Sébastien Lecornu n’a pas été nommé pour bricoler. Sa mission n’est pas de survivre quelques mois dans un Parlement fracturé, mais de redonner une voix à la majorité silencieuse, celle qui se sent invisible, abandonnée, et dont les inquiétudes sont connues : retraites, dette, vie chère, réindustrialisation, avenir des outre-mer.
Sur les retraites, il ne s’agit plus de rejouer la bataille perdue d’hier, mais d’assurer un système stable, lisible et financé, quitte à dire la vérité sur la démographie et les sacrifices nécessaires. Sur la dette, il faut rompre avec la fuite en avant : des réformes profondes sont indispensables si l’on veut préserver demain la santé, l’école et la sécurité. Sur la vie chère, notamment dans les outre-mer, c’est un choix politique : briser les rentes, ouvrir la concurrence, protéger le pouvoir d’achat au lieu de se réfugier dans des primes ponctuelles.
La réindustrialisation de la France, elle, ne peut rester un slogan : il faut du courage pour alléger les normes, soutenir l’innovation, rapatrier les productions stratégiques. Enfin, pour la Martinique, la Guadeloupe et l’ensemble des territoires ultramarins, Lecornu doit assumer que l’assistanat par transferts sociaux ne peut remplacer une véritable stratégie de développement.
La « ligne claire » attendue n’est pas une posture, c’est une cohérence. Le succès est incertain, mais l’autre choix — la tambouille et les compromis stériles — mènerait au désastre. Faute d’incarner ce cap, la majorité silencieuse parlera, et elle le fera dans les urnes.
Gerard Dorwling-Carter




