Ce jeudi, pour sa cinquième édition, le trophée Fanm dijital a récompensé 5 femmes pour leur travail d’initiative et de mise en avant du territoire via le digital. Le comité de sélection, présidé par Sandra Casanova, élue à la CTM en charge notamment de la mission égalité entre les femmes et les hommes a examiné 21 candidatures avant de rendre son verdict.
À l’hôtel de la CTM, à Cluny, c’est la fébrilité qui règne parmi les candidates. Elles ont été auditionnées par le comité de sélection présidé par Sandra Casanova, élue à la CTM et présidente de la commission stratégies logistiques du territoire. Chaque dossier a été examiné puis les candidates auditionnées. Ce concours exclusivement féminin vise à récompenser « les femmes qui créent ou développent des solutions numériques à fort impact ». L’objectif de Fanm dijital est de mettre la lumière sur le numérique à travers les femmes mais aussi de démontrer qu’il s’agit d’un enjeu fort pour le développement économique de la Martinique. « C’est important que la Martinique accompagne les jeunes et les moins jeunes femmes dans cette dynamique parce que celles et ceux qui font la source du numérique ont un pouvoir réel sur l’économie et le développement de la société d’aujourd’hui. Selon les chiffres de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), on ne compte que 30% de femmes dans ces métiers. « C’est une intelligence collective qui ne peut être qu’incomplète si elle n’est pas pleinement assurée également assurée par les femmes de Martinique. » Fanm dijitial est l’occasion de récompenser ces femmes quel que soit le degré de maturité de projet qui utilisent le numérique comme support de leur projet économique. Le concours s’inscrit dans une dynamique d’innovation et de visibilité. Le concours a distingué 5 femmes dans 5 catégories : Lidé Nèf – projets de start-ups numériques ; Démaraj – start-ups de moins de 3 ans ; Gran Flanm – entreprises en croissance ; Mitan tchè – coup de cœur et Pri Ansanm.

Pri Ansanm : Laura Lameynardie
« La sphère est une association que l’on a fondée. Nous avions fait plusieurs constats aussi bien sur les problèmes de la fracture numérique mais aussi sur la réparabilité de petits objets puisque le projet est né au sein du repair café du Lamentin. Nous nous sommes rendu compte que certaines réparations n’étaient pas viables sur le plan économique et écologique. Or on peut imprimer ces pièces en 3D et la compétence de modélisation en 3D existe est amener à se développer en Martinique. On a voulu créer un fab lab. Je suis arrivée avec ma casquette médiation numérique, j’ai vu que cet outil pourrait servir aussi bien à l’inclusion numérique, l’inclusion sociale et professionnelle mais aussi les transitions écologiques et économiques et sociales. Notre colonne vertébrale est la low-tech, le contrepied de la high-tech. On se pose la question du besoin et de la façon d’y répondre de la façon la plus simple possible. On ne va pas exclure le numérique, c’est un outil formidable. »

Pri Démaraj : Meggan Cavalier, fondatrice de l’application Kopa
« C’est une entrerpise qui œuvre dans l’écologie et l’économie circulaire surtout à l’échelle locale. Les applications qui existent au national ne sont pas adaptées à nos us et coutume et aussi à notre économie locale, notre façon de fonctionner. Nous sommes un territoire importateur donc nous fonctionnons autrement que le territoire hexagonal. Kopa vient de cette volonté de créer quelque chose pour le territoire. C’est une application anti gaspi. L’objectif est de pouvoir proposer un outil qui corresponde aux locaux. Les commerces locaux pourront gagner plus d’argent. La population est confrontée à la cherté des prix à cause de l’importation. Nous proposons à la population de se réapproprier sa culture en consommant local et d’avoir des prix plus bas grâce à l’application anti-gaspi. Kopa, c’est aussi une émission télé qui s’appelle A Table avec Kopa et qui œuvre à promouvoir le terroir local. »

Pri Gran flanm, Sabrina Ajax, fondatrice d’Asis FWI
«Recevoir ce prix est un bel encouragement parce que par moments on se demande si ça en vaut la peine. Ce moment-là me rappelle que c’est le cas. Assez souvent, on évolue dans un petit cercle voire seule. Je sentais que la solution que j’apportais pouvait aider le territoire, aider les Martiniquais à se révéler. Avec le média Richès Karayib, on met en avant, on valorise. Aujourd’hui, c’est aussi déclencher quelque chose chez ce peintre qui peint chez lui et qui pourrait demain recevoir des touristes et ainsi leur procurer une expérience exclusive. Les touristes peuvent découvrir la Martinique autrement. Tout l’écosystème a pour objectif d’aider tous ceux qui ont un talent et qui n’en sont peut-être pas conscients ou qui ne savent pas comment le valoriser. Asis FWI est un facilitateur entre ces voyageurs et ces porteurs d’expérience. »

Pri Lidé Nèf, Natacha Corolus,
« Mon projet permet de gérer le tiers payant pour les professionnels de santé. Quand on va chez un professionnel de santé quel qu’il soit, on fait souvent l’avance des frais parce que derrière les professionnels n’arrivent pas à récupérer les sommes auprès des mutuelles ou de la Sécurité sociale. Je suis l’intermédiaire entre la Sécurité sociale, les mutuelles et les professionnels de santé. Cela permet à tout le monde de se faire soigner et d’avoir une accessibilité aux soins. Aujourd’hui, les médecins préfèrent perdre des clients ou avoir des impayés parce qu’ils ne savent pas vers qui se tourner. Ils n’ont pas forcément le temps de démarcher la Sécurité sociale et les mutuelles. Mon but est de les soulager, de leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier. Ce travail est essentiel parce qu’il permet à tous d’accéder aux soins. Notamment ceux qui paient une mutuelle et se trouvent obligés d’avancer des soins. »
Pri Mitan tchè, Maria Galbert
« Je suis revenue au pays après 20 ans dans l’Hexagone. Je suis ingénieure en informatique, je développe des applications mobiles. Je suis revenue pour mettre ces compétences au service du territoire. J’ai trouvé une problématique qui nous touche au quotidien : les sargasses. Il s’agit de trouver une solution non pas pour les éliminer mais pour apprendre à vivre avec. T Wave est une plateforme qui donne en temps réel la santé des plages. Je suis partie d’un constat simple. On se rend compte une fois arrivé que la plage est impraticable à cause des sargasses ou de la houle. T Wave permet de trouver la plage qui nous convient au bon moment pour éviter cette frustration. L’application montre que toutes les plages ne sont pas touchées par les sargasses. Nos plages sont un véritable trésor. Elles rayonnent à l’international. »
Laurianne Nomel




