Les fêtes de fin d’année approchent à grand pas. Noël s’installe tôt en Martinique : entre jouets, chanté Nwel et mets traditionnels, la frénésie gagne les rayons malgré le coût de la vie. Entre plaisir et budget serré, les consommateurs jonglent pour préserver la fête.
Les ballotins de chocolats, le saumon fumé et le foie gras ont envahi les rayons de grandes surfaces depuis le mois de novembre. La fin de la saison d’Halloween, de ses bonbons et de ses décorations mortifères sonne le début des fêtes de Noël. Ici les fêtes de fin d’année riment avec cochon roussi, igname et pois d’Angole. Entre le coût de la vie et l’envie de se faire plaisir, comment consomment les Martiniquais en ce mois de frénésie festive ?
Qui dit Noël dit l’homme à la hotte emplie de jouets. « Noël commence début novembre avec l’implantation des jouets. Chaque année, nous avons un rythme qui est quasi identique avec l’implantation du jouet qui se fait au tout début du mois de novembre », explique Christophe Bermont, directeur hypermarché chez GBH. En Martinique, on commence à fêter tôt. Les notes des premiers chantés Nwel se font entendre dès novembre bien avant d’avoir ouvert la première case de son calendrier de l’Avent. « Ensuite on passe à l’implantation des chocolats de Noël entre la mi-novembre et la troisième semaine de novembre. Le mois de novembre correspond aussi au lancement des chantés Nwel. Donc il y a une montée en puissance qui se fait dans les magasins ». Ainsi, les pâtés sont de sortie tout comme les jambons de Noël. « Les punchs commencent à être de plus en plus consommés. Tous ces produits caractérisent le pré-festifs. Tout le mois de novembre est rythmé par ce type de ventes. »

En plus des fêtes de fin d’année, un événement commercial booste la consommation : le black Friday qui depuis quelques années a pris place. « On a un phénomène nouveau qui s’est aussi installé dans notre paysage, c’est le black Friday qui à l’origine ne s’étendait que sur un jour mais représente maintenant une semaine. Le black Friday devient une opération commerciale significative. » Le début du mois de décembre voit le renforcement de la partie jouet et de la partie multimédia. Mi-novembre, c’est l’heure d’installer les décorations de Noël.
Mi-décembre, on rentre dans le dur du sujet. « À partir du 15 décembre, on bascule dans le festif alimentaire avec des produits spécifiques qui se distinguent : le saumon, le foie gras. » Mais pas seulement explique, Christophe Bermont : « On assiste à la cohabitation entre deux types d’alimentation. Une alimentation un peu plus européenne mais il y a toujours cet ancrage très marqué des traditions avec la vente du cochon, des légumes en particulier l’igname, le couscouche, le pois d’angole. Il y a une explosion des ventes du jambon de Noël. » La consommation atteint son pic le 23 décembre mais tout au long du mois de décembre des achats festifs s’effectuent. Le dernier mois de l’année reste la période la plus faste. « Les personnes se reçoivent entre elles déjà. On voit déjà des augmentations des ventes de boudins dès le mois de novembre. Les fêtes de fin d’année, c’est quasiment un mois et demi à deux mois. »
Les marqueurs du repas traditionnel restent. « Le recul que l’on a plus observé est sur la vente de champagne. Les augmentations de prix sur ces produits ont freiné la consommation en grande surface. Même si le champagne reste une boisson très consommée, on assiste à une bascule sur des mousseux ou des crémants, des choses que l’on voyait moins il y a une quinzaine d’années. » L’inflation et la vie chère sont passées par là. « L’approche budgétaire compte également aussi dans les choix qui sont faits. Même si les gens comptent et regardent à la dépense, ils essaient de se faire plaisir. Ce que l’on a pu constater, c’est que l’alimentaire reste très ancré mais il y a eu des arbitrages sur les jouets. La dépense non alimentaire est un peu plus contrainte. »
Laurianne Nomel




