La pédocriminalité regroupe l’ensemble des infractions sexuelles commises sur des mineurs : viols, agressions sexuelles, inceste, exploitation, prostitution, production et diffusion d’images pédopornographiques (CSAM) et manipulation en ligne (grooming). En France, environ 160 000 mineurs seraient victimes de violences sexuelles chaque année. Une personne sur dix déclare avoir subi un inceste durant l’enfance. Pourtant, moins de 10 % des victimes portent plainte. La sous-déclaration demeure l’un des principaux obstacles à une évaluation précise du phénomène.
Le numérique a amplifié certaines formes d’abus. Les signalements via la plateforme Pharos sont en hausse constante, mobilisant l’Office central pour la répression des violences aux personnes et les unités spécialisées de la gendarmerie.
La loi du 21 avril 2021 a fixé le seuil de non-consentement à 15 ans (18 ans en cas d’inceste). Tout acte sexuel commis par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans est automatiquement qualifié de viol ou d’agression sexuelle. Les peines peuvent atteindre 20 ans de réclusion, voire la perpétuité en cas de circonstances aggravantes.
Des dispositifs existent : numéro 119, plateforme Pharos, fichier FIJAIS, injonctions de soins et travaux de la Ciivise. Mais les moyens judiciaires et sociaux restent jugés insuffisants.
La Martinique : vulnérabilités spécifiques
Les données locales restent limitées. L’enquête Virage Outre-mer (INED, 2018) indique que 10,5 % des femmes interrogées en Martinique déclarent avoir subi des violences avant 18 ans, majoritairement dans le cadre familial.
La précarité économique, la forte proportion de familles monoparentales et la proximité sociale compliquent la révélation des faits. Les structures de protection de l’enfance y sont moins dotées qu’en Hexagone.
En résumé, la pédocriminalité demeure un phénomène massif et structurel. En Martinique comme à l’échelle nationale, l’enjeu central reste le renforcement du repérage, des moyens judiciaires et de la prise en charge des victimes.




