Cette année, je n’ai pas demandé grand-chose au père Noël.
Pas de miracle.
Pas de promesse creuse.
Pas de cadeau clinquant.J’ai simplement formulé quelques souhaits raisonnables.
Presque modestes.
À l’échelle de la Martinique.
Je lui ai demandé un État qui fasse ce qu’il dit.
Un État moins habile à annoncer qu’à exécuter.
Un État capable d’assurer l’essentiel :
de l’eau potable qui coule,
un hôpital qui soigne sans s’épuiser,
des politiques publiques qui ne disparaissent pas après les discours.
Rien d’extraordinaire.
Juste le fonctionnement normal d’une République.
Je lui ai aussi demandé une économie respirable.
Une économie où la vie chère n’est plus le produit
d’arrangements opaques et de rentes protégées.
Une économie régulée.
Transparente.
Où le marché ne sert pas d’excuse à l’injustice.
J’ai demandé une santé digne.
Pensée pour un territoire insulaire,
vieillissant,
marqué par des scandales environnementaux durables.
Une santé qui ne repose pas uniquement
sur le courage de soignants à bout de souffle,
mais sur des décisions politiques claires.
J’ai demandé un avenir pour la jeunesse.
Un avenir qui ne se résume pas à partir pour réussir
ou rester pour renoncer.
Former ici.
Travailler ici.
Revenir ici.
Les mots sont connus.
Ce qui manque, c’est la constance.
Enfin, j’ai demandé un peu de lucidité collective.
La capacité à regarder notre histoire en face,
sans complaisance,
sans déni.
À débattre sans hystérie.
À sortir des postures.
À entrer dans le réel.
En refermant ma lettre,
je me suis rendu compte d’une chose.
Ces demandes n’ont rien de magique.
Elles relèvent du politique.
Du concret.
Du possible.
Autrement dit,
elles n’ont rien à faire
sur la liste du père Noël.
Et pourtant…
Chaque année,
c’est encore à lui
que je les confie.
Gdc




