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    La peur comme un instrument de gouvernement

    février 4, 2026Aucun commentaire
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    Il existe des moments où les sociétés démocratiques se croient protégées par leurs institutions alors même que celles-ci commencent à se fissurer. L’histoire montre que les dérives autoritaires ne s’installent presque jamais par rupture brutale. Elles progressent par glissements successifs, à mesure que l’exception devient la norme et que l’opinion s’habitue à l’inacceptable.

    Les États-Unis ne sont pas une dictature. Ils disposent encore d’élections pluralistes, d’une presse libre, de tribunaux indépendants et d’une société civile active. Mais cette réalité ne doit pas masquer une autre évidence : aucun régime démocratique n’est immunisé contre l’érosion progressive de l’État de droit. Le danger n’est pas toujours là où l’on croit ; il réside souvent dans la banalisation de pratiques qui, hier encore, auraient suscité un sursaut collectif.

    La politique migratoire menée ces dernières années constitue un révélateur inquiétant. 

    L’intensification des opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les arrestations musclées, la détention administrative prolongée, les transferts répétés de personnes d’un centre à l’autre compliquant l’accès aux avocats et aux familles, fragilisent concrètement les garanties procédurales. 

    Ces pratiques ne relèvent pas d’un système totalitaire, mais elles installent un climat de peur durable au sein de populations déjà vulnérables.

    Il est légitime de parler de militarisation accrue des forces de l’ordre, d’extension de l’arbitraire administratif et de rétrécissement effectif des droits pour certains groupes. Ces évolutions, lorsqu’elles ne rencontrent pas de résistance institutionnelle et citoyenne, constituent le terreau des régimes illibéraux.

    Hannah Arendt l’avait montré : la terreur d’État ne repose pas uniquement sur la violence physique. Elle s’installe lorsque la peur désagrège la solidarité, lorsque les individus se replient sur eux-mêmes et que la conformité devient une stratégie de survie. 

    Robert Gellately a souligné que, dans l’Allemagne nazie, la coercition fut d’autant plus efficace qu’elle encourageait une culture de la dénonciation. 

    Ces mécanismes ne sont pas propres aux dictatures accomplies ; ils peuvent émerger bien en amont, au cœur même de régimes formellement démocratiques.

    Les intellectuels européens du XXᵉ siècle – Soljenitsyne, Miłosz, Joseph Roth – ont insisté sur un point commun à toutes les catastrophes politiques : l’aveuglement volontaire des élites et le calcul de ceux qui pensent pouvoir s’adapter. Les institutions ne s’effondrent pas seulement sous les coups des dirigeants autoritaires ; elles se vident aussi de leur substance lorsque universités, médias et responsables politiques renoncent à leur rôle critique par peur, par opportunisme ou par conformisme.

    Aimé Césaire parlait du « boomerang impérial » : les méthodes de domination expérimentées à la périphérie finissent par revenir frapper le centre. 

    Les techniques de surveillance, de coercition et de contrôle, développées dans des contextes d’exception ou à l’étranger, tendent à se normaliser à l’intérieur même des démocraties. Ce phénomène n’a rien d’abstrait ; il est déjà observable.

    La question n’est donc pas de savoir si une dictature est installée, mais si nous prenons au sérieux les signaux d’alerte. Les régimes autoritaires commencent toujours par cibler ceux qui sont les plus exposés : migrants, minorités, opposants politiques, militants, intellectuels. Lorsque ces atteintes sont tolérées, elles s’étendent progressivement.

    Résister ne signifie ni céder à la panique ni appeler à la violence. Résister, c’est défendre concrètement l’État de droit, documenter les abus, exiger des comptes, soutenir les victimes et renforcer les contre-pouvoirs. 

    Les démocraties ne meurent pas seulement de coups d’État ; elles meurent aussi lorsque leurs citoyens cessent de croire que leur défense est nécessaire. JPB

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