Close Menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    Les Koudmen, les institutions et l’architecture de la dignité – Une réflexion sur l’héritage civique de la Dominique et notre prise de conscience actuelle

    février 27, 2026

    Quand George Washington a déménagé à la Barbade

    février 27, 2026

    Une protestation contre la diffamation de l’image de la Chine

    février 27, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Édito de Henri PIED
      • Ecologie / Environnement
      • Art/Culture
      • Caraïbe
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Patrimoine
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Tribunes
    • Newsletter 
    • Publicité
    • Contact
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Les Koudmen, les institutions et l’architecture de la dignité – Une réflexion sur l’héritage civique de la Dominique et notre prise de conscience actuelle
    Caraïbe

    Les Koudmen, les institutions et l’architecture de la dignité – Une réflexion sur l’héritage civique de la Dominique et notre prise de conscience actuelle

    février 27, 2026Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp

    Dominica news

    Gabriel J. Christian, avocat, guidé et inspiré par la méditation du chirurgien ORL Dr Irving « Eipigh » Pascal –
    Avertissement : Les opinions et affirmations exprimées dans cet article sont uniquement celles de l’auteur et ne représentent pas les opinions de Duravision Inc., de Dominica News Online ou de l’une de ses marques filiales.
    Le Dr Irving Pascal est un véritable enfant de la nature, bien plus qu’un simple Dominicain. Se dire Dominicain peut être n’importe qui possédant un passeport ou né en Dominique. La Dominique est une construction juridique, membre du Commonwealth et des Nations Unies. L’Île de la Nature est un bastion culturel, une conscience forgée par la lutte pour la liberté et un engagement envers le Koudmen et une éthique collaborative qui comprend, respecte et préserve les richesses naturelles de notre île pour le bien de ses habitants et des générations futures.
    Un insulaire de la nature est une personne née sur notre île, ou qui a embrassé notre culture du Koudmen, le respect de la nature et l’amour de notre culture éprise de liberté, en harmonie avec la nature. Cette réflexion est née d’une discussion avec le Dr Pascal, avec qui j’ai passé de nombreux jours dans les années 1970, au cœur de la ferme d’élevage du gouvernement de la Dominique, située au-dessus de notre maison de Didier Lane. C’était une époque d’éveil naturaliste, germée par la lutte pour l’indépendance et la philosophie rastafarienne. Nous avons grandi au milieu de la splendeur naturelle d’une ferme d’élevage aujourd’hui disparue. Un lieu où de luxuriants corossoliers, cèdres de la gloire et manguiers servaient de brise-vent aux prairies de luzerne et autres graminées bénéfiques, semées pour nourrir les troupeaux de vaches Holstein et zébu – dont le lait alimentait les machines à traire électriques de la laiterie bien entretenue. Une ferme où un étang poissonneux regorgeant de tilapias laissait place à de petits ruisseaux où nageaient des guppys et d’autres espèces marines qui ont façonné notre Île de la Nature et ont fait naître en nous un amour indéfectible pour notre île et ses habitants.
    Le cadre institutionnel de Koudmen
    Nous sommes les héritiers d’institutions – certaines formelles, d’autres organiques, certaines nées de la résistance, d’autres de la discipline – qui, ensemble, ont façonné le tissu moral de la Dominique. Des jardins botaniques de la Dominique au Département des travaux publics, des coopératives de crédit aux cours villageoises et aux pêcheries côtières, notre patrimoine ne se limite pas aux bâtiments ou aux règlements, mais repose sur des valeurs de coopération, de modération, de travail partagé et de respect mutuel.
    Bien avant l’émancipation, les Africains réduits en esclavage à la Dominique ont forgé des systèmes de survie et de résistance qui transcendaient l’esclavage. Dans l’immensité montagneuse de l’île, au sein des communautés marronnes qui refusaient la captivité, le système Koudmen a émergé comme une technologie sociale organique : travail collectif, nourriture partagée, risques partagés, récompenses partagées.
