L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a mis en lumière une double absence de réaction : celle de la Russie, alliée politique de Caracas, et celle de l’armée vénézuélienne elle-même. Cette combinaison a nourri un sentiment de trahison, tant sur le plan international qu’interne.
Contrairement à certaines interprétations, la Russie n’était liée au Venezuela par aucun traité de défense mutuelle imposant une intervention militaire automatique.
Les accords existants relèvent d’un partenariat stratégique, sans obligation juridique d’assistance armée. Moscou a condamné l’opération sur le plan diplomatique, dénonçant une violation du droit international, mais a choisi de ne pas franchir le seuil de l’escalade militaire face aux États-Unis.
L’armée passive.
Selon plusieurs analyses relayées dans les cercles diplomatiques, Vladimir Poutine aurait insisté sur un élément déterminant : l’armée vénézuélienne n’a opposé aucune résistance significative à l’opération américaine. Cette absence de réaction militaire interne a été perçue à Moscou comme une rupture du lien de loyauté entre un chef d’État et ses forces armées. Défendre militairement un régime que sa propre armée ne défend pas aurait constitué, du point de vue russe, un précédent stratégique dangereux.
La souveraineté vénézuélienne, l’affaire d’abord à Caracas.
Ce constat a pesé lourdement dans le calcul du Kremlin. Sans résistance nationale, toute intervention russe aurait signifié une confrontation directe avec les États-Unis, sans base juridique solide, sans relais local crédible et sans perspective stratégique claire. Dans cette lecture, la responsabilité première de la défense de la souveraineté vénézuélienne incombait d’abord à Caracas.
Un état incohérent
L’épisode révèle une réalité brutale des relations internationales contemporaines : les alliances politiques ne remplacent ni la cohésion interne d’un État, ni des engagements militaires formels. La souveraineté ne se délègue pas. Lorsqu’un pouvoir ne peut ou ne veut pas être défendu par ses propres forces, aucun allié, fût-il puissant, ne se risquera durablement à le faire à sa place.
Ainsi, l’absence de réaction militaire russe ne relève ni d’un reniement juridique ni d’un abandon pur et simple, mais d’un calcul froid fondé sur le droit, la stratégie et la lecture d’un affaissement interne du pouvoir vénézuélien. Gdc




