Le Premier ministre André Ebanks a déclaré qu’une « voie express » permettant aux entreprises en règle d’obtenir un traitement plus rapide de leurs permis de travail était à l’étude dans le cadre de la refonte du système d’immigration par le gouvernement.
Le Premier ministre a reconnu que la mise en œuvre intégrale de la nouvelle loi sur la protection des îles Caïmans, adoptée à la fin de l’année dernière, pourrait s’étendre au-delà de la date butoir du 1er mars, certains éléments entrant en vigueur plus tôt que d’autres.
Il a indiqué que le gouvernement entendait diffuser prochainement, pour consultation publique, le règlement d’application qui précise les modalités d’application de la loi.
« Si l’appel a été lancé à la mobilisation de la communauté, alors il faut que cela ait un sens concret. Il faut donner la parole aux gens et recueillir leurs commentaires », a-t-il déclaré dans une longue interview accordée au Cayman Compass.
Ebanks a déclaré que le gouvernement de coalition prenait en compte les commentaires du monde des affaires, notamment en ce qui concerne les retards dans le traitement des demandes de permis de travail pour des postes pour lesquels il n’existe pas de Caymaniens qualifiés.
– Publicité –
Il a décrit cette législation comme une mise à jour attendue depuis longtemps des lois sur l’immigration qui n’avaient pas connu de réforme majeure depuis plus d’une décennie et a déclaré qu’elle devait être considérée comme une opportunité non seulement de renforcer la protection des travailleurs caymanais, mais aussi de moderniser et d’améliorer l’efficacité du système.
Parmi les idées débattues figure le concept d’un système d’accréditation « drapeau vert » pour les entreprises qui font preuve d’une conformité rigoureuse et d’un engagement à embaucher et à former des Caymaniens.
« Peut-on scinder le département en sous-équipes correspondant aux différents secteurs d’activité, afin qu’elles connaissent et comprennent réellement les besoins spécifiques des services financiers, du tourisme, du commerce, de la construction et du développement ? » a déclaré Ebanks.
« Pourrions-nous alors proposer un système d’accréditation, dont on parle depuis des lustres, afin de reconnaître nos bons acteurs ? Donnons-leur un accès prioritaire. »
Il a indiqué que des entreprises avaient fait savoir au gouvernement qu’elles seraient disposées à payer des frais plus élevés pour un traitement plus rapide, à condition d’être de bonnes entreprises citoyennes et d’employer une forte proportion de Caymaniens.
« D’un autre côté, ceux qui ne sont pas très bons ne devraient pas emprunter la voie rapide, n’est-ce pas ? » a-t-il déclaré.
« Il faudrait les encourager à faire davantage pour ramener des emplois chez eux… créer des opportunités pour les Caymaniens. »
« Même si vous n’êtes pas encore au seuil où votre personnel est majoritairement caymanien, mais que vous avez identifié des postes, que vous voyez émerger des talents, que vous les recrutez et que vous pouvez démontrer le vivier de caymaniens qui occuperont ces postes, vous pouvez alors accélérer votre développement et emprunter la voie rapide. »
Ebanks a indiqué que certaines dispositions de la nouvelle loi entreraient en vigueur le mois prochain, tandis que d’autres pourraient être mises en œuvre progressivement ultérieurement.
« Même si cela prend un peu plus de temps que le mois de mars, je préfère cela plutôt que de gâcher l’occasion de repenser le système pour le bien de tout le pays », a-t-il déclaré.
Il s’agit de l’un des reportages tirés d’une longue entrevue avec le Premier ministre André Ebanks et Compass Media le 5 février.