La rencontre annuelle du Pacte avec les Quartiers pour Toutes les Entreprises (PAQTE) s’est tenue ce 14 novembre à la Mutuelle UFR du Robert. Entreprises, associations, acteurs publics et partenaires engagés se sont retrouvés pour dresser le bilan 2024/2025 et tracer les perspectives de 2026. Une matinée dense où l’humain, la transmission et l’inclusion ont été au cœur des échanges.

Depuis la signature du PAQTE en Martinique, les entreprises et associations engagées se réunissent chaque année pour partager leurs actions, leurs réussites, mais aussi leurs défis. Le dispositif, lancé en 2020, a pour vocation d’ouvrir le monde professionnel aux jeunes des quartiers prioritaires, de leur donner des repères, de la confiance et des perspectives concrètes. Et cette édition 2025 en a offert une illustration vibrante.
La rencontre s’est ouverte avec un rappel clair : le PAQTE n’est pas un programme administratif, mais un réseau vivant, composé de structures qui ont choisi de mettre leur expertise, leur temps et parfois même une part de leur âme au service de la jeunesse martiniquaise. Chacun à sa manière, chacun avec sa sensibilité.
Parmi les témoignages marquants, celui de Monsieur Céleste, professionnel de l’image, a résonné comme un fil rouge de motivation et de persévérance. Depuis des années, il documente et valorise les actions positives menées par les jeunes, notamment à travers ses projets Yorbook et Gargbook. Il raconte le parcours d’un jeune qu’il a interviewé au lycée il y a plusieurs années, timide et réservé, qui lui avait confié vouloir devenir champion du monde. « Travaille, et le travail parlera », lui avait-il dit. Aujourd’hui, ce jeune est effectivement champion du monde. Un exemple qui illustre combien un regard, une parole, un accompagnement peuvent changer un destin.
La matinée a également donné la parole à des chefs d’entreprise engagés de longue date, à l’image de Willy Laurencine, dirigeant dans le secteur numérique, qui accueille chaque année de nombreux jeunes en stage, en immersion ou en découverte métier. Pour lui, l’enjeu dépasse largement la simple transmission technique : il s’agit d’une responsabilité collective, d’un rôle que chaque entreprise doit assumer au sein de son territoire. « Ce qui compte, c’est la valeur humaine », a-t-il expliqué. Ouvrir ses portes, accompagner, transmettre : autant de gestes qui renforcent l’écosystème martiniquais et permettent aux jeunes de se projeter.

L’intervention de Lionel Sako, coach et formateur, a rappelé l’importance fondamentale de la confiance et de l’estime de soi. Deux piliers essentiels, dit-il, au développement de toute personne. Depuis des années, il intervient en milieu scolaire, en centre pénitentiaire ou auprès d’associations, toujours avec la même conviction : chaque jeune possède un potentiel, souvent bien plus grand qu’il ne l’imagine lui-même. Encore faut-il qu’on le lui montre, qu’on l’accompagne, qu’on lui donne « cette petite tape dans le dos » qui change tout. Il a également insisté sur la nécessité d’un maillage plus fort entre les structures engagées, afin de mieux répondre aux besoins et de mutualiser les forces.

À travers ces témoignages, un message commun a émergé : l’inclusion n’est pas un acte isolé mais un mouvement collectif. Ce sont les entreprises qui accueillent, les associations qui accompagnent, les institutions qui soutiennent, les professionnels qui transmettent, et surtout les jeunes qui osent. Chacun joue un rôle. Et chacun, par son action, contribue à renforcer ce pont entre les quartiers prioritaires et le monde professionnel.
La rencontre annuelle du PAQTE 2025 a permis de mesurer le chemin parcouru : stages de troisième, présentations en milieu scolaire, formations, immersions, accompagnements individuels, projets culturels ou numériques… autant d’initiatives qui, réunies, dessinent un dispositif solide et profondément humain.
Mais elle a surtout permis de projeter 2026 : renforcer les partenariats, multiplier les actions de terrain, soutenir davantage les structures engagées, favoriser l’innovation éducative, consolider le travail en réseau. Avec un objectif simple et ambitieux : ouvrir encore plus largement les horizons des jeunes des quartiers prioritaires.
Et lorsque, en clôture, un intervenant a rappelé le proverbe bien connu — « Seul on va vite, mais ensemble on va plus loin » —, chacun a senti que cette phrase n’était pas une formule. C’était la réalité même du PAQTE. Une réalité qui, année après année, transforme des parcours, crée des opportunités et donne à la jeunesse martiniquaise les moyens d’écrire son propre avenir.
A la fin de la présentation des entreprises le président de L’UFR, Daniel ANNONAY est venu saluer les participants et les souhaiter la bienvenue dans les locaux qu’il a mis a leur disposition.

Propos et photos Roland Dorival, Article ANTILLA





