Et de 7. L’Acise a ouvert, lundi dans le bourg du Robert, sa nouvelle boutique de textile de seconde main. La grande friperie de la rue du père Labat est la septième du réseau qui émaille déjà le territoire.
Robe à sequin, pantalon à rayures et chemisier. C’était la grande braderie au Robert. Dans la rue du père Labat, derrière la mairie, il y a de l’affluence dans la boutique. Une boutique de vêtements pas comme les autres. Il s’agit d’une friperie solidaire. Pour son jour d’ouverture, les clients ont répondu présent. Parmi eux, Larissa est affairée à un portant. Les réseaux sociaux ont mis la puce à l’oreille de la jeune Foyalaise. « Je suis la grande friperie sur Instagram et j’ai vu qu’ils annonçaient l’ouverture d’une nouvelle boutique au Robert. Pour tous les budgets, les friperies sont adaptées. On trouve toujours des pépites. La seconde main c’est un bon moyen de faire du shopping. » La mère de famille trouvera son bonheur dans le rayon carnaval pour son fils. La grande friperie est une enseigne que l’on retrouve déjà dans plusieurs communes de l’île à Fort-de-France, Rivière-Salée, Rivière-Pilote, le François et Sainte-Marie.
Accessibles pour les petites bourses
Un peu plus loin, dans le fond du magasin, la très coquette Laure, une cliente déjà séduite par le concept des magasins de seconde main bon pour le porte-monnaie. « On n’a pas toujours le budget pour s’acheter des vêtements. C’est accessible pour les plus petites bourses. Je n’hésite pas à aller en friperie parce qu’on trouve de belles choses. Je n’aime pas dépenser énormément pour la mode alors qu’on peut faire des jolies choses avec des affaires recyclées. J’aime me faire jolie mais de façon peu chère », rit-elle.

Doucement mais sûrement, la fripe est en train de conquérir les terres martiniquaises. Et l’Acise insertion environnement ne manque pas la marche. Elle est à l’initiative et aux manettes du réseau de la Grande friperie. Il s’agit pour l’Acise de proposer des possibilités d’achats solidaires de proximité. Pour favoriser son développement, la structure est passée de 170 à 230 bornes de collectes. « Nous visons particulièrement les personnes qui ont une consommation consciente et/ou celle qui sont dans le besoin », explique Christelle Blacodon, chargée de communication pour l’Acise.
S’éveiller à l’achat conscient
Les magasins textiles de seconde main s’ouvrent au grand public. « Il y a des gens qui ont des problèmes financiers qui pourront trouver leur bonheur. Il y a aussi ce qu’on appelle les nouveaux pauvres. Ce sont des personnes qui travaillent, qui ont une voiture, un loyer mais qui ont du mal à se vêtir. Il y a une troisième situation, ce sont des personnes qui veulent agir en conscience et ne veulent plus se laisser happer par la force du marketing. » Consommer seconde main, c’est consommer responsable. « Cet éveil à l’achat conscient est en train petit à petit envahit les Martiniquais. Ce n’est pas qu’une question de finance. J’adopte mon vêtement. » « Nous croyons qu’au-delà de ces idées reçues, il y a la possibilité de faire vivre encore ce que d’autres ont appelé déchet. Nous croyons qu’il y a une deuxième pour ces vêtements. »
Dans l’Hexagone, la fast-fashion est venue comme un grain de sable dans les rouages du recyclage de la seconde. Submergées d’articles à bas coûts, les associations responsables des collectes avaient suspendu leur action, incapables de gérer un tel afflux de vêtements inexploitables. Une situation qui n’a pas encore d’écho en Martinique. « Nous ne sommes pas encore envahis parce qu’il y a cette problématique de douane qui freine l’arrivée de ces textiles. » Les afflux dans les bornes sont des pics saisonniers. « Chaque fin d’année scolaire, les Martiniquais font un grand nettoyage et se débarrassent des textiles dont ils ne veulent plus. On sait déjà que juin/juillet, il y aura des afflux. »
Laurianne Nomel




