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    Le jeu trouble de démagogie et d’irresponsabilité des députés d’outre-mer qui fait le jeu des extrêmes. Une tribune de JM.NOL

    octobre 17, 2025Aucun commentaire
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    À contre-emploi, plusieurs députés socialistes d’outre-mer, tout en se présentant comme remparts contre le Rassemblement national (RN), s’apprêtent à voter une motion de censure susceptible de précipiter une dissolution. Un pari risqué qui pourrait, in fine, ouvrir un boulevard à Marine Le Pen et Jordan Bardella.

    Un paradoxe devenu stratégie perdante

    Il est un paradoxe saisissant dans la vie politique française : ceux qui se posent en remparts contre la montée du RN en viennent aujourd’hui, par calcul ou inconscience, à lui ouvrir la voie royale du pouvoir. C’est précisément ce que révèle le comportement d’un groupe de députés socialistes d’outre-mer — Christian Baptiste, Béatrice Bellay, Élie Califer, Philippe Naillet et Jiovanny William — qui, selon une dépêche de l’AFP, ont décidé de voter la motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré la consigne claire du « non à la censure » du Parti socialiste.

     

    En s’associant à un geste politique dont les conséquences pourraient provoquer la chute du gouvernement et, à terme, la dissolution de l’Assemblée nationale, ces élus offrent, à l’insu de leur plein gré, un tremplin inattendu à Marine Le Pen et à Jordan Bardella. Ils en seront comptables.

    Un « signal d’alerte » qui nourrit les extrêmes

    Ce choix aventureux s’inscrit dans une confusion politique généralisée, où les repères idéologiques se brouillent au profit d’un réflexe identitaire et protestataire. Au nom d’un « désamour » supposé envers les outre-mer, ces députés prétendent adresser un avertissement à l’exécutif, mais alimentent en réalité une mécanique qui ne profite qu’aux extrêmes. Cette irresponsabilité, habillée des atours d’une résistance locale, traduit surtout un désarroi collectif : une gauche en perte de repères, un centre affaibli, une droite divisée et une société désabusée.

    Dénoncer le RN tout en fabriquant les conditions de sa victoire

    L’ironie du moment tient dans cette posture schizophrénique : dénoncer la dangerosité du RN tout en contribuant à créer les conditions de sa prochaine victoire. Le parti prospère d’autant plus facilement outre-mer qu’il bénéficie d’un désenchantement profond et d’une indifférence croissante à l’égard de son idéologie d’extrême droite. Les critiques de son discours xénophobe ou de l’incohérence de son programme ne suffisent plus : Marine Le Pen incarne la promesse confuse d’un « grand dégagisme » qui séduit au-delà des appartenances partisanes.

    Outre-mer : une progression devenue tendance lourde

    La progression du RN dans les territoires ultramarins est récente mais significative. En Guadeloupe, en Martinique et plus encore à La Réunion, les derniers scrutins ont révélé une dynamique : l’électorat des classes populaires, des zones rurales et des territoires marginalisés bascule vers un vote populiste et protestataire. Dans des sociétés où la défiance s’est enracinée, le bulletin RN devient un cri : celui des « oubliés » pris entre une élite perçue comme distante et des politiques publiques jugées impuissantes.

    Le terreau : moins idéologique que social

    Le moteur n’est pas d’abord doctrinal, il est social : sentiment de déclassement, impuissance face à la vie chère, désillusion d’une départementalisation vécue comme promesse non tenue, peur d’un avenir sans ascenseur social. À cela s’ajoute une inquiétude diffuse : un modèle social ultramarin très dépendant des transferts nationaux, alors même que la soutenabilité budgétaire se dégrade. Cette angoisse du lendemain nourrit une panique politique que le RN exploite avec méthode.

    Un vote à très hauts risques

    La responsabilité de ces députés socialistes d’outre-mer est donc immense. Leur vote ne se réduit pas à l’opposition à une politique jugée injuste : il peut accélérer une crise démocratique où le désenchantement devient le moteur du vote extrême. En voulant sanctionner un exécutif impopulaire, ils risquent d’ouvrir un boulevard à une dissolution qui profiterait d’abord au RN — paradoxe terrible pour des élus qui se disent défenseurs des valeurs républicaines.

    Au-delà des élus : la demande d’efficacité

    La montée du RN ne s’explique pas seulement par les fautes des responsables politiques. Elle traduit une aspiration plus profonde : que la politique redevienne efficace et tangible. Les citoyens d’outre-mer constatent la répétition des plans, rapports et dispositifs, sans amélioration sensible du quotidien : chômage massif, exil des jeunes, dépendance économique, insécurité, arbitrages budgétaires serrés. D’où la tentation de l’alternance à tout prix.

    Le pari Le Pen/Bardella face à un ascenseur social en panne

    Les élus minimisent la nouvelle popularité de Marine Le Pen et Jordan Bardella outre-mer à leurs risques et périls. L’ascenseur social est perçu comme bloqué ; la frustration se traduit par un désir d’alternance. Pourquoi des élus « de la nation » facilitent-ils la marche du RN ? Par démagogie ou par calcul, cette stratégie sert objectivement ses intérêts. En Martinique comme en Guadeloupe, une vague de fond pourrait s’amplifier lors des prochaines élections.

    L’ombre portée de l’austérité

    La prochaine majorité — quelle qu’elle soit — héritera de marges budgétaires réduites. Les programmes en lice coûtent cher et sont souvent sous-financés ; les déficits et la dette imposeront des choix difficiles. L’austérité, si elle s’impose, frappera d’abord les régions d’outre-mer. Faire tomber le gouvernement sans alternative crédible, c’est préparer une déception plus grande encore.

    Une nouvelle ligne de fracture

    La vieille grille droite/gauche ne suffit plus à lire le scrutin en outre-mer. Une autre ligne s’impose : d’un côté, des électeurs en colère ; de l’autre, à droite comme à gauche, des responsables tentés par la démagogie et la critique systématique d’Emmanuel Macron. Ignorer ce clivage, c’est mal diagnostiquer la suite.

    Sortir de la schizophrénie politique

    Les citoyens d’outre-mer demandent une chose simple : que la politique ne recule plus. Elle a trop reculé depuis près d’une décennie. L’attitude de députés prêts à faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu au profit d’une dissolution réclamée par les extrêmes entretient une schizophrénie faite de clientélisme, de démagogie, d’irresponsabilité et d’incantation identitaire. Il est temps de rompre avec ce jeu dangereux.

    Jean-Marie Nol, économiste et juriste en droit public.

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