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Le plus grand atout des Caraïbes, c’est son talent. Il est temps d’arrêter de le gaspiller.
Ils quittent les Caraïbes pour une raison bien précise. Non par manque d’amour pour leur pays d’origine, mais pour s’épanouir. Ils veulent apprendre, découvrir, devenir. Ils acquièrent des diplômes, des compétences, un réseau et une expérience reconnus internationalement. Ils font leurs preuves dans des systèmes étrangers qui ne reconnaissent pas leur véritable valeur. Car, au final, il n’existe qu’un seul endroit où tout ce qu’ils ont appris compte plus qu’ailleurs : chez eux.
Ici, leur talent peut s’épanouir pleinement, insuffler le changement et faire émerger de nouvelles idées. Les Caraïbes ont besoin de leur retour dès maintenant, afin qu’ils puissent bâtir ce qui est impossible ailleurs, mettre à profit leur expérience et créer des opportunités pour eux-mêmes, leurs familles et leur île. Ils peuvent enfin devenir ce qu’ils aspiraient à être. Ils peuvent développer ce dont ils rêvaient autrefois. Le monde les a préparés ; les Caraïbes attendent leur impact non pas un jour, mais dès aujourd’hui.
Les Caraïbes produisent des talents de calibre mondial, mais les exportent gratuitement. La région ne manque pas de talents. Ce sont les systèmes qui leur font défaut pour les faire éclore qui font défaut. Le problème ne réside pas dans les étudiants, mais peut-être dans les programmes d’études. Un tel changement pourrait non seulement transformer leur vie, mais aussi l’avenir des Caraïbes. La région se trouve à un tournant décisif : un nouveau type d’établissement d’enseignement supérieur pourrait attirer les talents locaux, les membres de la diaspora de retour au pays et les étudiants internationaux en quête d’une expérience unique.
La région a besoin de systèmes à la hauteur du talent et du potentiel de ses enfants. Les Caraïbes ne manquent pas de génies. Ce qui leur fait défaut, c’est un environnement propice à leur épanouissement et à leur développement. La région a besoin d’une approche radicalement différente, qui comble les lacunes des institutions existantes. Face à l’accélération des mutations mondiales, des institutions plus fortes et plus innovantes sont indispensables – peut-être un Institut pancaribéen des sciences appliquées et de l’innovation pour répondre à ces besoins cruciaux.
Les nations qui investissent dans la recherche connaissent une croissance trois fois plus rapide que les autres. Les Caraïbes devraient créer des instituts et des laboratoires de recherche et développement (R&D). Stratégiquement importante, la région des Caraïbes est pourtant la moins bien lotie en matière de recherche et d’innovation. La création d’instituts de R&D est essentielle pour stimuler la transformation et la prospérité. Il ne s’agit pas d’un luxe, mais d’une stratégie de survie régionale et d’une importance mondiale. Ce n’est pas seulement une question de science ; c’est l’arme qui façonnera le destin de la région.
La fuite des cerveaux est un problème majeur pour la région, entraînant une perte de talents et de leaders. Au lieu d’envoyer ses esprits les plus brillants à l’étranger, la région devrait se concentrer sur le développement de la recherche. Le prochain secteur caribéen à générer des milliards de dollars n’est pas le tourisme, mais la recherche. Avec des laboratoires adéquats, les talents locaux de la région pourraient avoir un impact mondial.
Les instituts de recherche et développement aident les industries locales à innover, permettant aux régions de passer de l’importation de solutions à la création de leurs propres solutions. La mise en place de ces centres encourage l’implication de la diaspora et réduit la dépendance au tourisme en diversifiant l’économie. Il s’agit peut-être de la mesure la plus transformatrice jamais prise.
La recherche et le développement constituent un centre de profit, stimulant le développement technologique des Caraïbes, attirant des partenaires internationaux et créant des emplois qualifiés. Ils peuvent réduire la vulnérabilité ; chaque saison des ouragans coûte des milliards, mais la recherche pourrait réduire les pertes de moitié. Dépendre des importations retarde souvent l’innovation locale et ne permet pas de répondre aux besoins spécifiques des îles.
Nombre d’étudiants partis étudier à l’étranger ne reviennent pas, non seulement pour trouver un meilleur emploi ou un salaire plus élevé, mais aussi parce que leur région d’origine manque souvent d’industries, d’offres d’emploi ou d’environnements de recherche dans leurs domaines. Ils restent là où leurs compétences sont valorisées, avec des industries plus dynamiques, des financements plus importants, des technologies de pointe et des réseaux de soutien. Les universités étrangères offrent de meilleures technologies, des réseaux plus étendus et une culture de recherche plus développée. Cette région ne dispose pas des laboratoires ni des centres de R&D que l’on trouve à l’étranger.
Il faut également tenir compte de l’intégration sociale à l’étranger. Pendant plusieurs années d’études, les étudiants tissent des amitiés et créent des liens. Le retour peut s’avérer difficile sur le plan émotionnel et social.
Les étudiants qui poursuivent des études à l’étranger sont encouragés à rentrer chez eux non seulement par obligation, mais aussi pour y jouer un rôle de premier plan. Leur décision de rentrer devrait être motivée par leur motivation et leur ambition. Il est donc essentiel de rendre le retour attractif et d’offrir aux diplômés des opportunités intéressantes et irrésistibles qui les inciteront à contribuer dès leur retour.
Le message qu’ils reçoivent est clair : « Vous quittez les Caraïbes pour étudier ; vous ne partez pas parce que vous n’aimez plus votre chez-vous. Vous partez parce que vous voulez évoluer. Votre île a besoin de ce que le monde vous enseigne et pour quoi il vous prépare. Elle a besoin de votre retour, car vous pouvez y construire ce que vous seul pouvez construire, et il se peut que ce soit quelque chose que vous ne pourriez jamais construire ailleurs. Une fois que vous aurez mûri, acquis des compétences, un réseau et une expérience dont la plupart des gens ne font que rêver, il existe un endroit où ces atouts comptent plus que partout ailleurs sur Terre : chez vous. »