    Ce n’était pas de la charité, c’était la dignité en action. Cela a permis aux gens de cultiver, de récolter, de construire et de survivre dans une économie coloniale hostile qui ne leur offrait aucune clémence. Après l’émancipation, le koudmen n’a pas disparu ; il a évolué. Il est passé des clairières forestières aux villages libres, de la résistance à la subsistance, de la survie à la construction communautaire.
    Dans des endroits comme Saint-Joseph, les Koudmen vivaient au rythme quotidien de la cour. Notre mère, Alberta Christian, née John Baptiste (1929-2025), nous évoquait le rythme solidaire de la cour où elle a grandi dans les années 1930 et 1940. Cette cour, cet espace entre Ma Pwecess et M. Marsden, près des vagues écumantes de la mer des Caraïbes qui léchaient le rivage de galets, n’était pas simplement un terrain ; c’était un bien commun. Quand le premier feu était allumé à l’aube dans les années 1930, il appartenait à tous. Les voisins partageaient les braises sans cérémonie ni calcul. Quand on abattait un cochon, la viande était fumée ensemble et partagée en toute confiance. Quand les pêcheurs jetaient un filet, on lançait un appel à l’aide, non pas pour un salaire, mais pour des bras. Ceux qui aidaient à remonter le filet recevaient du poisson ; d’autres l’achetaient avec des rires, des plaisanteries et une familiarité amicale. C’était une économie de l’appartenance, non de l’exploitation.
    Ces villages côtiers, où régnait une forte solidarité, ont vu naître des gens qui se connaissaient, dépendaient les uns des autres et étaient responsables les uns envers les autres. C’était une culture qui décourageait les excès et condamnait l’isolement. Il était difficile de sombrer dans le désespoir, la délinquance ou la déchéance quand vos voisins connaissaient vos parents, partageaient votre nourriture et attendaient votre contribution.
    Cette éthique de coopération s’étendait naturellement aux institutions civiques formelles. Cela était particulièrement visible au sein du mouvement coopératif, notamment à la Caisse populaire de Roseau, dont les assemblées générales annuelles remplissaient la salle Saint-Gérard de centaines de citoyens. Animées en partie par la sœur Alicia de Tremerie, religieuse catholique romaine pionnière, et aux côtés de personnalités locales comme M. Elwin, Geoff Robinson et d’autres, ces réunions étaient de véritables démonstrations de démocratie participative et d’éducation financière. Les comptes de résultat et les bilans n’étaient pas des abstractions ; ils faisaient partie intégrante de la vie de la communauté.
    Les enfants étaient présents avec leurs parents – Wendell et Alberta Christian, et tant d’autres – écoutant, apprenant, riant parfois, mais prenant conscience de la gravité de la responsabilité collective. Nous attendions patiemment la fin des réunions, impatients de déguster les rafraîchissements annoncés par haut-parleur depuis l’arrière d’une Volkswagen traversant Roseau : les affaires de la caisse populaire seraient abordées – et, bien sûr, des rafraîchissements seraient servis.
    Ces rafraîchissements étaient à eux seuls une leçon de fierté locale et d’abondance agricole. Outre le fromage Tip-Top écrasé avec de la mayonnaise et de la moutarde sur du pain de la boulangerie Eric, et le pâté de viande poivré, il y avait les boissons – mémorables, raffinées et entièrement issues du terroir dominiquais. Nous avons dégusté le L. Rose Lime Juice Cordial, une superbe boisson locale aujourd’hui disparue de l’île, dont l’élégance pointue témoignait d’un savoir-faire et d’une sobriété remarquables. Il y avait des seaux de jus de citron vert, délicatement équilibré par du sucre brun raffiné, relevé d’une touche d’essence de vanille et d’un soupçon d’Angostura Bitters – une sophistication qui reflétait un savoir-faire ancestral plutôt que de l’excès. Et il y avait des seaux de jus de pamplemousse fraîchement préparé, acidulé et vivifiant, généreusement servi dans des verres que beaucoup d’entre nous avaient apportés de chez eux. Les employées de la coopérative de crédit – souvent des femmes charmantes – nous ont servis avec chaleur et familiarité, et nous, les enfants, nous sommes repartis avec plaisir. C’est la productivité de notre bienheureuse Dominique qui, littéralement, nous nourrissait, renforçant ainsi la leçon tacite qu’un peuple capable de se nourrir peut aussi se gouverner.
