Close Menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    En 2026, la résilience matérielle de la classe moyenne antillaise face à la crise. Une tribune de JM.NOL

    janvier 2, 2026

    Outre-mer : 2026, l’alignement des planètes et l’heure du changement de paradigme. Le Regard de Gdc

    janvier 2, 2026

    Jocelyne Béroard et La Compagnie créole : une clarification nécessaire

    janvier 2, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Art/Culture
      • Ecologie / Environnement
      • Patrimoine
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Édito de Henri PIED
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Caraïbe
    • Newsletter 
    • Publicité
    • Contact
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » En 2026, la résilience matérielle de la classe moyenne antillaise face à la crise. Une tribune de JM.NOL
    Tribunes

    En 2026, la résilience matérielle de la classe moyenne antillaise face à la crise. Une tribune de JM.NOL

    janvier 2, 2026Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp

     

    Une réalité sociale souvent occultée

    En 2026, la surprenante résilience matérielle de la classe moyenne des Antilles face à la crise ne doit pas être masquée par des considérations politiques et idéologiques. La montée en puissance de la classe moyenne en Guadeloupe et en Martinique depuis plusieurs décennies ne relève plus d’un simple ressenti sociologique ni d’une construction intellectuelle défensive face aux crises contemporaines. Elle s’observe de manière concrète, mesurable et quotidienne dans les pratiques de consommation, les choix patrimoniaux et les comportements économiques des ménages.

    En dépit d’un discours dominant insistant sur l’inflation, la vie chère et l’essoufflement supposé du modèle départemental, les faits traduisent une réalité bien plus complexe. Loin d’un effondrement social, la Guadeloupe et la Martinique donnent à voir l’existence d’un pouvoir d’achat réel, concentré mais suffisamment diffus pour structurer durablement la société antillaise autour d’une classe moyenne désormais centrale.

    Consommation et normalisation des modes de vie

    La consommation de champagne constitue à cet égard un indicateur emblématique. En 2025, plus de trois millions de bouteilles ont été importées sur les deux territoires, soit près de cinq bouteilles par habitant, plaçant la Guadeloupe et la Martinique en tête du palmarès mondial de la consommation proportionnelle de ce vin effervescent. La Guadeloupe figure dans le top 5 des plus gros importateurs de champagne de la zone Amérique, aux côtés de la Martinique, avec plus de 1,4 million de bouteilles importées chaque année pour un montant estimé à plus de 22 millions d’euros. Une telle dynamique ne peut être attribuée à une infime élite. Elle suppose l’existence d’une base sociale large, capable d’absorber durablement une consommation associée à la fête, à la célébration et à l’intégration aux standards culturels des sociétés développées.

    Le marché automobile confirme cette réalité avec une force encore plus frappante. En 2024, la Guadeloupe et la Martinique ont intégré le top 10 mondial des territoires affichant le meilleur taux de ventes de véhicules neufs par habitant. Avec respectivement 15 800 voitures neuves vendues en Guadeloupe et 14 600 en Martinique, les deux îles atteignent un ratio d’environ 41 véhicules pour 1 000 habitants, les plaçant aux 6ᵉ et 7ᵉ rangs mondiaux. Ce niveau d’équipement traduit une capacité d’endettement, une stabilité relative des revenus et une confiance dans l’avenir, marqueurs classiques d’une classe moyenne solide.

    Patrimoine, mobilité et aspirations

    À ces indicateurs s’ajoute un phénomène immobilier structurant : le boom de la maison individuelle. En Guadeloupe comme en Martinique, un nombre croissant de ménages investissent dans des biens compris entre 200 000 et 400 000 euros, constituant un patrimoine transmissible. Dans des territoires contraints par le foncier et les coûts de construction, cet accès massif à la propriété, y compris dans les zones rurales, constitue l’un des signes les plus tangibles de l’élévation du niveau de vie et de l’enracinement territorial.

    L’engouement des Antillais pour les vacances en France hexagonale et à l’étranger s’inscrit dans cette dynamique. Selon les données disponibles, 37 % des recherches de voyages concernent les croisières dans la Caraïbe ou à l’international. Plus largement, les territoires antillais captent plus des deux tiers des intentions de voyage, en progression par rapport à 2024. Malgré la cherté des billets d’avion, souvent supérieurs à 1 000 euros, ces dépenses sont assumées, y compris par certains ménages modestes, confirmant un changement durable des pratiques sociales.

