Le Sénat a adopté à l’unanimité, ce mercredi 28 janvier 2026, le projet de loi autorisant l’adhésion de la Martinique à la Communauté des Caraïbes (CARICOM). Une décision attendue de longue date, qui marque un tournant majeur dans l’ancrage régional de l’île et dans sa relation avec son environnement caribéen naturel.
Une décision unanime, au-delà des clivages politiques
Réunis en séance publique, les sénateurs ont validé sans opposition le texte permettant à la France d’adhérer au protocole ouvrant à la Collectivité territoriale de Martinique le statut de membre associé de la CARICOM. Ce vote unanime traduit un large consensus politique sur la nécessité de renforcer l’intégration régionale des territoires français d’Amérique, longtemps restée incomplète malgré des liens géographiques, culturels et économiques évidents.
Un statut encadré, sans remise en cause institutionnelle
L’adhésion de la Martinique à la CARICOM ne modifie ni son statut institutionnel, ni son appartenance à la République française et à l’Union européenne. Le statut de membre associé, prévu par le traité révisé de Chaguaramas, est strictement encadré : il ne confère aucun droit de vote sur les décisions engageant la souveraineté des États membres et exclut toute compétence régalienne ou diplomatique.
Il permet en revanche à la Martinique de participer activement aux travaux et aux programmes sectoriels de l’organisation, notamment dans les domaines économique, social, culturel, environnemental, sanitaire ou encore universitaire.
Une première pour une collectivité française d’Amérique
La Martinique devient ainsi la première collectivité française d’Amérique à accéder à ce statut au sein de la CARICOM. Cette avancée ouvre la voie à une coopération régionale plus structurée, fondée sur un cadre institutionnel reconnu et stable, là où les initiatives restaient jusqu’ici fragmentées ou limitées.
Pour les sénateurs, cette intégration constitue un levier concret pour répondre à des défis largement partagés dans la Caraïbe : développement économique, résilience face aux risques naturels, sécurité sanitaire, adaptation au changement climatique ou encore mobilité des étudiants et des chercheurs.
Un enjeu stratégique pour la France dans la Caraïbe
Au-delà de la Martinique, cette décision revêt une portée stratégique plus large. Elle s’inscrit dans une réflexion engagée depuis plusieurs années sur la place des collectivités françaises d’Amérique dans leur environnement régional et sur le rôle de la France comme partenaire de proximité dans la zone caribéenne.
En s’appuyant sur ses territoires, la France renforce sa capacité de dialogue avec la CARICOM et inscrit son action extérieure dans une dynamique multilatérale régionale. Une manière d’être perçue non comme une puissance extérieure, mais comme un acteur pleinement impliqué dans les équilibres et les coopérations caribéennes.
Une nouvelle page s’ouvre pour la Martinique
Avec ce vote du Sénat, la Martinique se dote enfin d’un outil institutionnel à la hauteur de sa réalité géographique et de ses ambitions régionales. L’enjeu, désormais, sera de transformer ce cadre juridique en projets concrets et en coopérations utiles pour le territoire, ses acteurs économiques, ses institutions et sa population.