    Nous buvions du Ju-C, du Coca-Cola et du 7-Up, tous embouteillés sur l’île, car la Dominique possédait autrefois des usines, une fierté de production et une grande confiance en son propre pouvoir. Nous avons visité ces usines lorsque nous étions écoliers à l’école primaire mixte de Roseau, au lycée de Dominique et à l’académie Sainte-Marie. Nous avons appris que le travail avait de l’importance, que la production conférait de la dignité et que l’autonomie n’était pas un slogan, mais une réalité.
    Notre formation intellectuelle s’est appuyée sur la même éthique de coopération. Conseils d’élèves, clubs et journaux – le Dominica Grammar School Clarion et le St. Mary’s Academy Marian Messenger – nous ont initiés à la pensée collective. Nous tapions à l’ordinateur, corrigions, découpions des pochoirs, débattions d’idées et apprenions le respect par le travail intellectuel partagé. Ces institutions, empreintes de discipline et non de complaisance, ont forgé des habitudes de pensée essentielles à la citoyenneté.
    Et dominant tout cela, discrètement, majestueusement, se dressaient les jardins botaniques de la Dominique. Le dimanche, vêtus de nos plus beaux habits, nous flânions sur leurs pelouses impeccables, admirant les plantes venues du monde entier grâce au réseau botanique international dont les jardins botaniques royaux de Kew sont le pilier, en collaboration avec leur filiale : les jardins botaniques de la Dominique. Ces jardins n’étaient pas de simples lieux d’ornement ; ils étaient aussi essentiels. Ils favorisaient la diffusion des connaissances agricoles, la sécurité alimentaire et l’exportation des excédents – agrumes, bananes, tubercules – vers la Martinique, la Guadeloupe, les îles Vierges britanniques et la Barbade grâce aux formidables réseaux de nos commerçantes, dont beaucoup étaient également marchandes ambulantes.
    Les jardins botaniques et le service forestier de la Dominique ont également inculqué à notre génération l’amour de la nature. Cet amour est né d’une éducation spécifique, cultivée dans les jardins scolaires, la société agricole locale, lors de promenades dominicales au cœur de la splendeur naturelle des jardins botaniques de la Dominique, si bien entretenus, et grâce à un gouvernement engagé dans la conservation. Ainsi, le concept d’« île nature » ​​était une culture profondément ancrée dans une démarche délibérée, et non un simple slogan touristique vide de sens.
    Aujourd’hui, Nasio Fontaine, Athie Martin, Jerry Brisbane, le Dr Irving Pascal, le Dr Dale Dangleben, le Dr Thomson Fontaine et bien d’autres s’élèvent contre la destruction de notre environnement naturel à Deux Branches et sur toute l’île. Ils prennent la parole car ils ont été nourris par l’éducation Koudmen, qui repose essentiellement sur une éthique de conservation. Préservons la terre car elle nous nourrit. Préservons l’eau car elle étanche notre soif.
    Préservons la pureté de l’air, car il est source de vie. Le koudmen et la conservation sont donc indissociables, et l’Île Nature dont nous parlons ne peut survivre si nous détruisons cette institution culturelle qu’est l’amour de notre île. Il est évident que ceux qui ont dévalorisé notre identité nationale et éloigné notre peuple du koudmen et de la conservation ne comprennent même pas ce que signifie être un habitant de l’Île Nature. Un habitant de l’Île Nature aime nos rivières, nos forêts. Il respecte le peuple et célèbre les dons de la nature que Dieu nous a prodigués et que les égarés détruisent dans leur course folle et ignorante pour faire de la Dominique un autre Dubaï.
    La Dominique a échappé aux pires ravages écologiques de l’économie sucrière esclavagiste qui ont marqué tant d’îles des Caraïbes. Nos forêts, nos rivières et nos montagnes ont résisté, protégées certes par la géographie, mais aussi par une gouvernance rigoureuse, un service forestier efficace et le respect du droit environnemental. Ces institutions nous ont permis de prospérer là où d’autres ont été dépouillés de tout.
    La plupart des parents qui ont bâti et perpétué cette culture nous ont quittés. Nous avons perdu notre chère mère, Alberta Christian, le 4 février 2025, et notre père en 2011. Leur génération entre dans l’histoire. Nous sommes le petit nombre, ceux qui ont vu, entendu, goûté et appris. Et cette bénédiction s’accompagne de responsabilités.
