Ce lundi matin, le collectif de riverains frappe du poing sur la table. Les routes menant au Robert sont bloquées par des barrages. Ils expriment leur ras-le-bol face aux échouages massifs de sargasses et selon eux l’inaction des autorités.
Ponthaléry au Robert. La file de voitures s’allonge sur plusieurs kilomètres. Les véhicules n’avancent qu’à la faveur de ceux qui abandonnent et font demi-tour. Au bout, un barrage. Le collectif de riverains du Robert se fait encore entendre. En cause, les sargasses. « Nous avons mis en place des barrages pour exprimer notre mécontentement. Nous cherchons vraiment à trouver des interlocuteurs responsables qui prennent en compte notre situation », explique Frantz Ferjule, membre du collectif. Depuis 2011, la Martinique essuie régulièrement les échouages de sargasses. Le Robert est une des communes la plus impactée par le phénomène. Malgré des rencontres et des mobilisations, le collectif ne se sent pas entendu. « Il y a des gens qui viennent, qui nous donnent de belles paroles, qui nous font espérer des choses et nous sommes devant une réalité qui nous prouve le contraire », poursuit Frantz Ferjule.
“Une colère froide”
Il espère interpeller l’Etat et le GIP sargasses. « Il y a un responsable du GIP qui devrait coordonner l’ensemble des actions concernant l’échouage de sargasses. C’est une personne que nous connaissons de nom et de visu mais sa présence a été constamment absente. » Le collectif considère que les riverains sont dans une situation indigne. « Si vous saviez le nombre de pertes que nous avons eu ici, tout le matériel électroménager. » Il s’inquiète également des effets des émanations des sargasses sur la santé des riverains. « On a perdu des personnes âgées dans cette zone-là. Même si on ne l’impute pas directement aux sargasses, il faudrait au moins se poser la question. » Frantz Ferjule déplore l’inaction des responsables. « Il y a des responsables qui ne sont pas à leur place. C’est une colère froide. Nous sommes exaspérés. » Selon Frantz Ferjule, les barrages ne seront pas levés avant d’avoir entendu des engagements concrets et écrits avec des échéances.

Les riverains en colère ont mis en place un barrage filtrant laissant passer les soignants. « Nous ne voulons pas condamner notre population mais toutefois on aimerait qu’on nous prenne au sérieux. » Le collège Robert III, situé dans le quartier de Ponthaléry avait dû fermer ses portes à cause des émanations de sargasse en avril 2025.
Une lettre ouverte au GIP sargasses
De son côté, le maire du Robert, Farell François-Haugrin a adressé, ce dimanche, une lettre ouverte au responsable du GIP sargasses. « La dernière réunion s’est déroulée en mairie le 1er décembre dernier, le GIP n’était pas présent. Interpellé le dimanche 28 décembre, j’ai donné rendez-vous le lendemain sur le point de collecte de sargasses et à la base de voile où sont fabriqués nos barrages anti sargasses. Personne ne s’est présenté. » Farell François-Haugrin s’alarme de potentielles conséquences sanitaires. Il poursuit : « Faut-il attendre de comptabiliser les décès pour que des réponses rapides soient actées ? Aujourd’hui, la ville du Robert se sent délaissée au vu de l’immensité de la tâche pour évacuer ces algues. »
Les barrages mis en place par le collectif ont entravé la circulation générant des perturbations ce matin au Robert. La ville a indiqué que la restauration scolaire, la garderie et le portage de repas ne seront pas assurés, que les services municipaux sont perturbés, que la crèche municipale Les petits matelots sera fermée et que le fonctionnement des écoles est perturbé.
Laurianne Nomel