    Classe moyenne et cadre institutionnel

    Ces réalités matérielles contredisent frontalement l’idée d’un modèle institutionnel départemental à bout de souffle. Elles montrent au contraire que ce cadre a permis l’émergence d’une société plus riche, plus éduquée, plus protégée et plus solvable. Enseignants, infirmiers, cadres territoriaux, agents de l’État, professions intermédiaires, commerçants, artisans, entrepreneurs et professions libérales forment aujourd’hui un socle social structurant, soutenant la consommation et assurant une stabilité relative.

    Certes, les difficultés demeurent : les inégalités persistent, la vie chère pèse lourdement sur les ménages modestes et les tensions sociales restent vives.

    Mais réduire la trajectoire des Antilles à un échec global relève davantage de la posture idéologique que de l’analyse rigoureuse. La classe moyenne antillaise, souvent silencieuse, constitue pourtant le véritable pilier de la cohésion sociale.

    Transition, paradigme et perspectives

    La crise du politique s’accompagne d’une crise profonde de la théorie économique. Le paradigme actuel, fondé sur une économie de marché financiarisée et dépendante de la dépense publique, atteint ses limites. Comme l’écrivait Antonio Gramsci, l’ancien monde se meurt tandis que le nouveau peine à émerger. Dans ce contexte de transition, marqué par les ruptures technologiques, numériques et géopolitiques, le statu quo institutionnel n’est plus envisageable.

    Pour les Antilles, la transition ne peut être brutale. L’option la plus réaliste demeure une évolution sécurisée dans le cadre de l’article 73 renforcé par un pouvoir normatif. La mission confiée par le gouvernement à André Chassaigne, officiellement centrée sur la souveraineté alimentaire, s’inscrit dans une réflexion plus large sur les limites du modèle économique départemental. Elle ouvre la voie à un modèle plus productif, plus régionalisé et mieux ancré dans l’environnement caribéen, sans risque de rupture sociale majeure pour la classe moyenne et l’ensemble de la population.

    Toute réflexion sérieuse sur l’avenir institutionnel des Antilles doit partir de ce constat. Ignorer la montée en puissance de la classe moyenne au profit de récits idéologiques reviendrait à substituer la fiction au diagnostic. La transition doit être pensée comme un processus progressif, fondé sur l’analyse économique prospective et la sécurisation sociale.


    Jean‑Marie Nol
    Économiste, juriste en droit public

    Share this:

    • Facebook
    • X

    Articles similaires

    Partager. Facebook LinkedIn WhatsApp
    Article précèdent Outre-mer : 2026, l’alignement des planètes et l’heure du changement de paradigme. Le Regard de Gdc

    ARTICLES SEMBLABLES

    Césaire à de Gaulle : la France a forgé l’homme martiniquais. Les contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux

    janvier 2, 2026

    Le modèle économique en question. Par un Chef d’entreprise martiniquais

    décembre 31, 2025

    DE L’AIR ! DE L’AIR ! Par Marcellin NADEAU, député de la Martinique

    décembre 30, 2025
    Ajouter un commentaire
    ECRIVEZ UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    BONNE ANNÉE 2026
    https://youtu.be/EykG5vmyvF0
    Les Vœux 2026 de Mgr David Macaire
    https://antilla-martinique.com/wp-content/uploads/2026/01/Voeux-2026-de-Mgr-David-Macaire.mp4
    OFFERT CE MOIS-CI ! EXCELLENTE ANNÉE 2026
    ABONNEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE CHAÎNE !
    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Richès Karayib lance un jeu-concours pour gagner des nuitées dans la Grande Caraïbe

    Caraïbe janvier 2, 2026

    Pour bien commencer l’année 2026, Richès Karayib propose à ses lecteurs un jeu-concours inédit avec,…

    Share this:

    • Facebook
    • X

    Outsource Development Studio lance le mouvement Little Go Getters Dominica, parmi d’autres projets en 2025.

    janvier 1, 2026

    Caiman- Le salaire minimum a été fixé pour répondre à un marché du travail dynamique.

    décembre 29, 2025

    Caiman – Bilan de l’année 2025 : La sécurité alimentaire au cœur des préoccupations

    décembre 29, 2025
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACTEZ-NOUS
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • CONSULTEZ LES ANNONCES LÉGALES

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.