La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) constitue le document stratégique de référence fixant les orientations de la politique énergétique française pour la période 2025-2035. Elle s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) et vise à organiser la transition vers un système énergétique décarboné, compétitif et souverain. Si la PPE3 détaille largement la trajectoire de l’Hexagone, elle prévoit également des déclinaisons spécifiques pour les territoires ultramarins.
L’Outre-mer traité à part : la question des ZNI
La PPE3 prévoit des programmations spécifiques pour les zones non interconnectées (ZNI). Les ZNI désignent les territoires dont le réseau électrique n’est pas relié au réseau continental européen : la Corse et les départements et régions d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte). L’objectif affiché est d’atteindre l’autonomie énergétique et la décarbonation progressive. Toutefois, aucun objectif chiffré précis n’est encore fixé pour 2030 ou 2035 concernant ces territoires.
Une asymétrie structurelle avec l’Hexagone
En métropole, la stratégie repose sur le renforcement du nucléaire, notamment via les réacteurs EPR2 (European Pressurized Reactor de deuxième génération) et la prolongation de la durée de vie des centrales existantes. Aucune option nucléaire n’est envisagée pour les ZNI. Les territoires ultramarins devront donc s’appuyer principalement sur les énergies renouvelables locales, ce qui pose un enjeu central de stabilité des prix et de sécurisation de l’approvisionnement.
Opportunités énergétiques ultramarines
La trajectoire des ZNI repose sur plusieurs leviers : développement du photovoltaïque sur bâtiments, géothermie (notamment en Guadeloupe avec le site de Bouillante), biomasse et valorisation énergétique des déchets en Martinique, ainsi que le déploiement de solutions de stockage (batteries, systèmes hybrides). Ces choix traduisent une adaptation aux spécificités climatiques et géographiques des territoires.
Enjeu des réseaux et du financement
La modernisation des réseaux électriques constitue un élément déterminant. Si environ 100 milliards d’euros sont annoncés pour le développement du réseau métropolitain par RTE (Réseau de Transport d’Électricité), aucune enveloppe équivalente n’est précisée pour les ZNI. Or, ces territoires présentent une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques et aux contraintes insulaires.
Une question stratégique centrale pour la souveraineté ultramarine