    Aujourd’hui, notre héritage est menacé. La citoyenneté est bafouée. On s’accapare les profits. Une nouvelle forme d’esclavage nous guette : sans chaînes, certes, mais avec des passeports à vendre, une loi pervertie par opportunisme et une élite de nouveaux riches promue à la tête de la communauté locale, alors qu’elle ne répond qu’à des blanchisseurs d’argent étrangers qui ignorent tout du peuple éclairé de la Dominique. L’agriculture est négligée. L’industrie est vidée de sa substance. Les hôtels sont à moitié vides, fruits non pas d’un développement organique, mais de trafics de passeports, souvent orchestrés par des individus mystérieux ou des proches du pouvoir.
    Cet essai s’appuie sur des faits avérés. Le 19 juillet 2023, le Royaume-Uni a supprimé l’exemption de visa pour la Dominique. Le 16 décembre 2025, la Maison Blanche a annoncé des sanctions de voyage contre la Dominique. La Norvège a imposé un contrôle strict aux détenteurs de passeports dominicains. Le Canada avait déjà sanctionné la Dominique en 1999-2000, sous le régime du Programme des travailleurs sans visa (PTS), pour ce même trafic de passeports illégal ; or, le régime actuel persiste avec une vigueur lâche.
    Le 17 décembre 2025, au lendemain de l’entrée en vigueur du décret américain interdisant l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de certains pays, nos téléphones n’ont pas cessé de sonner. Pendant des décennies, nous avions envoyé des touristes en Dominique, promu notre peuple, défendu notre culture et préservé notre réputation. À présent, nous constations avec consternation que nos alliés traditionnels – les États-Unis, le Canada et l’Europe – condamnaient la situation honteuse dans laquelle nous avait plongés une mauvaise gouvernance : l’érosion de l’ordre public, l’abandon du principe « l’honnêteté est la meilleure des politiques » et la dure réalité de l’adage « qui se ressemble s’assemble », leçons que nous avions apprises très tôt grâce au Guide de l’étudiant.
    Nous nous sommes dangereusement habitués au crime et au meurtre. Nous avons renié les valeurs sacrées de la communauté, de la foi, de la fierté nationale, de la bonne conduite, de la frugalité, de la vie paisible, de l’entraide et du respect de la loi – ces valeurs qui, autrefois, distinguaient les Dominicains et les habitants des îles de la nature à travers les Caraïbes comme des personnes honorables et dignes de confiance.
    Il nous appartient désormais, à nous qui restons, de tenir bon. D’écrire. D’enseigner. De nous organiser. De défendre la dignité du service noble et du respect des lois dans l’intérêt public. De préserver ce que notre culture a de meilleur, sous peine de périr dans l’indignité d’un peuple qui a oublié son identité.
    Ne trahissons jamais la Dominique qui nous a élevés.
    Défendons-la contre la tyrannie de la ruine.

    Share this:

    • Facebook
    • X

    Articles similaires

    ARTICLES SEMBLABLES

    Quand George Washington a déménagé à la Barbade

    février 27, 2026

    Une protestation contre la diffamation de l’image de la Chine

    février 27, 2026

    La Dominique signe un contrat de 2,1 millions de dollars pour la modernisation intelligente du centre de santé Wesley.

    février 27, 2026
    Ajouter un commentaire
    ECRIVEZ UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Les Koudmen, les institutions et l’architecture de la dignité – Une réflexion sur l’héritage civique de la Dominique et notre prise de conscience actuelle

    Caraïbe février 27, 2026

    Dominica news Gabriel J. Christian, avocat, guidé et inspiré par la méditation du chirurgien ORL…

    Share this:

    • Facebook
    • X

    Quand George Washington a déménagé à la Barbade

    février 27, 2026

    Une protestation contre la diffamation de l’image de la Chine

    février 27, 2026

    La Dominique signe un contrat de 2,1 millions de dollars pour la modernisation intelligente du centre de santé Wesley.

    février 27, 2026
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE !
    Cliquez pour vous inscrire !
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACTEZ-NOUS
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • CONSULTEZ LES ANNONCES LÉGALES

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.