Haute Cour de Kingstown a entamé l’examen des recours électoraux contestant l’éligibilité du Premier ministre, le Dr Godwin Friday, et du ministre des Affaires étrangères, Dwight Fitzgerald Bramble. Déposée par les candidats du Parti travailliste unifié (ULP), Carlos Williams et Luke Browne, la requête soulève la question de savoir si la double nationalité vincentienne et canadienne des deux hommes les empêche d’exercer des fonctions parlementaires en vertu de l’article 26 de la Constitution de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Friday et Bramble ont tous deux remporté les élections générales de novembre 2025, représentant respectivement East Kingstown et les Grenadines du Nord. Les requérants soutiennent que leur citoyenneté canadienne constitue une « reconnaissance d’allégeance » à une puissance étrangère, ce que la Constitution interdit aux représentants élus.
À sa sortie du palais de justice après l’audience de gestion de l’affaire de jeudi, le Dr Friday a lancé, sur un ton léger : « Quelle belle journée ! Regardez ce soleil ! », avant de renvoyer les questions à son équipe juridique. L’avocat principal du gouvernement, Anand Ramlogan SC, de Trinité-et-Tobago, a qualifié la procédure d’ « expérience intéressante, voire amusante ». Il s’est dit confiant quant à la position du gouvernement, soulignant le « mandat massif » dont bénéficie le Premier ministre auprès des électeurs.
Les requérants sont représentés par Stewart Richard Young SC, Al Elliott et Carlos James, tandis que l’équipe de la défense des intimés comprend Ramlogan ainsi que des avocats de Trinité-et-Tobago et d’Angleterre. La juge Gertel Thom préside l’affaire.
Le calendrier de la procédure prévoit plusieurs échéances importantes. Les défendeurs doivent divulguer leurs déclarations électorales avant le 12 mars 2026. Les demandeurs sont ensuite tenus de produire des éléments de preuve supplémentaires avant le 27 mars 2026, après quoi les défendeurs doivent soumettre leurs réponses avant le 11 mai 2026. Une nouvelle audience de gestion de l’instance est prévue le 19 mai 2026. Le procès se tiendra les 28, 29 et 30 juillet 2026 devant la juge Gertel Thom.
L’enjeu est de savoir si la Cour confirmera les résultats de l’élection ou statuera que la double nationalité constitue un motif d’allégeance disqualifiant au regard du droit constitutionnel.
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