Présentée au Tropiques Atrium, la nouvelle performance d’Annabel Guérédrat convoque danse, musique et engagement pour interroger les identités caribéennes et les héritages contemporains. Une œuvre immersive et radicale.
Ce mercredi, la salle Aimé-Césaire du Tropiques Atrium à Fort-de-France accueillera Let’s Go Back to the River, dernière création de la chorégraphe et performeuse martiniquaise Annabel Guérédrat. Fidèle à son approche artistique, elle y déploie une performance dense de deux heures trente, mêlant danse, musique et dramaturgie dans une exploration sensible et politique du corps.
Fondatrice de la compagnie Artincidence, Annabel Guérédrat inscrit son travail à la croisée de l’art et de l’engagement. Formée en lettres et en histoire de l’Afrique contemporaine, influencée par des figures majeures de la performance internationale, elle développe depuis plus de vingt ans une recherche autour du corps des femmes noires et métisses dans les Caraïbes. Son œuvre, nourrie d’écoféminisme et de réflexions sur l’écologie radicale, convoque des figures puissantes, entre spiritualité et résistance. Dans cette nouvelle création, elle s’entoure d’une équipe pluridisciplinaire. La danseuse Chloé Timon, formée entre Nantes, le Portugal et Salzbourg, apporte une gestuelle hybride, nourrie de techniques contemporaines et de traditions comme le Bharatanatyam. À ses côtés, la DJ Mayah Level insuffle une dimension sonore ancrée dans le reggae et la culture sound system, héritée de son parcours entre diaspora et racines martiniquaises.

Pensée comme une expérience immersive, la performance associe également vidéo, scénographie collective et composition sonore originale. La présence du dramaturge Làzaro Benítez Díaz vient structurer cette traversée artistique, où les corps deviennent des espaces de mémoire et de transformation.
Coproduite par plusieurs institutions majeures, en Martinique comme dans l’Hexagone, Let’s Go Back to the River témoigne du rayonnement croissant de la création contemporaine martiniquaise. À travers cette œuvre, Annabel Guérédrat propose une plongée intense dans des récits intimes et collectifs, invitant le public à repenser les liens entre identité, territoire et histoire.




