Le phénomène Trump ne relève plus du simple débat politique américain. Il est devenu un fait géopolitique global, aux résonances profondes pour les sociétés périphériques, et tout particulièrement pour les territoires antillais.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont présentés comme les garants d’un ordre fondé sur le droit, les institutions et le multilatéralisme. La Charte des Nations unies, signée en 1945, reposait sur la prééminence des règles collectives.
Cette dérive du pouvoir américain, marquée par la glorification du chef et l’effacement des contre-pouvoirs, fragilise l’ordre international et légitime les régimes autoritaires.
L’histoire enseigne que Bonaparte, Poutine, Erdoğan ou Orbán ont tous commencé par s’inscrire dans les règles avant de les subvertir.
Vue depuis la Martinique et la Caraïbe, cette évolution rappelle des mémoires coloniales où le pouvoir central confondait autorité et domination.
Quand les principes de l’ONU vacillent au sommet, il revient aux Antilles de rappeler que le droit n’est pas négociable.
Jean-Paul BLOIS




