Municipales en Martinique — Le paysage du second tour commune par commune
Vue d’ensemble
Sur les 34 communes de l’île, 20 maires ont été élus ou réélus dès le premier tour du 15 mars. Le second tour, prévu le 22 mars, doit départager les candidats dans 14 communes. À Fort-de-France, la participation s’est élevée à 37,63 %, soit une nette progression par rapport au premier tour de 2020 où elle n’était que de 25,05 %. Le taux global en Martinique a atteint 47,79 % contre 39 % en 2020.
Les fusions actées:
Fort-de-France
Nathalie Jos (10,25 %) et Francis Carole (21,96 %) ont fusionné leurs listes , constituant le principal bloc d’opposition face au maire sortant Didier Laguerre, arrivé en tête. Steeve Moreau se maintient également.
Schœlcher
Daniel Chomet (27,60 %) et Franck Sainte-Rose-Rosemond (22,85 %) ont déposé leur liste commune en milieu de journée. L’objectif est de battre Didier Marmot, arrivé en tête avec 36,16 % — une union qualifiée d’inattendue qui rebat les cartes dans cette commune stratégique
Les Anses-d’Arlet
David Dinal (23,99 %) a rejoint Eugène Larcher (44,75 %), le maire sortant. Une union dénoncée comme « contre nature » par leur adversaire Mickaël Charmet (31,26 %), qui dénonce des candidats « opposants depuis plus de 26 ans » se ralliant par intérêt personnel.
Saint-Pierre
Ludmilla Larade-Eustache (36,35 %) et Kevin Lowinski (22,05 %) fusionnent leurs listes dans l’objectif de rattraper Christian Rapha, arrivé en tête avec 41,61 %.
Gros-Morne
Audrey Thaly-Bardol (31,88 %) et Jonathan Tabar (19,94 %) ont fusionné leurs listes, avec Bardol en tête. Ils affrontent le maire sortant Gilbert Couturier.
Trois-Îlets
Nathalie Grat (41,46 %) et Serge Sainte-Rose (15,46 %) ont fusionné. Ils feront face à Arnaud René-Corail, arrivé en tête avec 43,08 %, dans un duel qui s’annonce très serré.
Les retraits:
Morne-Rouge
Hilario Henry (Nouvelle génération péléenne), pourtant qualifié avec plus de 10 %, a choisi de retirer sa liste , laissant un duel féminin inédit entre Andréa Mauzole (Nouvel élan péléen, ~43 %) et la maire sortante Jenny Dulys-Petit (~39,71 %).
Le Marigot
Patrick Bredas (16,09 %) et Mylène Héraclide (18,10 %) se retirent tous deux sans donner de consigne de vote. Le second tour se jouera en duel à 21 voix d’écart entre Toussaint Joseph Peraste (33,46 %) et Cynthia Yerro (32,35 %).
Le Robert
La liste de Claude Bellune a décidé de ne pas se présenter au second tour sans donner de consigne de vote : « Nous faisons confiance aux robertins pour se déterminer en leur âme et conscience. » Félix Mérine (48,43 %) affronte Farell François-Haugrin (25,61 %).
Le Carbet
Louis Boutrin (10,09 %) se retire sans consigne de vote , laissant une triangulaire entre Gérard Antoine Monstin (32,30 %), le maire sortant Jean-Claude Ecanvil (31,19 %) et Louis-Georges Griffit (26,42 %).
Les configurations maintenues sans fusion:
Ajoupa-Bouillon
Aucune fusion ni retrait : les trois listes se maintiennent. Thierry Joachim (36,22 %) affrontera Lucia Pharose (33,76 %) et Lydia Besubé Nino (22,22 %) dans une triangulaire très ouverte.
Sainte-Anne
La triangulaire est maintenue entre Jean-Michel Gémieux (43,38 %), Marie-Stéphanie Belon-Cabit (31,81 %) et Jérémie Ferdinand (16,51 %). Le maire sortant est en position favorable mais sans majorité assurée.
Bellefontaine
Charles Donatien annonce une quadrangulaire. Le maire sortant Félix Ismain, arrivé troisième, avait dans un premier temps déclaré ne pas pouvoir se représenter — avant de faire marche arrière après concertation avec son équipe.
Le Prêcheur
Quadrangulaire maintenue, avec le maire sortant Alain-Germain Duton en position délicate, devancé au premier tour.
Lecture politique
Le bilan de cet entre-deux-tours révèle plusieurs dynamiques de fond. La multiplication des fusions — notamment celles jugées « contre nature » comme aux Anses-d’Arlet ou à Schœlcher — traduit une logique de survie électorale qui prime sur les cohérences programmatiques.
La Martinique ne connaît pas les clivages gauche/droite/extrême droite qui structurent les négociations en métropole ; ici, les alliances se nouent surtout autour de calculs de notabilité locale et de rapports de force personnels.
Le nombre inédit de seconds tours — 14 communes contre 7 en 2020 — signale une fragmentation de l’offre politique et une contestation accrue des maires sortants. Arnaud René-Corail aux Trois-Îlets, Eugène Larcher aux Anses-d’Arlet, Jenny Dulys-Petit au Morne-Rouge, Christian Rapha à Saint-Pierre ou Gilbert Couturier au Gros-Morne se retrouvent tous dans des situations inconfortables. Gdc




