Le retour brutal de la diplomatie de la force dans la Caraïbe
L’intervention militaire américaine au Venezuela, annoncée comme une « attaque de grande envergure » ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro ainsi que de son épouse, marque un tournant brutal et sans ambiguïté dans la géopolitique régionale. Elle signe le retour assumé de la diplomatie de la force dans la Caraïbe, renouant avec une tradition interventionniste ancienne des États-Unis, théorisée au début du XXe siècle par Theodore Roosevelt sous le nom de politique du Big Stick autrement dit du “gros bâton”. Derrière les discours officiels invoquant la lutte contre le narcotrafic, la défense des droits humains ou la restauration de la démocratie, se dessine une réalité plus crue : celle du rapport de force, de la captation des ressources stratégiques et de la sécurisation des zones d’influence dans un monde redevenu ouvertement impérial. Donald Trump prévient que “ce qui est arrivé à Nicolás Maduro peut arriver à d’autres”.
Cuba, prochaine cible annoncée de la politique du Big Stick
Assurément c’est Cuba la prochaine cible et qui sera bientôt sur la sellette avec la politique du Big Stick si l’on en juge la situation à l’aune des déclarations de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain des affaires étrangères, d’origine cubaine, qui a laissé entendre que le président cubain Díaz-Canel pourrait connaître un destin similaire à Nicolás Maduro. « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », a-t-il déclaré, ajoutant que « Cuba est une catastrophe » et que le pays est « dirigé par des hommes incompétents et séniles ».
Le Venezuela, vers une vassalisation assumée
L’avertissement est très clair, car Donald Trump indique que “les États-Unis conservent tous les avoirs et les actifs vénézueliens extérieurs jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits du futur du Venezuela”. Donald Trump affirme par ailleurs que les compagnies pétrolières américaines vont s’implanter au Venezuela, et de poursuivre sur le même ton menaçant que les États-Unis vont « diriger le pays » et y réinstaller des compagnies pétrolières américaines. C’est là le signe incontestable d’une vassalisation du Venezuela.
Les États-Unis n’ont « pas peur » d’envoyer des troupes au sol au Venezuela, a assuré le président américain, lors de la conférence de presse samedi soir.
Un avertissement stratégique majeur pour les Antilles françaises
Pour les Antilles françaises, cette séquence guerrière constitue un avertissement majeur, une leçon historique qu’il serait dangereux d’ignorer, car sans nul doute le processus de décolonisation des peuples est en train de muer et changer de nature du fait de la nouvelle donne géostratégique mondiale.
La position française : une validation implicite de la force
Et force est de souligner que c’est la réaction alambiquée du président Macron qui oblige à réfléchir pour les événements géostratégiques de l’avenir, car pour Emmanuel Macron, le peuple vénézuélien ne pourrait que se « réjouir » d’avoir été « débarrassé » de la « dictature Maduro » à la suite de l’attaque américaine.
Jean Marie Nol, économiste et juriste en droit public



