L’année 2026 commence au Robert sous le signe de la colère. Une colère organisée, née d’une réalité devenue insupportable : l’inaction persistante face aux échouements massifs de sargasses. En bloquant plusieurs axes routiers, notamment à Pontalery, le collectif Sargasse-Robert n’a pas cherché le désordre, mais la visibilité. Quand l’écoute manque, la rue parle.
Les sargasses ne sont plus un désagrément passager. Elles constituent une atteinte durable au cadre de vie et à la santé des habitants. Les nuisances sont connues. Les risques liés aux émanations de gaz, notamment l’hydrogène sulfuré, sont documentés. Pourtant, sur le terrain, les réponses restent tardives, fragmentées, limitées à la gestion de l’urgence.
Ce que dénoncent les riverains, c’est l’exposition prolongée, l’impossibilité de vivre normalement, la dévalorisation progressive de leurs biens. Ils demandent des mesures de compensation, comme une réduction de la taxe foncière, non par opportunisme, mais par justice élémentaire : peut-on exiger les mêmes contributions lorsque le cadre de vie est durablement dégradé par une pollution reconnue ?
Les barrages dressés au Robert, à Pontalery comme ailleurs dans la commune, sont autant de signaux d’alerte. L’inaction, ou l’action insuffisante, devient alors une forme de violence institutionnelle.
La question n’est plus de savoir si le phénomène est complexe. Il l’est. La question est de savoir si la République accepte que, sur son propre territoire, des populations vivent durablement exposées à un risque sanitaire connu, sans réponse structurelle à la hauteur. JPB.




