La crise du logement est redevenue un fait social majeur. En France comme en Europe, l’accès à un logement décent, à un coût compatible avec les revenus, se dégrade sous l’effet combiné de la hausse des prix immobiliers, du ralentissement des revenus et de la contraction des marges budgétaires publiques. La note publiée le 22 janvier 2026 par le groupe Logement de Terra Nova propose un réexamen salutaire des objectifs et des outils de la politique du logement. Encore faut-il interroger sa traduction concrète dans les territoires ultramarins, et en particulier en Martinique.
UN OBJECTIF SIMPLE, MAIS TROP SOUVENT PERDU DE VUE
Terra Nova rappelle un principe fondamental : la politique du logement doit permettre au plus grand nombre de ménages de se loger décemment, à un coût supportable. Cet objectif suppose de sortir d’une accumulation de dispositifs hérités des années 1970, conçus dans un contexte de croissance soutenue aujourd’hui révolu.
La crise actuelle est structurelle : déséquilibre durable entre l’offre et la demande, ségrégation spatiale, engorgement du logement social et montée de l’hébergement d’urgence. À cela s’ajoute désormais une contrainte incontournable : la raréfaction de l’argent public.
CE QU’IL FAUT CESSER DE PROMETTRE
La mobilisation massive des logements vacants relève souvent du mirage. La vacance durable est liée à la localisation, à l’obsolescence ou à la déprise. La transformation de bureaux en logements ne peut constituer qu’un appoint. La remise en cause des aides personnelles au logement fragiliserait directement les ménages modestes. Le fil conducteur est clair : pragmatisme, évaluation et hiérarchisation.
CINQ PRIORITES POUR L’HEXAGONE
Terra Nova identifie cinq axes structurants : consolider le modèle HLM, réformer Action Logement, diversifier l’offre locative privée, repenser la transition énergétique et recentrer l’aide à l’accession à la propriété.
LA MARTINIQUE : UN AUTRE TERRAIN, D’AUTRES URGENCES
Appliquer ces principes à la Martinique suppose un changement de méthode. Le territoire cumule vacance élevée, pression persistante sur le logement social, coûts de construction élevés et exposition forte aux risques climatiques.
Ici, produire plus ne suffit pas. L’enjeu central est la réhabilitation du parc existant et la remise en état ciblée des logements réellement récupérables.
REANCRER LA POLITIQUE DU LOGEMENT DANS LE REEL
La politique du logement n’est ni un catalogue de dispositifs ni un terrain idéologique. En Martinique, l’enjeu est clair : moins de promesses abstraites, plus de réhabilitation, de ciblage et de cohérence territoriale.




