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    Actualité Tribunes

    Patrimoine martiniquais : la Fondation du Patrimoine confirme l’alerte et appelle à lever les blocages

    janvier 10, 2026Mise à jourjanvier 10, 2026Aucun commentaire
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    À la suite de l’article de Michel Herland publié sur Antilla, qui dressait le constat d’une disparition silencieuse mais massive du patrimoine bâti martiniquais, Philippe Villard, délégué départemental de la Fondation du Patrimoine pour la Martinique, apporte des compléments essentiels.

    S’il partage largement l’alerte lancée par l’auteur, il rappelle aussi l’ampleur des efforts déjà engagés, les freins administratifs qui ralentissent les projets et les leviers qui permettraient d’accélérer la sauvegarde de ce patrimoine, à la fois culturel, mémoriel et économique.


    Le texte de Philippe Villard,

    Délégué départemental Martinique de la Fondation du Patrimoine

    En ma qualité de délégué de la Fondation du Patrimoine pour la Martinique, je souhaite apporter quelques compléments ou commentaires à l’article de Michel HERLAND sur le patrimoine martiniquais.

    Je ne peux malheureusement qu’être globalement d’accord lorsqu’il dénonce l’état de péril d’une grande partie du patrimoine bâti martiniquais, qu’il soit protégé, c’est à dire inscrit (ou même classé) à l’inventaire des Monuments Historiques comme plus de 120 édifices (dont 23 d’architecture religieuse -églises, presbytères, calvaires-, 20 d’architecture industrielle -rhumerie, sucrerie-, et 18 d’architecture domestique -maison, villa, habitation…-) ou ne bénéficiant pas de cette protection comme l’ensemble du patrimoine privé, dit vernaculaire (des cases créoles aux maisons de ville), sans oublier les bâtiments labellisés d’architecture contemporaine remarquable.

    J’ajouterai même que nombre de pépites de notre patrimoine, identifiées par l’état d’inventaire réalisé par le Conseil Général dans les années 2000 ont d’ores et déjà disparu de notre paysage. Je ne prendrai que quelques exemples parmi les plus récents : la magnifique habitation Union à Sainte-Marie, de nombreuses maisons traditionnelles des bourgs des Trois-Ilets de Sainte-Marie ou du Carbet… On pourrait presque citer toutes les communes de Martinique.

    Le château Aubery, sans doute un des bâtiments patrimoniaux parmi les plus intéressants est aujourd’hui en très grand péril. Quant à l’habitation Lagrange au Marigot… Et bien sûr de nombreux édifices totalement à l’abandon menacent ruine sur tout le territoire, en particulier aux cœurs de nos villes qui se désertifient.

    Assez d’accord aussi avec monsieur HERLAND sur l’insuffisante prise de conscience des Martiniquais et de leurs élus sur la valeur de ce patrimoine, valeur mémorielle bien sûr, mais aussi valeur économique et source d’attractivité du territoire. J’observe cependant, depuis une dizaine d’années, un changement, certes lent, mais bien réel dans cette prise de conscience, avec notamment un certain nombre de Martiniquais qui n’hésitent pas à se lancer dans des opérations de réhabilitation lourdes, aussi bien financièrement que mentalement.

    Au-delà de la prise de conscience, on connaît bien les nombreuses causes des difficultés à réhabiliter un patrimoine fragilisé par le temps, par un climat particulièrement agressif, mais riches d’enseignement sur les bonnes pratiques d’adaptation à notre climat.

    Bien sûr le phénomène de l’indivision, lui aussi bien connu, analysé, mais sans doute insuffisamment combattu, n’arrange rien à l’affaire s’agissant du patrimoine privé.

    Bien sûr, s’agissant du patrimoine détenu par les collectivités, et on sait qu’il est important, aussi bien celui de la CTM que celui des communes de Martinique, il souffre d’un manque patent de financement, malgré les efforts de certaines pour réhabiliter leurs biens… mais aussi par manque de culture de l’entretien et souvent également, il faut bien le reconnaître, du fait que le patrimoine n’est pas mis au rang des priorités d’intervention.

    Bien sûr les difficultés financières concernent de la même façon le patrimoine religieux (qu’il appartienne au diocèse ou aux communes), le patrimoine militaire (qu’il relève encore ou non de l’Etat).

    Il faut cependant noter que la Fondation du Patrimoine, fondation reconnue d’utilité publique, a, depuis plus de 10 ans, sur ses seuls fonds propres ou avec ses partenaires, État-DAC et Française des Jeux au sein de la Mission Patrimoine, affecté plus de 5 millions d’euros de dotations à la réhabilitation des patrimoines de Martinique, ce qui concerne plus de 25 bâtiments ou sites patrimoniaux.

    Malheureusement d’autres difficultés, administratives pour les collectivités maîtres d’ouvrage, d’ingénierie technique ou financière pour l’ensemble des maîtres d’ouvrage, publics ou privés, entraînent une sous-consommation manifeste de ces dotations. Certains chantiers n’ont pas encore, 8 ans après avoir été sélectionnés, pu démarrer. Certes s’agissant de réhabilitation souvent très lourdes, les études préalables sont longues (et coûteuses), mais la Martinique semble tout de même détenir des records en la matière.

    Pour ne prendre que quelques exemples :

    • L’habitation l’Enclos, citée par monsieur HERLAND dans son article, a fait l’objet d’une collecte de dons organisée par la Fondation du Patrimoine en 2017, contribuant à financer une première opération de restauration, qui n’a malheureusement pas pu être suivie d’une phase plus lourde, initialement programmée pour réhabiliter l’ensemble. La commune a repris activement le dossier depuis 2 ans, a fait actualiser récemment une étude réalisée en 2017 et travaille sur le redimensionnement global de son projet.
    • La maison d’Aimé Césaire, qui a virtuellement reçu une dotation de la Mission Patrimoine en 2018, devant couvrir 30 % des besoins évalués à l’époque. Mais le projet a été maintes fois modifié, a changé plusieurs fois de maîtrise d’ouvrage, de nombreuses études ont été réalisées, jusqu’à un avant-projet sommaire récent… et la dotation n’est toujours pas mobilisée.
    • La réhabilitation du fort de l’îlet à Ramiers, appartenant au Conservatoire du Littoral, est en phase d’études depuis 8 ans et les travaux ne devraient au mieux commencer qu’en 2027.

    L’expérience de la Fondation du Patrimoine montre aussi que les dossiers privés, même si les difficultés rencontrées par les propriétaires sont parfois très supérieures à ce qu’ils avaient imaginé, aboutissent plus rapidement : la maison Rimbaud, la villa Didier et la distillerie Hardy, toutes trois aujourd’hui réhabilitées, en sont de bons exemples ; par ailleurs deux chantiers sont en cours, deux ou trois autres devraient commencer prochainement.

    Il convient, pour finir, d’insister auprès de l’État, comme nous le faisons depuis plusieurs années, malheureusement sans succès à ce jour, pour que la Fondation du Patrimoine soit autorisée à délivrer ses labels (qui entraînent défiscalisation à l’IR des travaux effectués par les propriétaires privés) sur le territoire le plus densément patrimonial de Martinique, la ville de Fort-de-France, puisque ce dispositif légal ne peut actuellement être activé que dans les communes de moins de 20 000 habitants. Gageons qu’avec cette aide, de nombreux propriétaires martiniquais se lanceraient dans l’aventure de la réhabilitation !

    Philippe VILLARD

    Lire l’article de Michel Herland

     

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