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    Home » Une étude sur l’anti vaccination menée au CHU de Guadeloupe.
    Actualité Le Regard de Gdc

    Une étude sur l’anti vaccination menée au CHU de Guadeloupe.

    décembre 15, 2021Mise à jourdécembre 15, 2021Aucun commentaire
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    Stéphanie Mulot sociologue, professeure de sociologie à l’université Toulouse Jean-Jaurès à mené  une étude pilote décidée avec le CHU, de Pointe-à-Pitre Abymes, au sujet de la crise et du rapport à la vaccination.

    Pour la chercheuse, il y’a pluralité de facteurs qu’elle soit politique, sanitaire ou subjective,qui impliquerait une posture variée de résistance.

    Une posture identitaire de la résistance

     

     La résistance aux injonctions nationales, sorte de  forme de marronnage contemporain, couplé à des défaillances des dispositifs hospitaliers, des idéologies, des contraintes sociales fortes, à l’accès différentiel des personnes aux études et à une culture scientifique. C’est ainsi par exemple que la notion de comorbidité n’est pas toujours comprise par la population, même la plus concernée, les Afro-descendants.

    D’autres facteurs interfèrent:

     la précarité, des inégalités territoriales, socio-économique, ethno-raciales.  

    Dès inégalités dans l’accès à l’information, mais aussi à la santé, aux soins et aux dispositifs sanitaires. 

    Où encore un discours de santé publique inapproprié à la population locale, formulé par des autorités sanitaires distantes de la population, des communiqués hebdomadaires qui supposent d’avoir une formation en médecine et en épidémiologie pour les comprendre. Intervient 

    la difficulté à s’identifier à leurs énonciateurs, des fonctionnaires blancs (le préfet et la directrice de l’ARS. Ndr: les termes sont de l’auteur.) 

    Un contexte pré-électoral où les élus locaux ont fait preuve d’une grande frilosité, ce qui a permis de diffuser des messages marqués par l’appel à l’autonomie sanitaire,

    la résistance aux injonctions politiques, la foi dans les savoir-faire locaux. 

    Des témoignages, de supposées victimes guadeloupéennes du vaccin (facilitant une plus forte identification populaire aux risques vaccinaux qu’aux risques viraux).

    Une néophobie thérapeutique : (manque d’ancienneté, d’efficacité, de fiabilité et éventuelle toxicité dès vaccins.

    Altération du génome, des organes, de l’âme ou du corps humain. effets irréversibles (thromboses, myocardites, AVC, stérilité). 

    l’hypothèse complotiste d’une stratégie négricide envers les Antilles, sans omettre les violentes réactions aux propos de chercheurs ayant suggéré des  essais vaccinaux en Afrique. 

    Le fait de pouvoir être contaminé et malade bien que vacciné, de devoir répéter des injections régulièrement, donc de multiplier le risque de subir des effets indésirables graves voire irréversibles,

    La crainte d’être abîmé par le vaccin chez des personnes qui s’estiment en bonne santé. 

    La perception de la vaccination, réduite à une entreprise mercantile de laboratoires pharmaceutiques. 

    Les représentations culturelles et anthropologiques guadeloupéennes qui considèrent le corps comme étant protégé par plusieurs enveloppes (dont la peau) qu’il faut préserver, le corps individuel, mais aussi le corps collectif. 

    Une préférence pour la pharmacopée traditionnelle rappelant combien le rapport à la nature avait pu être une ressource essentielle de survie pour les personnes esclavisées, les marrons et leurs descendants.   

    Une farouche opposition à la marchandisation du vivant, à l’origine du système esclavagiste. 

    Conséquences de tous ces facteurs: une posture de défi immunitaire par rapport au virus, que l’on trouve même chez les hospitalisés qui n’envisagent pas la vaccination.. 

     Un nationalisme sanitaire

     Consiste principalement  en la  rhétorique syndicale qui utilise toujours l’idée d’une faillite de l’État dans : la mise en esclavage, l’autorisation d’empoisonnement par le Chlordécone, le dossier de l’eau, la gestion de la  pollution par les sargasses ou de l’épidémie de Covid au début de la crise, l’insuffisance des dispositifs hospitaliers, l’excès de contraintes lors de la première vague, pas assez de mesures précoces de confinement et de fermeture des frontières face à la quatrième vague,trop de présence policière, une volonté de priver les Guadeloupéen·ne·s de leurs libertés en les muselant par des masques, des pass sanitaires et des vaccins…

    L’idée d’une altérité pathogène (la peur de l’extérieur et de l’autre dangereux : les touristes et les vacanciers) face à une identité protectrice (la communauté guadeloupéenne cohérente et sécure). Et puis, pourquoi compenser individuellement la responsabilité de l’État, les faillites du système étatique en se vaccinant ?Et d’ailleurs, peut-on être guadeloupéen, marron, nationaliste et vacciné ?

    Gdc

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