« Interroger la place du père, c’est interroger ce qui, aujourd’hui encore, fait lien, transmission et repère dans la société martiniquaise. »
Dans une société martiniquaise traversée par de profondes recompositions familiales, sociales et culturelles, la question de la place du père ne peut être abordée comme un simple débat théorique. Elle touche au cœur du lien social, à la transmission, à l’autorité symbolique, mais aussi aux fragilités et aux tensions qui traversent aujourd’hui nombre de familles antillaises. Entre héritages historiques, réalités postcoloniales, poids des figures maternelles et bouleversements contemporains des repères, interroger « par où ça passe le père » revient à questionner ce qui fait encore structure, sens et continuité dans notre société. C’est précisément tout l’enjeu de ces journées d’étude organisées à Sainte-Luce : ouvrir un espace de réflexion exigeant, ancré dans les réalités antillaises, pour mieux comprendre les mutations en cours et éclairer les pratiques de celles et ceux qui, chaque jour, accompagnent, soignent, éduquent ou observent cette société en mouvement.
Philippe PIED
Les samedi 14 et dimanche 15 mars 2026, la commune de Sainte-Luce accueillera deux journées d’étude organisées par l’École Régionale ALI-Antilles et l’Association Lacanienne Internationale (ALI). Intitulée « Par où ça passe le père ? », cette rencontre scientifique et clinique s’inscrit autour du texte majeur de Charles Melman, « La mère comme agent du père », et propose une réflexion approfondie sur la structuration familiale, la fonction paternelle et leurs déclinaisons dans le contexte antillais.
Un questionnement ancré dans les réalités antillaises
Ces journées d’étude ambitionnent d’ouvrir un espace de réflexion exigeant mais accessible, autour de questions qui traversent les pratiques cliniques, éducatives et sociales : comment se construit aujourd’hui la fonction du père ? Par quels relais symboliques passe-t-elle dans les sociétés antillaises ? Quelle place occupent la mère, la grand-mère ou encore les figures culturelles et linguistiques dans cette structuration ?
Autant de problématiques qui concernent directement les professionnels de la santé, de l’éducation, du champ social, mais aussi un public plus large intéressé par les mutations contemporaines de la famille et du lien social.
Une rencontre internationale et pluridisciplinaire
Aux côtés de nombreux participants martiniquais, ces journées réuniront des intervenants venus de France, de Belgique, des États-Unis, du Brésil et d’autres territoires ultramarins. Cette diversité géographique et culturelle nourrit un dialogue fécond entre expériences cliniques, approches théoriques et contextes civilisationnels différents.
Parmi les intervenants annoncés figurent notamment : Christophe Allanic, Maria Briand-Monplaisir, Juliana Castro, Jeanne Cointot, Roberte Copol-Dobat, Catherine Couanet, Serge Domi, Olivier Douville, Omar Guerrero, Victor Lina, Marie-Line Louise-Julie, Anne Malfait, Nicolle Roth, Jeanne Wiltord et Marie Nadiège Yerro.
Deux jours de débats, conférences et tables rondes
Le programme, dense et structuré sur deux journées complètes, alternera conférences, discussions cliniques et tables rondes. Il abordera notamment la question des « noms du père », du lien social, de la rencontre de l’autre sexe, ou encore du rôle de la langue et de la culture créole dans l’articulation entre réel, symbolique et imaginaire.
Trente ans après les premières réflexions de Charles Melman issues de ses séminaires aux Antilles, ces journées entendent réinterroger l’actualité de ses analyses à la lumière des évolutions sociales et cliniques contemporaines.
Informations pratiques
Les journées d’étude se dérouleront au Karibea Sainte-Luce Hôtel, les samedi 14 et dimanche 15 mars 2026, de 8h30 à 17h. Des modalités d’inscription spécifiques sont prévues, incluant des tarifs préférentiels, étudiants et formation continue. L’ensemble du programme détaillé et l’argumentaire scientifique sont disponibles dans le document de communication joint à l’événement.





