accepter, avec Sartre que « l’enfer c’est les autres », acceptons plutôt, avec Jean d’Ormesson que « l’une des clefs du bonheur, c’est aussi les autres ».
    Pour un usage équilibré d’un numérique qui ne se fait jamais au détriment de la relation humaine
    Fort de France le 12/04/20
    Par José NOSEL Administrateur territorial retraité
    Ancien enseignant universitaire d’économie et d’écologie politique

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