Depuis l’accident du portique survenu en 2025 au Grand Port maritime de la Martinique, une question revient chaque jour, dans les entreprises comme chez les partenaires du port : où en est-on ? À l’occasion de la cérémonie des vœux 2026, Bruno Mencé, président du directoire, a voulu répondre directement à cette préoccupation, qu’il décrit comme une inquiétude partagée “par toute la Martinique”. Sans entrer dans tous les détails techniques, il a livré les grandes lignes de la situation actuelle : la mobilisation immédiate des équipes et du soutient du président Jock, la reprise rapide de l’activité, et désormais une phase d’expertise judiciaire destinée à établir clairement les responsabilités et à sécuriser la suite.
Un accident “grave” qui a marqué le port… et le territoire
En parlant, Bruno Mencé n’a pas minimisé l’événement. Il l’a qualifié d’accident grave, ayant touché “au plus profond” le port, ses équipes, et au-delà, l’ensemble du territoire. Il insiste sur un fait : il ne se passe pas un jour sans qu’on ne l’interroge sur l’évolution du dossier, avec les mêmes questions : comment allez-vous vous en sortir ? est-ce que vous allez vous en sortir ?
Pour le président du directoire, cette insistance prouve une chose : le port n’est pas une structure éloignée du quotidien. Quand un incident majeur survient sur un équipement aussi stratégique, c’est toute la chaîne économique et logistique de la Martinique qui retient son souffle.
Une reprise rapide : “trois jours après, l’exploitation redémarrait”
Premier élément factuel donné lors des vœux : malgré le choc, le port ne s’est pas arrêté.
Bruno Mencé a rappelé que trois jours après l’accident, l’exploitation avait redémarré, grâce à la mobilisation des équipes du port et à l’engagement des partenaires. Il a cité notamment les manutentionnaires et les dockers, eux aussi fortement touchés, car témoins de l’accident.
Dans sa prise de parole, il a insisté sur la dimension humaine : au-delà des équipements, ce sont des femmes et des hommes qui ont dû faire face, reprendre, et tenir le fonctionnement du port dans une période extrêmement difficile.
Une phase d’expertise judiciaire désormais engagée
Deuxième point majeur : le dossier est entré dans une phase formelle de clarification des responsabilités.
Bruno Mencé a indiqué que le port a engagé une démarche judiciaire par référé, afin d’obtenir la nomination d’un expert judiciaire. Cet expert a été désigné et est déjà au travail.
Il a insisté sur le fait que, même si la justice est souvent perçue comme lente, l’expert mandaté avance “très vite”, avec ses équipes, ce qui constitue, selon lui, un signal important pour la suite.
Une mobilisation juridique “quasi 24h/24” pour défendre les intérêts du port
Dans la continuité, le président du directoire a expliqué que le port ne se contente pas d’attendre : il est en action.
Il a notamment salué la mobilisation du service juridique, engagé dans un suivi constant du dossier, avec une intensité qu’il décrit comme “quasi 24 heures sur 24”. L’enjeu est clair : l’accident est d’une ampleur exceptionnelle et le port doit défendre ses intérêts “pied à pied”, en sécurisant toutes les étapes à venir.
Pourquoi ce dossier est aussi déterminant pour l’avenir du port
Au-delà de l’événement lui-même, Bruno Mencé a relié directement la situation du portique à une question stratégique : la capacité du port à tenir son cap dans les prochains mois, notamment sur le développement du hub et l’évolution des flux maritimes.
Il a affirmé :
“ l’accident ne bloque pas la transformation du port, au contraire : il renforce la détermination à mener à bien les projets structurants, déjà annoncés dans le projet stratégique.”
Concrètement, il a reconnu que l’accident impacte certaines capacités opérationnelles : le port ne dispose pas encore de toutes ses marges de manœuvre habituelles, ce qui oblige à avancer avec méthode, à planifier, et à adapter la montée en puissance.
Une trajectoire “progressive” : 2026 et 2027 comme années de montée en puissance
Enfin, Bruno Mencé a donné une indication importante sur l’horizon : le retour à un fonctionnement pleinement optimisé et la montée en puissance des nouveaux dispositifs se feront progressivement, avec une trajectoire annoncée sur 2026 et 2027.
Il a insisté sur deux conditions essentielles :
- une concertation étroite avec les clients du port,
- et la réalisation de travaux d’aménagement sur le terminal, nécessaires pour garantir l’accueil des navires “en toute sécurité”.
Ce qu’il faut retenir à ce stade
À l’heure actuelle, la situation peut se résumer en quatre points concrets :
- L’activité a repris rapidement après l’accident, malgré un choc majeur.
- Une expertise judiciaire est en cours, pour établir précisément les responsabilités.
- Le port est fortement mobilisé, y compris sur le plan juridique, compte tenu de l’ampleur du sinistre.
- La suite se construira par étapes, avec une adaptation de l’organisation et des travaux, dans une montée en puissance étalée sur 2026-2027.
Ce dossier reste donc central, à la fois parce qu’il touche à la sécurité, à la continuité logistique et à la confiance, mais aussi parce qu’il conditionne une partie de la trajectoire stratégique du Grand Port dans les mois à venir.
Philippe PIED




