Bel bonjou tout’moun’!
La composition du nouveau gouvernement nous conduit à un triple constat.
Le premier constat, c’est que mettre en place une équipe gouvernementale de 42 membres, l’une des plus nombreuses de la Cinquième République, cela n’émet pas directement un message d’économie dans un pays en grande difficulté budgétaire. L’exemple donné, principal levier de l’adhésion du peuple à une politique, n’est pas le meilleur.
Le deuxième constat tient à la réaction, étonnante, de certains parlementaires ultra-marins, qui ont sommé le nouveau ministre anciennement des colonies, aujourd’hui de l’outre-mer, et le premier ministre, à peine installés, de faire connaitre leur vision pour l’outre-mer.
Ce à quoi le nouveau ministre a répondu, sans hésiter, qu’à son avis, « l’outre-mer est une chance pour la France », formule bien connue.
Nous voilà peu avancés.
Au-delà de cette sympathique déclaration, est-il possible, par exemple, que la vision de l’Etat pour la Nouvelle-Calédonie soit la même que pour Saint-Martin?
On peut en douter.
Ce dont on ne peut pas douter, en revanche, c’est qu’il revient à chaque territoire d’élaborer, avec toutes ses composantes, une vision et une stratégie bien à lui, en concertation avec les dirigeants nationaux et européens, en vue d’un accompagnement opérationnel, budgétaire et, éventuellement, législatif et réglementaire.
C’est d’ailleurs ce que prévoient les lois de décentralisation, et qui n’est pas réalisé.
Le troisième constat, c’est qu’à aucun moment dans les débats concernant l’outre-mer, il n’est question de supprimer le ministère lui-même, vestige de la colonisation.
Outre que cette suppression serait l’occasion de faire quelques économies, elle mettrait fin à la situation de quasi-apartheid que vivent les différents territoires ultra-marins, dépendant d’un ministère toujours considéré comme secondaire, alors qu’ils donnent à la France une dimension mondiale enviée par beaucoup.
Organiser, dans chaque ministère, la prise en compte des richesses culturelles,
économiques, botaniques, maritimes que détient l’outre-mer;
les développer avec leurs multiples peuples métis qui préfigurent le monde de demain;
les harmoniser avec les projets élaborés par chacun d’entre eux:
telle devrait être une politique efficace pour les outre-mers français, loin des
rodomontades de parlementaires aux idées vagues et des formules toutes faites entendues depuis des décennies.
Ils ne défendent nullement les intérêts de leurs électeurs trop mal informés des réalités et de leurs responsabilités dans un monde où les postures du type de Don Quichotte contre les moulins à vent ne servent les intérêts de personne.
Comment s’étonner dès lors de voir une partie de ces électeurs dans la rue, sous la conduite de vendeurs de mort?
MANMAY, AN NOUS GADÉ DOUVAN !




