La résolution qualifiant la traite des Africains et l’esclavage de « plus grave crime contre l’humanité » a été soumise au vote de l’Assemblée générale des Nations Unies en mars 2026. La France s’est abstenue. Pour Serge Letchimy, président du Conseil Exécutif de Martinique, ce silence n’est pas une posture diplomatique neutre – c’est une faute morale.
Dans une déclaration publiée le 27 mars 2026, Serge Letchimy n’a pas ménagé ses mots face à l’abstention de la France lors du vote de la résolution onusienne qualifiant la traite des Africains et l’esclavage de crime contre l’humanité. Pour le président du Conseil Exécutif de Martinique, ce choix constitue « une désertion morale » et une « abdication historique » de la part d’un pays qui fut, par la loi Taubira de 2001, le premier à inscrire cette reconnaissance dans son droit national.
Letchimy dénonce également le vote négatif de trois nations — les États-Unis, Israël et l’Argentine — qu’il qualifie d’« érection d’un mur de cynisme contre la mémoire ». Il s’interroge sur la capacité des puissants à regarder en face les fondements de leur histoire, rappelant que « nos ancêtres n’ont pas eu le luxe de l’abstention quand les fers se refermaient sur leurs chevilles ».
Derrière la charge politique, c’est aussi une question d’identité et de souveraineté que soulève l’élu martiniquais. En abandonnant cette résolution, la France laisserait, selon lui, ses propres citoyens d’Outre-mer face à un mépris silencieux, trahissant les valeurs universelles qu’elle prétend incarner. « La mémoire n’est pas une option ou un dossier sensible, elle est notre souveraineté », conclut-il, dans un texte dont le ton tranche avec le langage feutré des chancelleries.





